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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Troisième édition du Monaco Dance Forum au Forum Grimaldi, Monte-Carlo.

Toute la danse d'aujourd'hui

La troisième édition du Monaco Dance Forum, vaste manifestation internationale, s'est déroulée à Monte-Carlo du 15 au 18 décembre. Bilans et réalités de la danse telle qu'elle est aujourd'hui, notamment dans son rapport de plus en plus étendu aux nouvelles technologies, avec au surplus le résumé de la soirée de remise des Nijinsky Awards.
 

Forum Grimaldi, Monte-Carlo
Le 18/12/2004
Josseline LE BOURHIS
 



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  • La manifestation bi-mensuelle Monaco Dance Forum créée en 2000, a tenu sa troisième édition à Monte-Carlo. Rendez-vous international des professionnels de la danse, ce n'est pas un festival de plus, programmant des spectacles : dès son origine, les responsables, la directrice générale Dominique Passet et le président Jean-Christophe Maillot, directeur des Ballets de Monte Carlo, ont voulu présenter les nouvelles tendances de la danse d'aujourd'hui, notamment dans ses relations expérimentales avec les autres arts, plastiques, visuels et sonores. Ils ont tenus à ce que soient associés aux représentations de diverses compagnies étrangères et françaises innovant dans ce domaine, des ateliers, des rencontres, des projections. Le tout est réuni dans un même lieu, le Forum Grimaldi, vaste complexe ouvert sur le ciel et la mer et contenant de multiples salles, studios et espaces d'exposition, et devenant ainsi une plate-forme de travail et d'échanges.

    Cette année, des installations montraient les recherches actuelles menées par des praticiens des nouvelles technologies : vidéo, informatique, son numérisé, et des danseurs/chorégraphes sur l'interactivité entre le vivant et le virtuel. On na vu par exemple les danseurs de Frank II Louise (Konnecting Souls), dont le corps sonorisé génère leur propre musique. Ils ne dansent plus sur la musique, mais c'est la musique qui naît de leurs mouvements. Des capteurs posés sur leur corps enregistrent les gestes qu'un logiciel d'ordinateur retraduit musicalement dans l'instant. Les danseurs réagissent en retour à ce qu'ils entendent, et il est évident que le spectacle, sur le plan musical et chorégraphique, n'est jamais le même.

    Le chorégraphe espagnol Marcel Li Antunez, quant à lui, se barde le corps de fils et d'appareils électriques – nouvelle créature fantastique suspendue en l'air, mi homme mi robot – que les déplacements des spectateurs mettent en mouvement. C'est le public qui fait bouger le danseur. On voit encore la performance de l'australien Garry Stewart qui lance ses danseurs devant l'objectif de la photographe américaine Loïs Greenfield, connue pour ses insolites arrêts sur image.

    Elle saisit en direct l'instant indiscernable d'un saut, projeté immédiatement sur écran, confrontant l'image du danseur en apesanteur avec la réalité de sa retombée sur les planches ! Le rêve d'Icare n'a fait que passer. « Le corps humain se trouve augmenté, prolongé par ces aventures technologiques et emporté dans une dimension poétique que ne laissent pas soupçonner ces machines froides Â» (Philippe Baudelot, responsable du secteur multimédia au Monaco Dance Forum).

    Ces découvertes font naître des productions où les techniciens apportent leur savoir aux artistes, et c'est le but de l'Appel à projets qui met en relation des partenaires. Une aide que Monaco Dance Forum déploie également auprès des interprètes, avec, pour les plus jeunes, les « auditions du premier emploi Â», ou en organisant en collaboration avec l'Université de Nice, un colloque sur la « reconversion du danseur professionnel Â».

    Les métiers de la danse sont aussi présents, ainsi qu'une vidéothèque self service et une librairie. Enfin, cerise sur le gâteau, la manifestation se termine par une soirée de gala à l'occasion de la remise des Prix Nijinsky.





    La soirée des Nijinsky Awards

    Elle s'est déroulée le 18 décembre et représente pour la danse ce que sont les Victoires de la Musique ou les Césars du cinéma, ou encore les Molière du Théâtre. Un comité de professionnels a déterminé les nominés pour cinq catégories. Ils sont ensuite soumis au vote de critiques, de programmateurs, de chorégraphes et de danseurs, à l'échelon international. Le trophée reis aux lauréats est une copie de la statuette de Vaslav Nijinsky interprétant le Faune, sculptée par auguste Rodin en 1912, après la création du ballet Prélude à l'après-midi d'un faune et dint un exemplaire d'auteur appartient à l'Etat monégasque. Les lauréats 2004 ont été Nicolas Le Riche, danseur étoile de l'Opéra de Paris dans la catégorie Danseur, Alina Cojocaru du Royal Ballet de Londres, dans la catégorie Danseuse, Decreation de William Forsythe (Production chorégraphique), Pina Bausch (chorégraphe), Shen Wei (chorégraphe émergent). Un hommage était en outre rendu à Suzanne Farrell, muse de Balanchine, et à Balanchine.

    Placée sous la présidence de S.A.R. la Princesse de Hanovre et parrainée par Chanel, la cérémonie de la remise des prix était présentée par Charlotte Rampling, dont Karl Lagerfeld a loué la « modernité intemporelle Â». Au premier rang des invités, on remarquait Tamar Nijinsky, la deuxième fille de Romola et de Vaslav.

    Quelques déceptions aussi, comme l'absence de Nicolas Le Riche, de William Forsythe ou encore de Pina Bausch, le manque d'images évoquant les « nommés Â», le spectacle de Richard Move sur Martha Graham, bavard et peu dansé. Mais au chapitre des bonnes surprises figurent le Nijinsky d'honneur attribué à Suzanne Farrell qui, elle, était là, toujours belle et élégante. Elle a rendu hommage à Mr. B (George Balanchine) avec des extraits de films prêtés par la cinémathèque de la Danse.

    En seconde partie, on vit enfin de la danse sur scène, avec vingt-cinq minutes en avant-première de la création que Sidi Larbi Cherkaoui réalise pour les Ballets de Monte Carlo, commande que Jean-Christophe Maillot a passée au chorégraphe primé aux Nijinsky 2002. Pour In Memoriam dont la première officielle a eu lieu le 27 décembre au Grimaldi Forum et qui est donné jusqu'au 29, Sidi Larbi Cherkaoui, comme dans ses pièces précédentes, mélange danseurs et musiciens live, en l'occurrence les voix polyphoniques du groupe corse A Filetta.

    Cet extrait a montré une sorte de rituel où l'on tourne comme les derviches, où l'on scande le rythme par de petits piétinés sur pointes répétitifs et incantatoires, pour célébrer la mémoire de ceux qui ne sont plus. Mémoire du corps, aussi, corps pantelants, pantins manipulés, corps manipulant jusqu'à la violence, où comment la victime peut se faire bourreau, dans l'engrenage de l'attirance-répulsion. Une oeuvre sans doute assez représentative de l'esprit qui souffle sur la danse à Monte-Carlo : la tradition de l'audace.




    Forum Grimaldi, Monte-Carlo
    Le 18/12/2004
    Josseline LE BOURHIS



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