altamusica
 
       aide













 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




L'ACTUALITE DE LA DANSE 06 juin 2020

Premières distributions de Cendrillon de Rudolph Noureev au Palais Garnier, Paris.

Cendrillon (1) : Quand Noureev s'amusait

Reprise au Palais Garnier d'une des réussites chorégraphiques de Noureev qui avait concrétisé ses fantasmes cinématographiques très « années trente » en situant l'action de Cendrillon à Hollywood. Premières distributions d'un spectacle séduisant, avec les débuts marquants de Florent Magnenet.
 

Palais Garnier, Paris
Le 19/04/2005
Gérard MANNONI
 



Les 3 dernières critiques de danse

  • Le ravissement de Raymonda

  • Lamé, le corps

  • Solde de tout conte

    [ Tout sur la danse ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • Il était passionné de cinéma. Rudolph Noureev a pu s'amuser, dans cette approche très premier Hollywood du conte de Cendrillon, à jouer avec les citations et à évoquer la magie d'une époque qui fait toujours rêver. C'est en 1986 qu'il avait imaginé ce ballet, créé par Sylvie Guillem, Charles Jude, Isabelle Guérin, Monique Loudières et Georges Piletta dans les cinq rôles principaux et lui-même dans celui du producteur magicien.

    Les superbes costumes d'Hanaé Mori sont aussi années trente qu'on peut le rêver et les décors de Petrika Ionesco nous promènent des Temps modernes à King Kong en passant Metropolis et autres films culte. L'action est transposée dans les milieux du cinéma où la jeune fille brimée par sa marâtre et ses deux méchantes soeurs est entraînée pour une audition par le producteur miracle. Elle gagnera bien sur l'audition et l'amour du jeune premier qui la retrouvera après une virée folklorique dans les boîtes de nuit.

    Tout cela fonctionne très bien dramatiquement et la chorégraphie, tour à tour d'un beau néoclassicisme poétique ou franchement burlesque est reprise aujourd'hui par la génération post-Noureev. L'élégance naturelle et le charme d'Agnès Letestu, l'aisance de sa technique, son raffinement et sa musicalité en font une idéale héroïne aux côtés d'un Jean-Guillaume Bart très à sa place en jeune premier.

    Autre couple très assorti, mais plus inhabituel, celui formé par Aurélie Dupont, ravissante, touchante, comédienne sensible, styliste parfaite, et le jeune Florian Magnenet, sujet dans le corps de ballet. Un début marquant dans un premier rôle, car Magnenet a de l'assurance, une très belle silhouette élancée, une distinction naturelle et une technique solide qui lui permet d'assurer sa partie dans faiblir. Il lui manque naturellement cette aura et cet abattage que donnent l'habitude, mais il est excellent que les jeunes puissent se confronter aux pièces majeures du répertoire. Aurélie Dupont a d'ailleurs été une partenaire idéale, attentive, présente, généreuse.

    Les autres rôles sont également d'importance, même s‘ils sont d'autre nature. Pour les deux soeurs, Noureev a imaginé des pas aussi acrobatiques que caricaturaux, que chacune s'approprie à sa manière. Karin Averty et Laetitia Pujol sont irrésistibles de drôlerie en en faisant beaucoup, mais quel talent de comédiennes pour ces deux grandes ballerines ! Isabelle Ciaravola et Mélanie Hurel sont plus réservées, mais ne manquent pas de piquant ni technique non plus.

    Composition incroyable de José Martinez en Marâtre. Aussi à l'aise sur pointes que n'importe quelle étoile femme, il campe un vrai personnage à la Bunuel ou à la Almodovar, agressif, pervers, dangereux et follement drôle. Emmanuel Thibault est excellent lui aussi, très bien dansant, juste un peu moins à l'aise dans un rôle qu'il aborde alors que Martinez l'avait déjà dansé auparavant. Wilfried Romoli reprend avec une belle présence et sans en faire trop, le rôle du Producteur qu'avait créé Noureev et deux très bons Professeurs de danse se sont succédés ; Emmanuel Thibault et Alessio Carbone.

    Dans ces distributions de grand luxe, on retrouvait aussi bon nombre de premières danseuses ou de sujet qui pourraient fort bien l'être comme Dorothée Gilbert, pour le tableau des quatre saisons. A la tête de l'orchestre de l'Opéra national de Pars, Velo Pähn a mis beaucoup d'énergie et de foi pour donner à la superbe partition de Prokofiev sa vraie valeur d'oeuvre symphonique. Comme toujours, d'autres distributions sont encore à venir.




    Palais Garnier, Paris
    Le 19/04/2005
    Gérard MANNONI

    Premières distributions de Cendrillon de Rudolph Noureev au Palais Garnier, Paris.
    Cendrillon
    chorégraphie : Rudolph Noureev
    musique : Serge Prokofiev
    décors : Petrika Ionesco
    costumes : Hanaé Mori
    éclairages : Guido Levi
    direction musicale : Velo Pähn
    Avec les étoiles, les premiers danseurs et le corps de ballet de l'Opéra national de Paris.

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com