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L'ACTUALITE DE LA DANSE 03 juin 2020

Afrique en créations, au Théâtre National de Chaillot.

Un bain de créations

Um solo para cinco, Augusto Cuvilas

Trois chorégraphes, primés en 2003, présentent un panorama de la création chorégraphique africaine qui étonne dans cet échantillon par sa diversité et sa maturité, loin des clichés répandus sur la danse africaine. Un véritable bain de créations.
 

Théâtre National, Chaillot
Le 09/04/2004
Vincent LE BARON
 



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  • Pour la deuxième fois, le Théâtre National de Chaillot accueille les trois lauréats des Rencontres Chorégraphiques de l'Afrique et de l'Océan Indien. Cette cinquième édition d'un événement soutenu par l'Association Française d'Action Artistique (AFAA) a vu récompensés trois chorégraphes au propos bien différent mais tous partagés entre leurs atavismes éminemment africains et l'influence de la danse contemporaine étrangère.

    Ori

    Ori, la première pièce et le Premier Prix de ces Rencontres, paraît à plusieurs titres la plus prévisible de la soirée. La chorégraphie du sénégalais Adedayo Muslim Liadi tire parti du physique des cinq danseurs de cette compagnie nigérienne. Les corps musculeux, secs ou au contraire harmonieusement généreux trouvent chacun une gestuelle appropriée. Certains ensembles s'avèrent très béjartiens tandis que d'autres passages rappellent le travail du chorégraphe avec Claude Brumachon. Ces citations laissent aussi place à une filiation africaine éclatante, notamment par ces transes véritablement hypnotiques ou des séances de possessions qui plongent au coeur de l'africanité. Les lumières et notamment celles de feux de campement participent également à l'efficacité de cette pièce.

    Tichelbé

    Kettly Noël, qui reçoit le Troisième Prix et le Prix RFI-Danse, déstabilise, surprend et finalement enthousiasme avec son duo Tichelbé dansé avec Mamadou Diabadé. Les racines et l'imaginaire africains semblent à première vue plus lointains. L'utilisation très éparse d'instruments de musique classique et électrique ne facilite pas l'adhésion. Néanmoins, cette haïtienne qui réside au Mali parvient à retenir l'attention par sa danse dégingandée et son expression très dramatique. Son visage, non sans ressemblance avec celui de Tracy Chapman, concentre les regards et l'empathie fonctionne à merveille, plus qu'avec son partenaire à la prestation exclusivement physique.

    Um solo para cinco

    Dernière pièce au programme, Um solo para cinco, faisait parler d'elle avant la soirée car la présence de femme nues sur scène aurait embarrassé certaines nations africaines et la tournée de cette pièce plus facile à l'étranger revêt ainsi un intérêt symbolique. L'oeuvre marque moins par la chorégraphie que pour les images et messages qu'elle véhicule sur la femme en Afrique. Dans un décor parsemé de feuilles, cinq femmes apparaissent, nymphettes presque occidentalisées et se dévoilent progressivement. La façon de porter l'eau sur leur tête, le rapport à la terre, des corps assez rustauds, tout concourt à évoquer l'Afrique ancestrale. Par des éclairages incroyables, la vaste scène Jean Villar est adroitement utilisée et le tableau final constitue à lui-seul une création inoubliable. Les cinq femmes se baignent tour à tour des tubes de zinc et à leur sortie, leurs corps couverts d'une boue argileuse se présentent au public tels des amphores primitives.

    Le public qui s'attendrait à une soirée de danses africaines dites « ethniques Â» peut sortir désabusé mais on demeure enthousiasmé par cette veine créatrice et intéressé par ces échanges entre ces pays et leurs artistes. Impossible de résumer l'Afrique en trois créations mais cette initiative de l'AFAA de promouvoir en France l'art chorégraphique de tout un continent appelle une réédition.




    Théâtre National, Chaillot
    Le 09/04/2004
    Vincent LE BARON

    Afrique en créations, au Théâtre National de Chaillot.
    Afrique en créations
    Adedayo Muslim Liadi / Compagnie ljodee (Nigeria)
    Kettly Noël / La Compagnie (Mali)
    Augusto Cuvilas / Projeto Cuvilas (Mozambique)

     


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