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L'ACTUALITE DE LA DANSE 18 octobre 2021

Warning Hazardous Area, du Ballet Atlantique Régine Chopinot, au Théâtre de la Ville, Paris.

Chopinot à la dérive
© JM Bruyère

Warning Hazardous Area (W.H.A.)

L'une de nos chorégraphes les plus imaginatives et les plus originales, Régine Chopinot, part totalement à la dérive, avec une performance aussi ringarde que stupide, Warning Hazardous Area (W.H.A.), qui accumule tous les poncifs des mauvais spectacles de danse pseudo modernes. On lui accordera une autre chance.
 

Théâtre de la Ville, Paris
Le 11/02/2004
Gérard MANNONI
 



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  • La question que l'on se pose en voyant W.H.A. (Warning Harzadous Area, « Attention Zone Dangereuse ! Â») est comment une créatrice qui nous donna des pièces aussi fortes et aussi authentiquement révolutionnaires il n'y a pas si longtemps, peut sincèrement croire à l'intérêt de ce qu'elle montre ici ? Qui peut investir son attention, ne serait-ce que cinquante minutes, sur l'activité de trois silhouettes faisant joujoux avec les accessoires, meubles et objets divers allant de grands cerfs empaillés à un extincteur, en passant par des seaux d'eau suspendus à des cordes et à des piles de tables – dispositif scénique au demeurant plutôt beau avant qu'il ne soit saccagé – sous une lumière aveuglante diffusée vers la salle du fond de la scène ?

    C'est du cent fois déjà vu, cette provocation de potache apte à séduire les adolescents en mal de puberté et qui croient découvrir l'art nouveau. John Bateman, l'homme du trio, montre ses fesses et le reste, comme il se doit dans toute pièce contemporaine. Et bien sûr, Chopinot et Virginie Garcia pataugent dans l'eau comme Pina Bausch le faisait faire il y a quinze ans. Et l'on s'enfile naturellement les chaussettes – signées Gaultier – sur la tête. On n'en finirait pas d'énoncer les idées faussement nouvelles.

    A côté de ces mignardises niaises, on mesure le génie des délires d'une Robyn Orlin et de quelques autres, mais décidément, comment Chopinot peut-elle être aujourd'hui aussi refermée sur elle-même pour ne pas voir que si une telle proposition de spectacle aurait peut-être eu un impact il y a vingt ans, même les moins inspirés de ses collègues ont des propositions d'une autre trempe à faire aujourd'hui ?

    Comme chaque naufrage a un côté un peu comique, notons que, alors qu'un nombre non négligeable de spectateurs s'en va en cours de représentation, beaucoup de ceux qui sont restés et qui n'ont sans doute pas vu que le spectacle ne durait que cinquante minutes, semblent croire à un entracte et restent à leur place lorsque la corne de brume sonne la fin du désastre et que les trois protagonistes, sans saluer, se mettent à faire semblant de ranger le désordre qu'ils ont mis sur scène.

    Résumons : tout cela n'est absolument pas digne de Chopinot. Et ce n'est pas en s'abritant derrière des références à l'Idiotie en art qu'on peut faire idiot, platement, ni en se cachant derrière le rideau de fumée de textes du style : « le choix s'est imposé d'aller à la recherche d'un mouvement irradiant de liberté sous l'incompréhensible empilement de contraintes paradoxales Â» qu'on peut aujourd'hui donner le change.

    La liberté, y compris celle du danseur et du mouvement, on n'a pas attendu W.H.A. pour en entendre parler, et de manière autrement convaincante ! Tout créateur a le droit à l'erreur et on ne peut que souhaiter que cette artiste brillante, spirituelle, imaginative, qui fut à la pointe de vraies révolutions dans l'art chorégraphique, comprenne qu'on lui pardonnera une fois de tels faux pas
    mais pas éternellement.

    Au temps où les compagnies vivaient de leurs recettes, c'eût été un arrêt de mort. Fort heureusement, ce n'est plus le cas aujourd'hui et les aides publiques permettent aux créateurs d'avoir de multiples chances. Alors, Régine, un peu moins de nombrilisme, un peu d'autocritique, et tout ira bien !




    Théâtre de la Ville, Paris
    Le 11/02/2004
    Gérard MANNONI

    Warning Hazardous Area, du Ballet Atlantique Régine Chopinot, au Théâtre de la Ville, Paris.
    W.H.A.
    Ballet Atlantique Régine Chopinot

    conception et réalisation : Régine Chopinot
    scénographie : Jean-Michel Bruyère
    éléments de costumes : Jean-Paul Gaultier
    éclairages : Maryse Gaultier
    Musique mixée en direct par U-ZUL
    Avec : Régine Chopinot, John Bateman et Virginie Garcia.

     


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