altamusica
 
       aide













 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




L'ACTUALITE DE LA DANSE 04 juin 2020

Le Songe de Médée, et MC 14/22 « ceci est mon corps Â», d'Angelin Peljocaj au Palais Garnier, Paris.

Preljocaj le rigoureux
© Laurent Philippe

Eléonora Abbagnato, Marie-Agnès Gillot et Wilfried Romoli.

Une création mondiale – Le Songe de Médée – et une entrée au répertoire – MC 14/22 « ceci est mon corps Â» – pour le ballet de l'Opéra de Paris : Angelin Preljocaj affirme toujours plus sa présence au répertoire de notre première compagnie nationale. Et il la justifie pleinement.
 

Palais Garnier, Paris
Le 05/11/2004
Gérard MANNONI
 



Les 3 dernières critiques de danse

  • Le ravissement de Raymonda

  • Lamé, le corps

  • Solde de tout conte

    [ Tout sur la danse ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • Vu le lendemain du Tempus Fugit de Sidi Larbi Cherkaoui au Théâtre de la Ville, le travail si fort et esthétisant de Preljocaj impressionne par sa rigueur et son intériorité. Création mondiale et commande de l'Opéra de Paris au chorégraphe et au compositeur Mauro Lanza en collaboration avec l'IRCAM, ce Songe de Médée frappe par la pureté de sa chorégraphie.

    Le Songe de Médée

    Lignes épurées même dans la plus extrême violence, énergie venant du plus profond du corps, presque angoissante tant on sent qu'elle exige du danseur une concentration et une tension absolues, le langage chorégraphique de Preljocaj ne fait aucune concession au décoratif, même s'il traite le sujet de manière narrative au premier degré. Une grande partie de l'impact de l'oeuvre tient d'ailleurs dans ce contraste entre l'anecdote que l'on suit pas à pas et la grandeur dépouillée, quasiment abstraite du geste et du mouvement. Il y a notamment un superbe pas de deux lent entre Jason et Médée qui touche au morceau d'anthologie. Les deux enfants auxquels le chorégraphe donne une place importante dans l'action sont parfaits de naturel et de professionnalisme.

    Dans le rôle titre, Marie-Agnès Gillot, ligne incroyable, puissance magistrale, prend place dans la lignée des grandes incarnations de ce personnage mythique. Wilfried Romoli et Eleonora Abbagnato sont irréprochables à tous égards, beaux, dramatiquement présents, dansant avec une parfaite exactitude. La musique de Mauro Lanza est également une réussite, colorée, variée, ne se contentant pas d'accompagner l'action mais vivant d'une vie autonome qui nourrit cette action sans aucun pléonasme.

    Reste le dispositif scénique et cette multitude de seaux dont la symbolique n'est pas évidente, même si l'effet décoratif est réussi, notamment pour meubler un plateau sans conteste trop vaste pour une pièce de ce type. Ce n'est pas la seule, dira-t-on, à ne nécessiter que cinq protagonistes. Mais alors peut-être la seule faiblesse de l'oeuvre est-elle que traité ainsi, ce grand thème mythique nécessitait un cadre plus intimiste, ou alors un traitement plus ample.

    MC 14/22 « ceci est mon corps Â»

    D'inspiration directement religieuse puisqu'elle se réfère à l'évangile selon Saint Marc, l'autre pièce du programme, MC 14/22 « ceci est mon corps Â» créée en 2001 par les danseurs de la compagnie Preljocaj, entrait au répertoire de l'Opéra. C'est une oeuvre forte elle aussi, très solidement structurée, où douze danseurs plus un évoquent les complexes rapports du corps de l'homme et de celui du Christ, source de multiples réflexions.

    Les images s'inspirent souvent de tableaux ou de sculptures d'art sacré. Elles sont belles, lourdes d'engagement et de signification, et elles aussi d'une absolue rigueur qui touche parfois à la sévérité. Mais ici encore, quel intelligent contraste entre cette austérité du propos, sa violence intérieure, et la sensualité naturelle des corps en partie dénudés des danseurs ! Les douze garçons du corps de ballet et l'invité Sylvain Groud sont splendides d'investissement, de technique et de conviction.

    Et dire que nous verrons les mêmes dans quelques jours – tout comme Marie-Agnès Gillot, d'ailleurs – dans le plus strictement classique des grands ballets du répertoire, La Belle au bois dormant. Il n'est guère d'autre compagnie au monde capable de telles prouesses.



    Palais Garnier jusqu'au 21 novembre.




    Palais Garnier, Paris
    Le 05/11/2004
    Gérard MANNONI

    Le Songe de Médée, et MC 14/22 « ceci est mon corps Â», d'Angelin Peljocaj au Palais Garnier, Paris.
    Le songe de Médée
    Création mondiale

    Ensemble Court-Circuit
    direction : Pierre-André Valade
    chorégraphie : Angelin Preljocaj
    musique originale : Mauro Lanza
    décors : Thierry Leproust
    costumes : Gilles Rosier
    éclairages : Patrick Riou

    Avec :
    Marie-Agnès Gillot (Médée), Wilfried Romoli (Jason), Eleonora Abbagnato (Créüse), Constance Nicolas et Carl Van Godtsenhoven (les enfants).


    MC 14/22 « ceci est mon corps Â»

    chorégraphie : Angelin Preljocaj
    création sonore : Tedd Zahmal
    costumes : Daniel Josiak
    éclairages : Patrick Riou
    Avec douze danseurs de l'Opéra national de Paris et un danseur chanteur invité.

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com