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CRITIQUES DE CONCERTS 26 janvier 2020

Requiem de Verdi par l'Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Myung-Whun Chung au festival de St-Denis 2006.

Opulent Requiem

La soprano américaine Angela Brown.

Il faudrait, selon Toscanini, réunir les quatre meilleurs chanteurs du monde pour réussir le Trouvère. Cette boutade pourrait aussi bien s'appliquer à la Messa da Requiem, dont les exigences sont pour le moins implacables. L'acoustique impitoyable de la Basilique de Saint-Denis n'a en rien entamé la rare opulence du plateau vocal réuni par Myung-Whun Chung.
 

Basilique, Saint-Denis
Le 09/06/2006
Mehdi MAHDAVI
 



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  • Cr√©√© le 22 mai 1874, jour anniversaire de la mort du po√®te Manzoni, √† l'√©glise San Marco de Milan, le Requiem de Verdi d√©serta aussit√īt le lieu de culte pour la Scala, o√Ļ il connut un triomphe imm√©diat. ¬ę Op√©ra en v√™tements sacerdotaux ¬Ľ, dira le tr√®s wagn√©rien Hans von B√ľlow, dont le jugement sarcastiquement r√©ducteur ne s'en trouve pas moins √©tay√© par une √©criture vocale d'un lyrisme souverainement √©panoui. Le compositeur n'alignait-il pas, lors des premi√®res ex√©cutions, Teresa Stolz, Maria Waldmann, Giuseppe Capponi et Ormondo Maini, ceux-l√† m√™me qui venait de faire triompher Aida dans la p√©ninsule, les soumettant n√©anmoins √† une palette dynamique extr√™mement pr√©cise et exigeante ?

    Le quatuor r√©uni √† la Basilique de Saint-Denis pouvait se pr√©valoir d'un √©quilibre rare, et m√™me inesp√©r√© en ces temps de disette verdienne. V√©ritable r√©v√©lation, Angela Brown a bien le format d'une Aida, lirico spinto √† la tessiture insolemment domin√©e, contre-ut glorieux et graves parcimonieusement poitrin√©s, d'autant que la souplesse de cet instrument √† l'ampleur ma√ģtris√©e ne se d√©ment jamais. Intens√©ment nourrie de m√©tal pulpeux, la ligne est couronn√©e de pianissimi d'un rayonnement et d'une richesse harmonique d'un autre √Ęge.

    Parvenue √† sa pleine maturit√© vocale, B√©atrice Uria-Monzon d√©ploie son timbre de feu avec la m√™me somptuosit√©, bien que l'assise parfois vacille en-dessous du mezzo-forte. Sans doute la chanteuse fran√ßaise, dont l'aigu s'√©panouit souverainement, n'a-t-elle pas tout √† fait les graves d'un grand mezzo verdien, mais sa voix s'unit d'√©vidence √† celle de la soprano am√©ricaine, en un Recordare de r√™ve, plus que dans la section a cappella de l'Agnus Dei o√Ļ l'octave qui les s√©pare fluctue.

    D'une sobri√©t√© expressive inaccoutum√©e, Rolando Villaz√≥n, dont le timbre aura paru un rien terne et forc√© compar√© aux sonorit√©s capiteuses prodigu√©es par ces dames, phrase admirablement l'Ingemisco, et use d'une mezza voce envo√Ľtante dans l'Hostias. Authentique basse italienne √† la couleur naturellement noble, Robert Scandiuzzi a l'aigu parfois laborieux, le vibrato al√©atoire, et l'intonation d√©faillante, mais tonne majestueusement de son creux inflexible.

    Une direction ample et apaisée

    Compte tenu de la redoutable acoustique de la Basilique, et aussi loin que celle-ci permette d'en juger, Myung-Whun Chung offre √† ces voix d'exception un √©crin qui ne l'est pas moins. Ce qui, dans son geste, pourrait passer pour de la nonchalance, voire de la mollesse, est ici concentration extr√™me, et intime ferveur. Car sans aller jusqu'√† contenir les d√©cha√ģnements fortissimo du Dies irae, du Rex tremendae ou du Libera me, le chef cor√©en donne de ce Requiem une lecture apais√©e, √† la respiration ample, jouant d'une limpidit√© n√©cessaire √† la clart√© des fugues, malgr√© une pulsation brouill√©e dans le Sanctus.

    L'engagement constant, sinon infaillible, du Choeur et de l'Orchestre Philharmonique de Radio France, achève d'assurer l'équilibre d'un édifice incontestablement sacré, orné de voix d'une opulence toute profane.




    Basilique, Saint-Denis
    Le 09/06/2006
    Mehdi MAHDAVI

    Requiem de Verdi par l'Orchestre philharmonique de Radio France sous la direction de Myung-Whun Chung au festival de St-Denis 2006.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Messa da Requiem (1874)

    Angela Brown, soprano
    Béatrice Uria-Monzon, mezzo-soprano
    Rolando Villazón, ténor
    Roberto Scandiuzzi, basse

    Choeur et Orchestre Philharmonique de Radio France
    direction : Myung-Whun Chung

     


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