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L'ACTUALITE DE LA DANSE 04 juin 2020

Kabuki, au Théâtre national de Chaillot, Paris.

Kabuki dans la prestigieuse capitale
© Katsuya Tamoura

Double suicide à Mont-Toribé

Du 9 au 22 octobre, une troupe de kabuki, théâtre traditionnel japonais, se lançait à l'assaut du public parisien. Ce programme, festif et dépaysant, revêt un caractère pédagogique mais se révèle également une fête des sens grâce à la qualité des artistes.
 

Théâtre National, Chaillot
Le 10/10/2004
Vincent LE BARON
 



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  • Avec le Festival d'Automne Ă  Paris, le Théâtre National de Chaillot a l'heureuse initiative de convier les membres de la famille Ichikawa et la compagnie Shochiku pour plus de trois heures de spectacle de kabuki, initiatrices et distrayantes. L'invitation au voyage dĂ©bute dès la descente des marches du palais avec une profusion de kimonos et de zoris, ces sandales en bois si peu pratiques. Alors, la salle Jean Vilar, comble, se trouve presque Ă  paritĂ© de japonais et de français avides de ce théâtre traditionnel ou de le dĂ©couvrir. Avec le nĂ´, le kyogen et le bunraku, le kabuki perpĂ©tue une tradition de divertissement au Japon. L'idĂ©ogramme « bu Â» signifie danse et chaque artiste se doit de rassembler les qualitĂ©s de chanteur, de comĂ©dien et de danseur. Le programme, rĂ©sumĂ© des marathons japonais du genre, se compose de trois parties bien distinctes.

    La première pièce, Double suicide au Mont-Toribé, se rapproche plus directement du conte social ou moralisateur. Cette oeuvre, levé le rideau de circonstance vert, rouge et noir, réunit tous les ingrédients de ce théâtre flamboyant : maquillages élaborés, scène étirée avec ses changements de décors, musiciens assis derrière des paravents. Le placement des acteurs, la façon très étudiée et contrôlée de se mouvoir, confèrent à la représentation un aspect très codifié. Sans en saisir toutes les subtilités, le spectateur français y trouve néanmoins un sens, aidé par le surtitrage. Mais, le plaisir réside autant dans le charme très pictural de l'ensemble, ponctué par les percussions et les sorties de scènes par l'hanamachi, sorte de chemin surélevé pour mieux admirer les acteurs.

    En deuxième et fulgurante partie, la nomination rĂ©pĂ©tĂ©e chaque soir de Kikunosuke Onoe V au nom d'Ebizo XI s'appelle un KĂ´jĂ´. Cet Ă©vĂ©nement rare et Ă©mouvant dĂ©bute avec les cinq acteurs pliĂ©s et costumĂ©s, adoucissant l'impression en prenant la parole, pour certains en français. L'intĂ©ressĂ© s'exprime en ultime lieu, avec humilitĂ©, avant de procĂ©der au « nirami Â». Cette Ă©preuve du « regard intense Â», censĂ© chasser les mauvaises humeurs pour l'annĂ©e, consiste en une prĂ©paration solennelle terminĂ©e par une bien vilaine grimace. L'effet se rĂ©vèle fascinant, Ă©chantillon de « l'aragoto Â», le jeu agressif rĂ©servĂ© aux personnages masculins.

    En troisième partie, le puîné Ebizo XI se meut en onnagata, autrement dit en travesti. La pièce s'intitule Danse des Lions et comporte un long solo dansé par une geisha, Salomé orientale. La danse d'Ebizo XI séduit par son raffinement, dans l'utilisation de chaque pli du kimono que par le maniement très lié des éventails. A aucun moment le travestissement ne dérange, ce qui n'est pas le cas des deux femmes d'honneur, également déguisées en papillons. Enfin, métamorphosé en lion, Ebizo XI livre toute sa fougue, dans un costume au kitsch assumé.

    On ressort avec l'envie de partir en ExtrĂŞme-Orient ou de prolonger cette introduction magistrale.




    Théâtre National, Chaillot
    Le 10/10/2004
    Vincent LE BARON

    Kabuki, au Théâtre national de Chaillot, Paris.
    Double suicide au Mont-Toribé
    KĂ´jĂ´
    Danse des Lions

     


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