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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Tricodex, de Philippe Decouflé, Critical Mass, de Russel Maliphant, et Carmen, de Mats Ek par le Ballet de l'Opéra de Lyon au Théâtre du Châtelet, Paris.

En belle compagnie

Avec deux programmes consacrés à certains des meilleurs contemporains – Philippe Decouflé, Russel Maliphant ou Mats Ek – le Ballet de l'Opéra de Lyon a confirmé au Théâtre du Châtelet de Paris qu'il est bien l'une des toutes meilleures compagnies européennes. Une soirée en belle compagnie.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 17/02/2005
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Il n'est pas toujours facile pour une compagnie de grande rĂ©putation de se maintenir au plus haut niveau. Le Ballet de l'OpĂ©ra de Lyon, qui pratique plus jamais une politique inventive et dynamique, n'a pas dĂ©rogĂ© avec les deux programmes prĂ©sentĂ©s au Châtelet.

    Tricodex

    Dernière mais sans doute pas ultime version de Codex, Tricodex, révèle un Decouflé toujours aussi inspiré quand il s'agit de jongler avec les images et les mouvements farfelus, inattendus, poétiques. Si l'on est de nature à entrer dans cet univers esthétisant à sa manière mais dépourvu de toute logique, on s'amuse bien, et on admire la technique aux multiples facettes des danseurs de Lyon, dont les qualités acrobatiques sont maintes fois sollicitées.

    Critical Mass

    De nature toute différente, le second programme intronisait en quelque sorte le chorégraphe britannique Russel Maliphant devant le grand public parisien. Assez long duo pour deux garçons, Critical Mass séduit par la fluidité de la gestuelle, la précision de ses structures, le jeu très savant établi avec les lumières et l'ombre, la très belle interprétation donnée par Ashley Chen et Jérémie Perroud. Avec des sonorités à la Tom Wilhelms, la musique Richard English et Anfy Cowton soutient ce propos purement formel d'où n'émane malheureusement aucune émotion particulière. On regarde avec plaisir et intérêt, mais passivement, sans jamais se sentir concerné en profondeur par ce qui se déroule sous nos yeux.

    Carmen

    Que dire ensuite de la Carmen de Mats Ek interprétée par Sylvie Guillem, vedette incontestée de la soirée ? Malgré toute l'admiration que l'on a pour le génie du chorégraphe, c'est quand-même la déception qui prime sur tout autre sentiment. Sur la Carmen Suite de Rodion Chédrine d'après Bizet, et qui n'est finalement qu'une récupération abusive et assez iconoclaste des grands thèmes de l'opéra, dont une fois encore, la qualité émotionnelle aura servi à beaucoup d'usurpateurs.

    Mats Ek raconte l'histoire de manière à la fois fidèle et infidèle. Peu importe, car le principal problème est ici ailleurs. Une chorégraphie plus agitée qu'inspirée, où Carmen apparaît comme une meneuse face à des hommes objets, ne traduit en rien la progression de la passion ni la sensualité très spécifique qui sont au coeur du mythe et de la musique. Nous sommes bien loin de la très subtile reconstruction opérée par Roland Petit qui avait su recréer par la danse seule des personnages totalement originaux et diversifiés.

    On admire incontestablement la performance de Sylvie Guillem qui se donne avec foi et une technique toujours éblouissante, mais sans rien raconter de bien palpitant car ce qu'elle à faire reste en surface de la brûlante passion qui mène le personnage à sa perte. Il eût fallu moins de sauts et de contorsions, plus de sobriété et d'intériorité dans la conception des pas, pour que le personnage prenne une vraie dimension tragique. Sa mort, notamment, n'a aucune intensité dramatique, non par la faute de l'interprète peut-être un rien trop lisse, mais parce que le chorégraphe n'a bâti depuis le début aucun crescendo y conduisant. Tout va d'emblée trop vite et avec frénésie.

    Massimo Muru est un joli Don José fragile et névrotique à souhait et le bel espagnol Antonio Ruz campe un Escamillo brillant le temps d'une variation acrobatique. Très belle incarnation d'une Micaëla en pointillés par Marketa Plazkova. Et puis, comment accepter ces robes clinquantes de cabaret pour les filles, Carmen y compris, et ce décor plat dont les taches noires sur fond blanc évoquent plus les vaches normandes que les taureaux ibériques ?

    La compagnie est en revanche magnifique, et c'est, avec l'éclat de la Guillem, ce que l'on retiendra surtout de cette soirée.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 17/02/2005
    GĂ©rard MANNONI

    Tricodex, de Philippe Decouflé, Critical Mass, de Russel Maliphant, et Carmen, de Mats Ek par le Ballet de l'Opéra de Lyon au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Ballet de l'Opéra de Lyon
    Tricodex
    chorégraphie de Philippe Decouflé
    Critical Mass
    chorégraphie de Russel Maliphant
    Carmen
    chorégraphie de Mats Ek

     


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