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L'ACTUALITE DE LA DANSE 04 juin 2020

Spectacle consacré à Roland Petit à l'Opéra de Paris.

Roland Petit, moderne et mythique
© Icare

Eleonora Abbagnato et Jérémie Bélingard dans l'Arlésienne.

Avec un programme consacré à certains de ses incontestables chefs-d'oeuvre, Roland Petit vient à point nommé rappeler que la modernité est hors du temps. Une fin de saison éblouissante pour l'Opéra de Paris avec l'Arlésienne, le Jeune homme et la mort, et Carmen. Impressions sur trois soirées.
 

Palais Garnier, Paris
Le 11/07/2005
GĂ©rard MANNONI
 



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  • On ne saurait se lasser de voir et de revoir des ballets comme ceux-ci, tant ils nous concernent profondĂ©ment par leur propos, par leur esthĂ©tique sans âge, et pour la suprĂŞme qualitĂ© de leur chorĂ©graphie et de leur rĂ©alisation. Tout commence par la subtile Ă©vocation de l'impossibilitĂ© d'aimer que nous raconte l'ArlĂ©sienne sur la musique sublime de Bizet. Notons au passage l'excellente exĂ©cution du magnifique solo de Caroline Mathieu, flĂ»te solo de l'orchestre Colonne.

    Des trois Vivette qui ont alterné, Isabelle Ciaravolla, Nolwen Daniel et Eleonora Abbagnato, cette dernière s'impose somptueusement, alors que les deux autres restent trop effacées. Joli travail de pieds pour Ciaravolla, intéressante construction dramatique pour Daniel, mais ce n'est pas assez pour rendre justice à toute la subtilité du personnage conçu par Roland Petit.

    Vivette plus que Carmen

    Avec Abbagnato, on a tout : la beauté, la sensualité, une vraie évolution dramatique, et cela tout en nuances, sans rien d'excessif, avec un superbe travail de bras et de bas de jambes. Quitte à parler de cette belle première danseuse, disons tout de suite qu'en revanche, c'est une erreur de lui faire danser Carmen. Elle n'en a ni le physique, ni le genre de danse qui convient, au moins dans ces circonstances.

    Elle y paraît un peu trop ronde, ce qu'elle n'est pas en réalité, un peu trop molle, ce qu'elle n'est pas davantage, et affiche de bout en bout le même sourire heureux, qui doit cacher en fait une réelle anxiété de ne pas se savoir vraiment à sa place. On ne saurait en vouloir à une aussi belle artiste de s'être laissée entraîner dans pareille aventure et l'on ne retiendra que sa si belle Vivette.

    Jérémie Bélingard a été un Frederi dramatique à souhait, physique idéal pour le rôle, énergie et très bel investissement dramatique, presque excessif , d'ailleurs, le soir où l'on tournait pour la télévision. Alessio Carbone s'est lui aussi donné à fond, mais a semblé un peu à bout de forces sur la fin.

    Romberg et Bridard dans un ballet culte

    Pour le Jeune homme et la mort, Nicolas le Riche et Yann Bridard ont alterné, le premier avec Marie-Agnès Gillot, le second avec Stéphanie Romberg. Le Riche y est magistral de technique et propose un personnage très personnel, athlétique, intériorisé. Magnifique. Marie-Agnès Gillot peut encore gagner en agressivité, en perversité aiguë , bien que son incarnation soit déjà impressionnante. Stéphanie Romberg est sans doute plus proche de la vérité, face à Yann Bridard qui demeure l'un des meilleurs interprètes actuels de ce ballet culte.

    Plusieurs couples se sont succédés pour Carmen également. Nicolas le Riche, partenaire d'Abbagnato puis de Clairemarie Osta enfin revenue sur scène, s'approprie à sa manière le rôle de Don José. Sa proposition est intéressante, intelligente, même si elle déroute un peu par son côté très sensuel, mais, pourquoi pas ? José Martinez, en revanche, avec une rigueur absolue dans le respect des moindre détails de la chorégraphie, correspond davantage à l'image laissée par Roland Petit lui-même, une image forte, sobre, sans fioritures ni concessions.

    Stéphanie Romberg et Yann Bridard / © Icare

    Il avait Lucia Lacarra pour partenaire. Cette excellent ballerine danse Carmen fort bien, mais sa maigreur extrême n'est pas un atout. Elle en devient même gênante pour certaines figures, alors que la danse est irréprochable de bout en bout. C'est Clairemarie Osta qui, si elle n'avait eu une préparation un peu abrégée à cause d'une blessure intempestive, serait la plus convaincante actuellement grâce à la rigueur de son travail et à l'intelligence de son approche. Il faudra la revoir dans de meilleures conditions.

    Dans Carmen, les seconds rôles ont une grande importance car ils sont omniprésents. En chefs de brigands féminin, Dorothée Gilbert a été plus que brillante techniquement, avec un superbe impact théâtral. Tout comme ses complices Alexis Renaud et Martin Chaix, ou encore Sébastien Bertaud. Excellent Toréador aussi de Guillaume Charlot, décidément l'une des personnalités marquantes de la compagnie.

    Roland petit est venu en personne saluer avec ses danseurs à la fin de certains spectacles. Ovation, naturellement, pour cet immense créateur dont la jeunesse et l'enthousiasme fascinent et dont les oeuvres, même quand elle ont cinquante ans, montrent où est la vraie modernité en art.




    Palais Garnier, Paris
    Le 11/07/2005
    GĂ©rard MANNONI

    Spectacle consacré à Roland Petit à l'Opéra de Paris.
    L'Arlésienne
    Le Jeune homme et la mort
    Carmen
    Chorégraphies de Roland Petit

    Avec les étoiles, les premiers danseurs et le corps de ballet de l'Opéra national de Paris.

     


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