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L'ACTUALITE DE LA DANSE 01 juin 2020

« N », d'Angelin Preljocaj, au Théâtre national de Chaillot, Paris.

Violence et esthétisme
© Laurent Philippe

Il existe mille manières de traduire la violence en images. La photo s'y emploie quotidiennement dans le travail des reporters qui oeuvrent partout dans le monde. Le cinéma s'y complait dans une escalade devenu suspecte à force de complaisance et de flots d'hémoglobine. Le théâtre est souvent plus sobre. La danse, qui travaille en direct sur l'énergie et le corps, est un langage particulièrement apte à traduire les tourments du corps comme ceux de l'âme.
 

Théâtre national de Chaillot, Paris
Le 15/09/2004
Gérard MANNONI
 



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  • Lorsqu'il créa Humains dites-vous, Claude Brumachon avait choisi le contexte historique réaliste et cruel des guerres de religion pour nous rappeler que l'engrenage de la torture et de la mort est sans fin. Son style très physique, des costumes historiques, avaient parfaitement atteint leur but. Les danseurs japonais de Buto qui veulent perpétuer l'horreur atomique d'Hiroshima, ont créé un univers qui leur est propre, corps décharnés couverts de plâtre et de poussière, gestuelle de fantômes ou de morts-vivants. Angelin Preljocaj s'engage à son tour dans ce combat en optant pour une solution intermédiaire, aussi esthétisante que le Buto, aussi forte dans sa gestuelle que le travail de Brumachon.

    A partir de deux groupes agglutinés de corps nus à peine distincts dans la pénombre et d'où se détachent deux agresseurs, mi insectes mi humains, il va construire une suite de figures où la souffrance qu'engendre la haine va tordre les corps et les visages, pousser les corps à s'agresser, mais en gardant une distance respectueuse avec tout réalisme au premier degré. On est plus près de l'extraordinaire désespoir musculaire des esclaves de Michel Ange cherchant à s'arracher à la pierre comme à l'esclavage, que du réalisme cinématographique à la mode.

    © Laurent Philippe

    Une bande son très travaillée dans un crescendo infini qui parvient à la limite de ce que l'oreille peut supporter, des effets stroboscopiques savamment gradués eux aussi jusqu'au tout juste supportable, quelques projections remarquablement allusives complètent très efficacement cette marche infernale d'une humanité souffrante, dont la plastique est plus proche de la statuaire antique ou renaissance que de la peinture de Jérôme Bosch.

    Créée au Festival de Montpellier cette pièce est forte, impressionnante de rigueur dans sa construction comme dans sa réalisation, peut-être un peu trop répétitive et sans doute difficile à percevoir dans tous ses détails au-delà, disons, d'un dixième rang de fauteuils d'orchestre. Ce ne sont que petites réserves face à un travail ambitieux, original, et réalisé avec un professionnalisme devenu bien rare ces temps derniers dans le monde contemporain.




    Théâtre national de Chaillot jusqu'au 26 septembre.




    Théâtre national de Chaillot, Paris
    Le 15/09/2004
    Gérard MANNONI

    « N », d'Angelin Preljocaj, au Théâtre national de Chaillot, Paris.
    « N », chorégraphie d'Angelin Preljocaj

    concept et mise en scène : Angelin Preljocaj, Kurt Hentschläger, Ulf Langheinrich
    musique, création sonore : Ulf Langheinrich
    images, lumières, scénographie : Kurt Hentschläger
    costumes : Angelin Prelojocaj, assisté de Martine Hafer

    Avec :
    Isabelle Arnaud, Hervé Chaussard, Sébastien Durand, Yan Giraldou, Natacha Grimaud, Anna Hagermark, Harajd Kryptinar, Céline Marié, Thomas Michaux, Lorena O'Neill, Toshiko Oiwa, Guillaume Siard.

     



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