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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Publique, de Mathilde Monnier au Théâtre de la Ville, Paris.

Contrepoint et demi-teintes
© Jean-Pierre Maurin

Dernière création de la directrice du centre Chorégraphique national de Montpellier Mathilde Monnier, Publique a été reçu de manière houleuse par une partie du public. Une pièce difficile d'accès où s'équilibrent défauts et qualités.
 

Théâtre de la Ville, Paris
Le 19/10/2004
Gérard MANNONI
 



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  • Des cris de rage et des cris d'enthousiasme ont simultanément salué la fin de ce Publique de Mathilde Monnier. La pièce ne mérite en fait ni tant d'honneur ni tant d'indignité. Conçu sur soixante-cinq minutes – ce qui est court – et pour huit danseuses, sur la très tonique et parfois hurlante musique de la rockeuse britannique Polly Jean Harvey, Publique est un travail très particulier, de nature à en dérouter, et pourquoi pas, à en choquer plus d'un.

    Des défauts, la pièce en compte incontestablement. L'absence de vrai spectacle, par exemple, dans un dispositif scénique minimaliste et tristounet. La manière très progressive dont le mouvement finit par se mettre vraiment en marche aussi, tout comme la dispersion sur le plateau desdits mouvements, ce qui empêche de saisir les structures globales et pousse à l'éparpillement de la vision.

    Mais, dira-t-on, cela a quelques chose de Cunningham, cette apparente indifférence des interprètes les uns pour les autres. Bref, pas de concession au publique, malgré le titre, dans ce travail sur le mouvement banal de la danse de tous les jours que peut suggérer la musique, mouvement conçu comme une sorte de contrepoint qui évolue de très brèves interventions à des gestuelles de plus en plus sophistiquées et professionnelles.

    Il est tout a fait concevable que le spectateur moyen puisse s'ennuyer face à une démonstration de ce type, subtile, aux progressions ténues, et qui n'utilise pas le corps comme d'habitude, ni dans son individualité, ni dans son rapport avec le groupe. Il y a là un refus total de séduire par les moyens ordinaires qui engendre – mais n'est-ce pas volontaire ? – l'ire de ceux qui viennent voir « de la danse Â» et surtout « un spectacle Â».

    On se passerait par ailleurs fort bien des cinq dernières minutes tellement Pina Bausch, avec micro, texte et confidences répétitives. Cela n'apporte rien, car, au demeurant, il se passe souvent des choses très intéressantes dans cette bizarre structure chorégraphique qui n'en n'est pas vraiment une.

    Monnier procède par petites touches, souvent très brèves, comme infinitésimales, juste le temps de les percevoir. Mais l'invention jaillit, à la fois dans la variation de la durée, dans celle du type d'interprète et dans celle de la gestuelle elle-même, de plus en plus sophistiquée, y compris dans les plages calmes de la musique. On ne peut nier qu'il y ait un travail, une idée directrice nouvelle, une mise en oeuvre très pensée de cette idée, mais, une fois encore, est-ce vraiment à montrer dans une salle de cette taille à un public de 20h30 ?

    Il est très probable qu'aux Abbesses, le message de la chorégraphe passerait mieux, mais il est vrai aussi que sa démarche paraît difficile à inscrire dans un espace moins vaste. Bref, un spectacle qui n'est certainement ni à rejeter globalement ni à acclamer sans réserve, si l'on veut rester un tant soit peu objectif et qui a le mérite de ne vous pousser à remettre en question bon nombre d'idées reçues.

    Peut-être Mathilde Monnier aurait-elle pu nous faciliter la tâche en donnant davantage d'ébauches de réponses !




    Théâtre de la Ville, Paris
    Le 19/10/2004
    Gérard MANNONI

    Publique, de Mathilde Monnier au Théâtre de la Ville, Paris.
    Publique
    chorégraphie : Mathilde Monnier
    musique : P.J.Harvey
    scénographie : Annie Colleter
    éclairages : Eric Wurtz
    costumes : Dominique Fabrègue

     


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