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L'ACTUALITE DE LA DANSE 05 juin 2020

Bel – Lander – Robbins, au Palais Garnier, Paris.

Approches de la modernité
© Icare

Véronique Doisneau

Trois approches bien différentes du danseur actuel dans ce premier programme de la saison de danse à l'Opéra de Paris. De la charmante bluette de Jérôme Bel au fascinant Glass Pieces de Robbins en passant par les étourdissantes Etudes de Lander, c'est la danse dans tous ses états qui nous est proposée.
 

Palais Garnier, Paris
Le 22/09/2004
Gérard MANNONI
 



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  • Doit-on parler, comme une partie du public de la première, de déception ou de leurre au sujet de la création très attendue de Jérôme Bel Véronique Doisneau ? C'est nettement trop d'indignité pour une pièce assez charmante, un peu ennuyeuse, dont à l'évidence on pourrait se passer, mais qui a pour avantage de donner un coup de projecteur sur une très belle artiste du corps de ballet et par la même sur ses semblables.

    Tous ceux qui suivent la vie de la compagnie connaissent la jolie Véronique, aujourd'hui à la veille de la retraite. Elle est le type même de ces ballerines qui font la force du ballet de l'Opéra : talent, physique, professionnalisme, elles ont tout, sauf, comme le dit sans doute Véronique elle-même, un rien de résistance en plus, un rien de personnalité en plus, qui permettent d'accéder au rang si envié d'étoile. Mais sans elles, la compagnie ne serait rien. Elles en sont les piliers et c'est par elles que passe ensuite la transmission du répertoire. Merci donc de leur rendre hommage.

    © Icare

    Mais où intervient, dans ce que nous avons vu, la personnalité de Jérôme Bel, annoncée en quinze pages de textes dans le programme, comme si aventureuse et si représentative des dernières tendances de la non-danse, même s'il s'en défend ? Ce qu'il a réalisé ressemble à une gentillette mise en espace d'un monologue fort bien dit par l'interprète qui raconte un peu sa vie et son art, et danse en tenue de travail et en fredonnant la musique, une variation de la Bayadère de Noureev, un petit bout du deuxième acte de Giselle, une Variation de Cunningham, un amusant extrait statique de la partie « corps de ballet Â» du pas de deux du deuxième acte du Lac des cygnes, avec aussi un très bref solo de la Giselle de Mats Ek par Céline Talon.

    Malgré l'écueil de la langue française qui échappe naturellement à une large partie du public touristique de Garnier, c'est plutôt divertissant, mais on cherche en vain les assez prétentieuses références intellectuelles genre Barthe dont il est question dans le propos écrit du chorégraphe, et on se dit que Véronique était bien assez intelligente pour bâtir cette demi-heure toute seule sans qu'on ait recours à un pape de la pensée chorégraphique la plus actuelle.

    Trois étoiles au service des Etudes de Lander

    Josette Amiel a une nouvelle fois réglé de façon impeccable Etudes de Lander, créées en 1952, cette grande démonstration classique où les danseurs maison font toujours merveille. Trois étoiles étaient en lice. Agnès Letestu se joue avec insolence des effroyables difficultés de sa partie de soliste. Tout paraît aller de soi avec elle, tant elle effectue les pas les plus complexes avec un élégant détachement et une facilité provocante. Superbe ! Tout comme ce qu'exécute José Martinez, représentant magistral de l'école française ici la plus rigoureuse et la plus raffinée. Nicolas le Riche séduit par son éclat scénique et son abattage, même si la démonstration technique pure et dure ici nécessaire ne met pas forcément en valeur ses meilleures qualités.

    Glass Pieces de Robbins, créé en 1983, demeure un des joyaux du répertoire, d'une étonnante modernité, d'une approche de la danse infiniment plus moderne et actuelle que la création de Jérôme Bel. La compagnie y est toujours aussi précise, rigoureuse, tonique, avec pour interprète du pas de deux Marie-Agnès Gillot et Kader Bélarbi, avec une grande exactitude stylistique.

    Pour cette soirée d'ouverture qualifiée de gala, nous avons droit à deux cerises sur le gâteau. La soirée commence par le Grand Défilé du corps de Ballet, où ne manquent que l'étoile Clairemarie Osta et quelques premiers danseurs sans doute hors d'usage momentanément. Et puis un vrai moment de bonheur absolu, avec la Sonatine de Balanchine, dansée par Aurélie Dupont et Manuel Legris. Si Mistinguett chantait « Ã‡a, c'est Paris ! Â», on dirait volontiers ici : « Ã‡a, c'est de la danse ! Â».



    Palais Garnier jusqu'au 9 octobre




    Palais Garnier, Paris
    Le 22/09/2004
    Gérard MANNONI

    Bel – Lander – Robbins, au Palais Garnier, Paris.
    Bel – Lander – Robbins

    Etoiles et danseurs du Ballet de l'Opéra national de Paris

    Orchestre Colonne
    direction : Paul Connelly

     


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