altamusica
 
       aide













 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




L'ACTUALITE DE LA DANSE 04 juin 2020

ON DANfE, de José Montalvo et Dominique Hervieu au Théâtre national de Chaillot, Paris.

C'est Rameau qu'on infantilise

Rien ne ressemble plus à un spectacle du couple Hervieu/Montalvo qu'un autre spectacle du couple Hervieu/Montalvo. Le public, pourtant, en redemande. Avec ON DANfE, sur la musique de Rameau, nos joyeux ingénus de la chorégraphie française se livrent comme à leur habitude aux jeux de l'image animée, du morphing et de la mixité des langages chorégraphiques pour le plaisir de tous, ou presque

 

Théâtre national de Chaillot, Paris
Le 20/01/2005
François FARGUE
 



Les 3 dernières critiques de danse

  • Le ravissement de Raymonda

  • Lamé, le corps

  • Solde de tout conte

    [ Tout sur la danse ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • Il faut être heureux pour José Montalvo et Dominique Hervieux. Ils ont trouvé le paradis et ne l'ont toujours pas perdu. Chez eux, tout flotte éternellement sur de petits nuages blancs dans un ciel éperdument bleu, tout le monde fait cui-cui et caracole tout nu comme du temps où cette satanée Eve n'avait pas encore croqué la pomme et même les animaux sauvages, lions, tigres et éléphants, sont sages comme des images. D'ailleurs ils ne sont que cela, des images animées projetées en toile de fond, continûment incorporées grâce au morphing dans un décor grand siècle entre autres, Versailles côté jardin ou encore une perspective d'ifs anonyme au bout de laquelle passe par intermittence un métro, allez savoir pourquoi ?

    A vrai dire, l'on sait pourquoi. Montalvo / Hervieu sont les as du métissage, champions du mélange des genres et des collages incongrus. Autre exemple : derrière le château surgissent soudain des buildings modernes. Pourquoi Versailles ? Parce que : Rameau, dont la musique accompagne cette nouvelle création de ces « fous dansants Â» au théâtre de Chaillot. Cela s'appelle ON DANfE, clin d'œil à la graphie de la lettre « s Â» au temps de Rameau.

    Un spectacle joli, gentil, rigolo et pan-pan cul-cul !

    Soyons clairs : il faut être resté un grand enfant pour profiter pleinement de ce spectacle. Il n'est d'ailleurs pas si sûr que les enfants, les vrais, s'amusent bien longtemps de ces débordements d'allégresse pour adultes ayant besoin, comme on dit, de se changer les idées. L'on sait bien que ces chérubins ont un goût plus marqué pour le gore qui désespère leurs parents. Or, ici tout est propre et nunuche à crier. C'est, ici, le pays des gros lapins blancs, des petits poussins jaunes, des tigres dans l'aquarium. Que du joli, du gentil, du rigolo et du pan-pan cul-cul. On se pince !

    Au moins, les danseurs ont ils été triés sur le volet. Là, rien à redire. Chacun excelle dans sa propre spécialité et s'y adonne avec une effervescence et une satisfaction à toute épreuve : hip-hop, néo-classique, danse africaine, folklore, tout y passe dans ce grand ballet des différences certes, mais qui tourne vite au numéro de chiens savants surboostés à la pile Wonder. Ce n'est plus de la danse, c'est de la mécanique gestuelle répétée à l'envi sans beaucoup d'âme, de rime ni de raison. On nous promettait de la sensualité et de l'hédonisme, on ne voit qu'agitation, redondances, clowneries. Et qui y a-t-il de moins sensuel et érotique qu'un clown qui radote et s'agite? On nous promettait aussi du libertinage intellectuel
    Comme c'était joliment dit.



    En 1997, le couple Hervieu / Montalvo ravissait le public avec sa pièce PARADIS à la chorégraphie semblablement composite sur fond également d'incrustations d'images et de personnages animés se confondant avec les danseurs sur scène. Depuis d'autres pièces ont suivi, toujours un peu les mêmes. Le paradis dure longtemps. Il semble d'ailleurs qu'il soit une bonne affaire. Grosse affluence, comme toujours, pour cette dernière création. Et mis à part les rabats-joie de notre espèce qui trouvent les ressorts quelque peu fatigués et les ficelles plus grosses que des grelins, il semble que le public ait dans l'ensemble aimé.

    Ce ne fut pas un triomphe non plus mais à voir l'air ravi de certains on est même un peu effaré voire effrayé d'un tel angélisme. Eh bien soit, c'est aussi cela le droit à la différence.



    Théâtre national de Chaillot jusqu'au 19 février.




    Théâtre national de Chaillot, Paris
    Le 20/01/2005
    François FARGUE

    ON DANfE, de José Montalvo et Dominique Hervieu au Théâtre national de Chaillot, Paris.
    ON DANfE
    chorégraphie : José Montalvo et Dominique Hervieu
    musique : Jean-Philippe Rameau

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com