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L'ACTUALITE DE LA DANSE 18 octobre 2021

Stepping Stones, Il faut qu'une porte
et Doux mensonges, de Jiri Kylian à l'Opéra Garnier, Paris.


Kylian au sommet

Pour la deuxième fois, Jiri Kylian donne une création mondiale, Il faut qu'une porte
, √† l'Op√©ra de Paris. Un bonheur rare, mais total, agr√©ment√© des reprises de Stepping Stones et Doux mensonges du ¬ę chor√©graphe qui ne se met jamais en col√®re ¬Ľ, pour une soir√©e litt√©ralement grisante.

 

Palais Garnier, Paris
Le 17/02/2004
Gérard MANNONI
 



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  • On attendait depuis presque cinq ans une nouvelle cr√©ation de Kylian pour le Ballet de l'Op√©ra. Doux mensonges, √©galement au programme de cette soir√©e, avait √©t√© cr√©√© ici m√™me en mai 1999, dix ans tout juste apr√®s l'entr√©e au r√©pertoire de Sinfonietta et de Tantz-Schul. Et puis, en 2001, on avait aussi acquis Stepping Stones, repris aujourd'hui, et Bella Figura. Ador√© des danseurs, figure majeure et incontest√©e de la cr√©ation contemporaine, le chor√©graphe qui ne se met jamais en col√®re n'encombre pas l'affiche de l'Op√©ra. Dommage, mais on en go√Ľte sans doute encore mieux ces rares incursions.

    Ainsi le très subtil Il faut qu'une porte
    que viennent de créer Aurélie Dupont et Manuel Legris prend la saveur de quelque fruit rare et savoureux, comme la pomme que le couple finit par croquer après bien des atermoiements. Directement inspirée du célèbre tableau de Fragonard Le verrou dont elle reproduit fidèlement costumes et décors, cette pièce d'une vingtaine de minutes est un régal d'intelligence, d'invention et de belle danse.

    Kylian a totalement compris l'esprit de ce marivaudage en peinture, aussi d√©licat et cru que les moeurs du XVIIIe si√®cle. Il l'a traduit par une chor√©graphie o√Ļ les corps glissent plus qu'il ne courent ou sautent, o√Ļ les √©treintes sont aussi sensuelles que fugaces, o√Ļ l'humour n'est jamais loin sans pourtant s'afficher ouvertement, o√Ļ les h√©sitations, les bouderies, les provocations des deux amants qui ach√®vent une nuit certainement agit√©e, trouveront leur symbolique conclusion dans un gaillard croquage de pomme.

    Sur la musique du Pr√©lude en r√© mineur de Louis Couperin d√Ľment remodel√© par Dirk Haubrich, Aur√©lie Dupont et Manuel Legris sont magnifiques de sensibilit√©s, d'esprit, d'√©l√©gance spontan√©e et de charme. Il n'y a pas une once de vulgarit√© dans tout cela. Nous sommes bien en plein Si√®cle des Lumi√®res, o√Ļ l'on embarquait pour Cyth√®re et pas pour des vols de tourisme sexuel. En outre, avec la danse la plus parfaite, ils ont tous deux le physique id√©al de l'√©poque.

    Excellentes distribution aussi pour les reprises de Stepping Stones et de Doux mensonges. Ballet étrange d'une grande rigueur formelle et d'un forte densité spirituelle, Stepping Stones était dansé par les étoiles Aurélie Dupont et Agnès Letestu et une forte délégation de premiers danseurs auxquels était joint l'excellent sujet Christophe Duquenne. Une occasion de rappeler le niveau remarquable de la compagnie, capable d'aligner pareille équipe de solistes.

    Plus po√©tique, avec ces images film√©es dans les dessous du plateau, ces arriv√©es des danseurs et des chanteurs par des trappes, Doux mensonges para√ģt toujours aussi original, attachant, rigoureux dans sa forme et sa structure. Avec la splendide Delphine Moussin, Manuel Legris et Nicolas Le Riche, Eleonora Abbagnato s'y est montr√©e sous un jour beaucoup plus positif que lors de ses derni√®res apparitions. D'autres distributions doivent venir prendre la rel√®ve de celles de cette premi√®re soir√©e √† l'issue de laquelle Jiri Kylian fut √©lev√© au rang de Chevalier de la L√©gion d'Honneur par Hugues Gall.




    Palais Garnier, Paris
    Le 17/02/2004
    Gérard MANNONI

    Stepping Stones, Il faut qu'une porte et Doux mensonges, de Jiri Kylian à l'Opéra Garnier, Paris.
    Jiri Kylian
    Stepping Stones
    musique : John Cage, Anton Webern
    scénographie et éclairages : Michael Simon
    costumes Joke Visser.

    Il faut qu'une porte

    Création mondiale
    musique Dirk Haubrich d'après Louis Couperin
    costumes Juke Visser
    éclairages : Kees Tjebbes

    Doux mensonges
    musiques : Chant grégorien, Gesulado, Monteverdi (les Arts Florissants)
    scénographie et éclairages : Michael Simon
    costumes : Juke Visser
    images en direct : services vidéo de l'Opéra de Paris.

    Chorégraphies de Jiri Kylian
    Ballet de l¬ĎOp√©ra national de Paris

     


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