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L'ACTUALITE DE LA DANSE 04 juin 2020

Les Epous√©s, de Kader Berlarbi, √† l'Amphith√©√Ętre de l'Op√©ra Bastille, Paris.

Belarbi et le piège des mots
© Icare

Nicolas Le Riche

Danseur étoile de l'Opéra de Paris, chorégraphe depuis une vingtaine d'années, Kader Belarbi est aussi passionné de peinture. Avec Les Epousés, qui illustre la relation entre le peintre Vincent Van Gogh et son frère Théo, il marie ses passions.
 

Amphith√©√Ętre de l'Op√©ra Bastille, Paris
Le 17/06/2004
Gérard MANNONI
 



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  • Il √©tait in√©vitable que Kader Belarbi soit un jour tent√© par un th√®me de ce type. Superbe danseur et chor√©graphe original et inventif, curieux de tous les styles, il aime aussi peindre √† ses heures de loisirs, m√™me si une √©toile en a peu. Son rapport √† la peinture est d'ailleurs plus qu'un passe-temps, une vraie passion, et l'objet d'une profonde r√©flexion.

    Rencontre fatale donc, avec Van Gogh, et avec son fr√®re Th√©o, et incontournable n√©cessit√© de mettre en danse ce que sa sensibilit√© lui raconte sur cette belle liaison fraternelle qu'une c√©l√®bre correspondance nous a fait conna√ģtre. Les mots et l'image sont √† l'origine de ce spectacle, et non la musique, comme c'est le cas dans une certaine tradition de la cr√©ation chor√©graphique. Ici, comme souvent aujourd'hui, les √©l√©ments marchent ensemble dans une m√™me d√©marche cr√©atrice : musique, texte, chor√©graphie, lumi√®res, sc√©nographie, avanc√©e collective o√Ļ sont √©galement inclus les interpr√®tes. C'est ambitieux √† tous √©gards, par le propos et par les forces mises en oeuvre, m√™me avec seulement trois personnes sur sc√®ne.

    Et c'est l√† que l'on s'interroge sur la conception m√™me de cette ¬ę pi√®ce chor√©graphique ¬Ľ. Disons d'abord qu'elle comporte plusieurs passages absolument magnifiques et d'une indiscutable force √©motionnelle, expressive, th√©√Ętrale. Ce sont ceux, en g√©n√©ral, o√Ļ les danseurs sont seuls en action. Kader Belarbi a trouv√© un langage des corps parfaitement apte √† traduire ce type de lien, √† la fois charnel et affectif entre deux fr√®res, sans la moindre √©quivoque, dans une puret√© et une profondeur qui touchent et qui correspondant vraiment √† ce que l'on peut imaginer √† travers les textes dont nous disposons. C'est beau, personnel, intelligent et dans√© de mani√®re sup√©rieure par Nicolas Le Riche et Wilfried Romoli. On songe bien s√Ľr √† Bacon, mais aussi √† tant de groupes sculpt√©s, √† Michel-Ange, √† Rodin et √† Bourdelle.

    © Icare

    Mais reste le probl√®me de la com√©dienne Nora Krief et du texte. Pour le spectateur, le texte fait appel √† un type d'attention et de sensibilit√© beaucoup plus c√©r√©brales que la danse, la musique ou la peinture. Ces trois derni√®res touchent directement nos sens et l'analyse ne peut venir qu'apr√®s. Le texte passe forc√©ment par les r√©flexes c√©r√©braux acquis de la compr√©hension et de l'analyse, m√™me s'il est volontairement incompr√©hensible comme c'est le cas ici dans certains passages. Et s'il est projet√© avec trop de force, voire de personnalit√© comme c'est √©galement le cas avec Nora Krief, il mange la chor√©graphie, accapare l'attention et s'approprie un espace qui nuit √† la danse. Tr√®s forte nature dramatique, Nora Krief semble avoir quelque peu √©chapp√© au contr√īle de Kader Belarbi, ou tout au moins avoir, m√™me inconsciemment, gagn√© trop de pr√©sence, trop de terrain.

    Dans une pi√®ce chor√©graphique, l'int√©r√™t premier doit rester la danse, m√™me si s'accomplit une parfaite osmose avec tout ce qui l'entoure, la compl√®te, la soutient. Quand Nora Krief est en sc√®ne, sa voix, sa gestuelle, ses mots absorbent l'attention plus qu'ils ne s'int√®grent au jeu d'ensemble. Etait-ce √©vitable ? Peut-√™tre, mais il est bien peu d'exemples pass√©s ou pr√©sents o√Ļ les √©pousailles d'un texte trop pr√©sent et de la danse ne causent pas quelques dommages au propos chor√©graphique lui-m√™me. En revanche, on ne peut qu'admirer le travail musical de Sergio Tomassi, les lumi√®res de Philippe Duvauchelle et les √©l√©ments sc√©nographiques de Val√©rie Berman, tous id√©alement int√©gr√©s au propos. Le public, fort nombreux, r√©serve un accueil proche du triomphe au spectacle. C'est important et doit √™tre dit.




    Amphith√©√Ętre de l'Op√©ra Bastille, Paris
    Le 17/06/2004
    Gérard MANNONI

    Les Epous√©s, de Kader Berlarbi, √† l'Amphith√©√Ętre de l'Op√©ra Bastille, Paris.
    Les Epousés
    Pièce chorégraphique de Kader Belarbi
    Livret de Kader Belarbi et Dominique Lautré
    Musique originale et arrangements : Sergio Tomassi
    Scénographie et costumes : Valérie Berman
    Eclairages : Philippe Duvauchelle
    Avec : Nora Krtief, Nicolas le Riche, Wilfried Romoli.

     


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