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CRITIQUES DE CONCERTS 20 mai 2019

Nouvelle production de Rusalka de Dvořák mise en scène par Jossi Wieler et Sergio Morabito et sous la direction de Franz Welser-Möst au festival de Salzbourg 2008.

Salzbourg 2008 (4) :
Petite sirène en maison close

© A. T. Schaefer

Birgit Remmert (la Sorcière) et Camilla Nylund (Rusalka).

Au sein d’un festival de Salzbourg 2008 partagé entre modernité et tradition, entre un Don Giovanni décapant et de sages Otello et Flûte enchantée, la nouvelle production de Rusalka offre un peu d’eau claire au moulin du chef-d’œuvre de Dvořák. Malmenée par la direction en brasse coulée de Welser-Möst, une très belle distribution sauve la mise.
 

Haus für Mozart, Salzburg
Le 20/08/2008
Yannick MILLON
 



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  • Une sorcière Deschiens en Mère Maquerelle boîteuse à déambulateur, tâteuse de jeunes braguettes, ailurophile et calcéophile, dont le matou noir à taille humaine opérera au moment de la formule magique la métamorphose de la sirène en femme ; un intérieur de maison close rétro-design tout confort, où les nymphes-nymphos se frottent à leurs canapés de travail et à leur Ondin de père avec toute la lascivité requise ; un Marmiton vidant avec un zèle anatomique les boyaux d’une biche éventrée ; une Rusalka faisant vœu de mutisme sur la Bible, se poignardant dès le milieu du III pour réapparaître à la scène finale comme un spectre ; bref, un festival de détournements auxquels nous convient les habitués du dynamitage que sont Jossi Wieler et Sergio Morabito.

    Toujours habile, conservant nombre d’éléments du merveilleux faisant hiatus avec la scénographie, leur mise en scène n’entrera sans doute pas dans le palmarès de celles qui auront changé la vie d’un spectateur ou sa vision d’une œuvre, mais au moins traite-t-elle le conte de la Petite sirène avec une désinvolture et une volonté comico-ironique auxquelles on peut très bien succomber. Par la vivacité des trouvailles, par le crescendo dramatique de la scène finale, où le hiératisme soudain de l’Ondine confère un sens tragique certain, le spectacle, sans doute censé choquer la vieille garde salzbourgeoise qui en a vu d’autres, se regarde avec attention.

    © A. T. Schaefer

    Centre d’intérêt majeur de la production au niveau musical, la présence en fosse du Cleveland Orchestra au lieu des habituels Wiener Philharmoniker, qui distille son impeccable ciselé des timbres avec un brillant net à l’opposé des moires aquatiques des Viennois. Un instrument d’orfèvrerie dont les bois détaillent et caractérisent admirablement les motifs.

    Seulement, Franz Welser-Möst dirige aussi fruste qu’à l’accoutumée, sans magie lacustre ou surnaturelle, droit, pressé, métronomique – à l’image de la Symphonie du nouveau monde d’une vacuité effrayante donnée la veille dans la salle à côté –, et fait tonner démesurément son orchestre dans la petitesse de la Haus für Mozart, couvrant les voix dans tous les moments-clé du drame.

    Pas forcément très idiomatique – mais quel répertoire national est encore servi de manière adéquate quant au texte dans le grand circuit ? –, la distribution s’avère de belle qualité. Au premier chef, le Prince divinement chantant de Piotr Beczala, dont l’évolution vers les emplois lyriques ne souffre pour l’heure aucune réserve. Fort d’un timbre idéalement équilibré, d’un aigu rayonnant à la Wunderlich, le Polonais domine aisément un plateau où s’illustre aussi le rôle-titre.

    © A. T. Schaefer

    Musicienne, attentive aux nuances, à un certain pathos, Camilla Nylund évoque constamment une Mattila jeune, dont elle retrouve la couleur cendrée du médium, l’attaque des sons ne vibrant pas d’emblée, la fébrilité des aigus, présents et puissants mais rarement ronds. Une incarnation de musique plus que de technique, mais une Rusalka au feu intérieur crédible, et, mieux, souhaitable.

    Si la couleur parfois décharnée de l’Ondin d’Alan Held ne le prive pas d’une présence qui est bien d’un père autoritaire, la Sorcière de Birgit Remmert, loin des grands mezzos tchèques d’antan, offre un beau grave vénéneux, de mégère bourgeoise premier choix, mais aussi d’affreux aigus éclatés premier prix.

    Nettement plus à l’aise que dans les premiers rôles straussiens ou de sopranos blonds, Emily Magee a tous les attributs vocaux d’une Princesse étrangère, même si l’on en a connu au singing-formant plus développé. Nymphes grêlement charmeuses et excellents Marmiton et Garde-forestier complètent un plateau rehaussant une partie musicale gâtée par une baguette en bain à remous : qui trop en brasse mal étreint !




    Haus für Mozart, Salzburg
    Le 20/08/2008
    Yannick MILLON

    Nouvelle production de Rusalka de Dvořák mise en scène par Jossi Wieler et Sergio Morabito et sous la direction de Franz Welser-Möst au festival de Salzbourg 2008.
    Antonín Dvořák (1841-1904)
    Rusalka, conte lyrique en trois actes (1901)
    Livret de Jaroslav Kvapil

    Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor
    The Cleveland Orchestra
    direction : Franz Welser-Möst
    mise en scène : Jossi Wieler & Sergio Morabito
    décors : Barbara Ehnes
    costumes : Anja Rabes
    éclairages : Olaaf Frese
    vidéo : Chris Kondek
    préparation des chœurs : Jörn H. Andresen

    Avec :
    Piotr Beczala (le Prince), Emily Magee (la Princesse étrangère), Camilla Nylund (Rusalka), Alan Held (l’Ondin), Birgit Remmert (Ježibaba), Adam Plachetka (le Garde-forestier), Eva Liebau (le Marmiton), Daniel Schmutzhard (un chasseur), Anna Prohaska (Première nymphe), Stephanie Atanasov (Deuième nymphe), Hannah Esther Minutillo (Troisième nymphe), Altea Garrido (Mourku).

     



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