altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 17 janvier 2020

Première au Grand Théâtre de Tours de la Cenerentola de Rossini mise en scène par Elsa Rooke, sous la direction de Cyril Diedrich.

Le triomphe de la simplicité
© François Berthon

Pour être tardive, travaux de modernisation des cintres obligent, l'ouverture de la saison lyrique du Grand Théâtre de Tours n'en est pas moins réussie, grâce à une production de la Cenerentola de Rossini venue de l'Opéra de Bordeaux qui voit triompher le Dandini de Riccardo Novaro et la Cendrillon de Karine Deshayes, dignes d'une scène internationale.
 

Grand Théâtre, Tours
Le 26/01/2007
Mehdi MAHDAVI
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Biennale Quatuors 2020 (2) : Les Modernes

  • Biennale Quatuors 2020 (1) : Les Patrons

  • Musique des sphères

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • La Cenerentola mise en scène par Elsa Rooke a pour principale qualitĂ© de raconter une histoire, sans l'encombrer d'inutiles rĂ©fĂ©rences, sous prĂ©texte que le conte dont elle s'inspire est connu de tous. Le dĂ©cor se limite Ă  quelques fines structures mĂ©talliques, un miroir richement ornĂ©, et un escalier, qui pourrait avoir – s'il s'agissait d'y voir un clin d'Âśil, pur fantasme peut-ĂŞtre – la forme de la pantoufle Ă  laquelle le librettiste a substituĂ© un bracelet, mais qui, surtout, occupe les trois quarts de la scène, jusqu'Ă  l'encombrer. En dessous, comme sous un pont, vit Angelina, aux milieux des braises, qui deviendront rubis. D'au-dessus, dans cette demeure Ă  peine esquissĂ©e, qui ne montre plus que son ossature, la tyrannise son beau-père Don Magnifico, et ses deux filles.

    Et lorsqu'un rideau de soie agité d'un souffle suffit à figurer une tempête, un simple tulle peut suggérer le palais d'un prince, peuplé de valets irréels, aux perruques spaghetti. Économe, la comédie n'en est pas moins enlevée, légère, souriante, rehaussé par les costumes aux coupes extrêmement nettes, élégantes, et aux couleurs signifiantes, et toujours de bon goût de Bruno Fatalot. Décidément, cette mise en scène est un modèle de simplicité, d'efficacité, que la lune, un arc-en-ciel enfin, éclairent d'un onirique supplément d'âme et de poésie.

    Et l'on se rend d'autant moins compte que la direction de Cyril Diedrich, à la tête d'un Orchestre Symphonique Région Centre-Tours qui compte un peu ses doubles-croches, a tendance à niveler le fameux crescendo rossinien et refuser l'attendrissement, pour réussir soudain une tempête gluckiste en diable, que la distribution se pare de deux perles fines.

    Bien sûr, les soeurs de Mary Saint Palais et Nicole Boucher sont d'une raideur bien peu idiomatiques. Et comme toujours, Nicolas Cavallier ternit ses dons d'acteur – superbe Alidoro, mi-ange, mi-esprit de la forêt, page blanche et mémoire vivante –, et plus encore un timbre naturellement distingué par une émission tubée, qui le prive de couleurs et de souplesse, l'obligeant à courir après la mesure dans les agilités.

    Sans rien de singulier dans le timbre, François Harismendy s'affirme peu à peu comme un Don Magnifico dans la meilleure tradition, prenant le temps de chanter vraiment, en évitant toutes bouffonneries excessives. Ténorino sans grâce ni charme, et souvent gauche, Bradley Williams assure et assume sans faillir la partie redoutablement aiguë et virtuose de Don Ramiro, ce qui n'est pas un moindre mérite.

    Mais le Dandini de Riccardo Novaro est absolument parfait, baryton assuré et séduisant sur toute la tessiture, aussi virevoltant dans le chant orné que dans le sillabato, et surtout d'une verve physique, théâtrale irrésistible.

    Enfin, Karine Deshayes n'est autre que l'une des meilleures interprètes actuelles du rôle-titre. Voix longue et égale, timbre de velours, elle ne fait qu'une bouchée de la colorature serrée, périlleuse du rondò final, paré du charme de la simplicité. Et si le personnage paraît inhabituellement véhément, c'est que l'aigu glorieusement projeté de cet instrument en réjouissante santé est sans doute un rien surdimensionné pour une salle aussi délicieusement intime que le Grand Théâtre de Tours.




    Grand Théâtre, Tours
    Le 26/01/2007
    Mehdi MAHDAVI

    Première au Grand Théâtre de Tours de la Cenerentola de Rossini mise en scène par Elsa Rooke, sous la direction de Cyril Diedrich.
    Gioachinno Rossini (1792-1868)
    La Cenerentola, ossia la BontĂ  in trionfo, dramma giocoso en deux actes (1817)
    Livret de Jacopo Ferretti

    Choeur de l'Opéra de Tours
    Orchestre Symphonique RĂ©gion Centre-Tours
    direction : Cyril Diedrich
    mise en scène : Elsa Rooke
    décors : Lili Kendaka
    costumes : Bruno Fatalot
    Ă©clairages : Laurent Castaingt
    Production Opéra de Bordeaux

    Avec :
    Karine Deshayes (Angelina), Mary Saint Palais (Clorinda), Nicole Boucher (Tisbe), François Harismendy (Don Magnifico), Bradley Williams (Don Ramiro), Riccardo Novaro (Dandini), Nicolas Cavallier (Alidoro).

     



      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com