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L'ACTUALITE DE LA DANSE 01 juin 2020

Quatre soirées de la saison russe du Ballet du Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg au Théâtre du Châtelet, Paris.

Nouvelle danse russe
© Natasha Razina

Le Lac des cygnes par la troupe du Mariinski.

De la saison russe du Châtelet par le Ballet du Mariinski, on attendait beaucoup du Lac des cygnes, comme une sorte de référence. Mais ce sont les programmes du vingtième siècle qui ont finalement le plus étonné dans une programmation copieuse qui marque la renaissance de l'illustre compagnie.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 28/11/2005
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Avec quatre programmes, le ballet du Mariinski Ă©tait la pièce maĂ®tresse de cette nouvelle saison russe du Châtelet. DĂ©jĂ  vu, Casse-noisette selon Simonov et Chemiakin devrait remporter son habituel succès. Bien plus intĂ©ressantes Ă©taient les trois autres soirĂ©es. C'est en effet une nouveautĂ© pour une grande compagnie russe que de pouvoir prĂ©senter des programmes entiers consacrĂ©s Ă  des chorĂ©graphes du XXe siècle amĂ©ricains comme William Forsythe et George Balanchine. L'un comme l'autre demandent un vĂ©ritable apprentissage et l'on ne peut, au rĂ©sultat constatĂ©, qu'admirer l'effort fourni par cette compagnie pour reprendre sa vraie place dans le paysage mondial de la danse.

    © Natasha Razina

    Du programme Forsythe, on retiendra d'abord Steptext où brille la superbe Diana Vichneva entouré d'excellents partenaires, comme Igor Kolb, Andrei Merkourtev ou Maxim Khrebtov. The Verriginous Thrill of exactitude est une pièce moins marquante. En revanche In the Middle somewhat Elevated, créé à l'Opéra de Paris et qui fit la gloire des Sylvie Guillem, Isabelle Guérin et autres stars de génération Noureev, est un vrai défi que les danseurs russes ont relevé avec panache. Leur technique est superbe, leurs qualités athlétiques étonnantes et leur approche du style presque parfaite. Sans doute ont-ils une énergie différente de nos danseurs ou de ceux de Forsythe. Ils apparaissent un plus laxes, un peu plus extérieurs et moins rigoureux, mais, une fois encore, cela reste un travail impressionnant.

    © Natasha Razina

    Même constatation avec le programme Balanchine dont le seul défaut est d'être trop long. Presque quatre heures de spectacle, dont trois entractes de vingt minutes ! On se serait cru revenu au temps des Grands Ballets du Marquis de Cuevas ! Reconnaissons toutefois que les quatre ballets sont choisis avec astuce, bien différents les uns des autres. Austérité et rigueur avec les Quatre tempéraments, théâtre et drame avec le Fils prodigue, évasion dans un romantisme moderne et vaporeux pour la Valse et démonstration de néo-classicisme pur avec Ballet impérial.

    Les danseuses ont des physiques de rêve : longues, fines, avec naturellement des bras exceptionnels. Les garçons sont moins homogènes physiquement, mais on remarque quand même leur solide technique de saut et même de batterie. Difficile de citer des noms, car il règne une certaine fantaisie dans le domaine des distributions, les noms marqués sur le programme ne correspondant pas toujours, à l‘évidence à ceux des danseurs sur le plateau. Une mention toute particulière cependant pour Mikhail Loboukhine, Fils prodigue très théâtral, malgré un costume vraiment bizarre et certainement pas conforme aux maquettes originales de Rouault.

    Le Lac des cygnes / © Natasha Razina

    Pour le Lac des cygnes, on attendait une double référence, celle d'une version bien russe et celle de l'interprétation de Ouliana Lopakhina, annoncée comme la merveille des merveilles. Double déception, il faut bien le reconnaître. Si la compagnie s'est une fois encore montrée magnifique dans les ensembles, si le pas de trois bénéficie d'interprètes raffinés et intelligents, Mademoiselle Lopakhina paraît assez absente et bien trop sophistiquée en cygne blanc et par trop humaine et racoleuse en cygne noir. Certes, la technique est superbe, tout comme la ligne et la qualité du travail. Nous sommes à un très haut niveau, mais rien pour faire oublier les Makarova ou les Tchentchikova, ou chez nous les Nanon Thibon, les Guérin ou les Platel.

    Et puis, la version de Constantin Sergeyev que le Mariinski a adoptée en 1950 est faible, encombrée du personnage omniprésent du Bouffon, ne donnant que la variation du cygne noir au Prince et surtout s'achevant sur un happy end totalement contradictoire avec la musique et la volonté de Tchaïkovski. C'est une version presque caricaturale de celle de Bourmeister qui précéda à Paris celle de Noureev, cette dernière tellement plus intéressante, approfondie, développée, musicale, malgré quelques errements aussi.

    Une très belle compagnie, donc, en pleine évolution, en pleine remontée vers les sommets qu'elle atteindra certainement dans un avenir proche si elle continue sur cette voie.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 28/11/2005
    GĂ©rard MANNONI

    Quatre soirées de la saison russe du Ballet du Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Ballets de William Forsythe, Marius Petipa et George Balanchine
    Ballet du Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg
    Par les Ă©toiles et les danseurs du Mariinski

     


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