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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

The Crying Body, de Jan Fabre, au Théâtre de la Ville, Paris.

Le corps du délit
© Jean-Pierre Maurin

Volupté, abandon, poésie d'une part ; pipi-cracra, violences et franche beauferie de l'autre. Tels sont les deux pôles extrêmes et parfois confondus du dernier spectacle du chorégraphe flamand Jan Fabre, The Crying Body, présenté devant un public très partagé au Théâtre de la Ville de Paris.
 

Théâtre de la Ville, Paris
Le 27/11/2004
François FARGUE
 



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  • Dur de s'y retrouver. De lĂ  Ă  dire qu'il faut voir dans ce fourbi le paradigme de notre monde et nos existences paradoxales ! Peut-ĂŞtre. Pourquoi pas. Mais encore ? Certains pointeront avant tout l'indĂ©cence, l'obscĂ©nitĂ©, l'ignominie de certaines scènes. Quelques spectateurs auront d'ailleurs exprimĂ© bruyamment leur indignation et ceci Ă  l'exaspĂ©ration toute aussi aiguĂ« des amateurs qui cherchaient Ă  les faire taire.

    Deux mondes là aussi s'affrontent tant la définition du mot vulgarité n'est pas la même pour tous. Il faut bien savoir en tous cas qu'avec Jan Fabre, on sera servis à la louche côté sexe et blasphème. Avec en prime cette fois-ci un supplément de miction. Est il jamais indispensable d'uriner sur scène ? Le débat est ouvert. Ce dernier Jan Fabre s'intitule The Crying Body et file sans relâche la métaphore des fluides corporels. Alors, que les plus choqués imaginent que c'eût pu être pire ! Et que ce le sera peut-être puisqu'il est dit qu'il y aura une suite cet été en Avignon.

    Pourtant, si l'on veut bien s'affranchir de ses préjugés de base, on devra reconnaître que la scène des trois femmes-fontaine aux poses d'une volupté toute XVIIIe est certes osée mais aussi charmante, émouvante et même très belle. Comme le titre l'indique, on y pleure aussi beaucoup, voire continuellement. Pour un oui pour un non. Ce qui d'ailleurs en fait parfois toute la drôlerie. Car ce n'est jamais triste, c'est un spectacle même follement gai et qui donne aussi allégrement dans des facilités grotesques.

    Un chorégraphe au blasphème facile et peu risqué

    Pourfendeur de la répression et du refoulement, Jan Fabre se défoule parfois plus qu'un môme. Il ouvre les vannes, pas toujours les plus légères. Il est même troublant de voir un certain public éclairé rire de ses pitreries sacrilèges. Fabre a le blasphème facile et franchement, pas non plus très risqué quand on sait le peu que l'on craint à casser de l'évêque. Il n'en reste pas moins que servi pas des interprètes hors pair et dotés d'une belle endurance, Jan Fabre met une belle générosité à rendre compte de l'humain dans toute sa folie, son dérisoire et sa grâce mêlés. De la grâce, qui perce au milieu de l'ordure comme les fleurs naissant du purin.

    © Jean-Pierre Maurin

    Il y a aussi une énergie, un élan vital contagieux, de l'humour et de fabuleux numéros d'acteurs comme on dit au théâtre et au cinéma. Le corps pleure, pisse et se plie à des extravagances que l'on peut légitimement juger pornographiques, mais il jouit aussi de façon éclatante et belle. Bien tordu qui trouverait à cet instant une once de vulgarité !

    La jouissance n'est certes pas une revendication nouvelle. Cela ne veut pas dire pour autant qu'elle ne soit plus d'actualité, bien au contraire. Le propos de Jan Fabre, apôtre joyeux d'une certaine truculence provocatrice, reste certes assez succinct voire simpliste. Reconnaissons lui néanmoins sa sensualité régénérante, sa passion pour la vie même débordante et quasi animale. Une fois de plus et cette fois plus encore, le provocateur flamand fait scandale. Mais le plus grand scandale n'est il pas le mortel ennui ? On échappe au moins à cela avec lui !




    Théâtre de la Ville, Paris
    Le 27/11/2004
    François FARGUE

    The Crying Body, de Jan Fabre, au Théâtre de la Ville, Paris.
    The Crying Body, création
    conception, direction, scénographie et chorégraphie : Jan Fabre
    Ă©clairages : Harry Cole, Jan Fabre
    costumes : Daphne Kitschen, Jan Fabre
    Troubelyn
    Avec Annabelle Chambon, CĂ©dric Charron, Els Deceukelier, Ivana Jozic, Geert Vaes.

     


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