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L'ACTUALITE DE LA DANSE 03 juin 2020

Reprise du Lac des cygnes de Tcha√Įkovski dans la chor√©graphie de Noureev √† l'Op√©ra de Paris.

Des cygnes tout neufs
© Maurizio Petrone

Agnès Letestu et José Martinez.

Longue s√©rie de vingt-trois spectacles pour cette reprise du Lac des cygnes de Tcha√Įkovski version Noureev √† l'Op√©ra Bastille. Une occasion pour premiers danseurs et √©toiles de la nouvelle g√©n√©ration d'affronter le plus c√©l√®bre des ballets classiques. Tour d'horizon de quatre diff√©rentes distributions.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 07/01/2006
Gérard MANNONI
 



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  • Avant de se pencher sur les diff√©rentes prises de r√īle qui ont marqu√© cette belle s√©rie de repr√©sentations devant des salles combles de bout en bout, commen√ßons par rendre hommage √† deux de nos plus remarquables √©toiles actuelles dont les spectacles ont d'ailleurs √©t√© film√©s pour donner lieu √† la publication d'un DVD. Il s'agit d'Agn√®s Letestu et de Jos√© Martinez, qui ont l'un comme l'autre fix√© des r√©f√©rences absolues dans les deux r√īles principaux de cette lourde chor√©graphie sign√©e Noureev.

    Avec une technique du plus haut niveau totalement ma√ģtris√©e tant dans la po√©sie des adages que dans la pr√©cision du mimodrame ou dans la pyrotechnie du Cygne noir, Agn√®s Letestu incarne la double h√©ro√Įne de Petipa-Tcha√Įkovski dans la plus brillante tradition de l'Op√©ra. Une interpr√©tation absolument exemplaire qu'il est bon de savoir d√©sormais enregistr√©e.

    Il en va de m√™me pour Jos√© Martinez, qui sait mieux que quiconque donner vie et relief √† la chor√©graphie con√ßue par Noureev pour un Prince perdu dans ses r√™ves, sans cesse √† mi-chemin entre fantasmagorie et r√©alit√©. La puret√© et la po√©sie naturelle de sa danse conf√®rent notamment √† la grande variation lente qui cl√īt le premier acte, une signification humaine et douloureusement po√©tique de toute beaut√©.

    © Maurizio Petrone

    Deux premi√®res danseuses se sont ensuite lanc√©es pour la premi√®re fois de leur carri√®re dans le r√īle d'Odette-Odile. Emilie Cozette a d'incontestables possibilit√©s pour ce r√©pertoire. Grande, belle, tr√®s f√©minine et touchante en cygne blanc dont elle ex√©cute les pas avec fid√©lit√© et un total professionnalisme, elle manque un peu d'√©clat mal√©fique et de s√Ľret√© en Cygne noir. Sur ces bases et compte tenu de la difficult√© de s'affirmer en une seule occasion, elle peut sans aucun doute d√©velopper un travail des plus prometteurs.

    Eleonora Abbagnato, elle aussi un peu dépassé par l'énergie requise pour le Cygne noir, campe en revanche un Cygne blanc d'une beauté exceptionnelle. Elle a l'aura, le rayonnement des grandes ballerines, émouvante sans jamais forcer les effets, dansant avec aisance, belle comme une star de cinéma. Cette expérience devrait lui permettre de surmonter définitivement les écueils techniques qui surgissent dans ce genre de ballets, et dont elle s'était fort bien tirée dans Don Quichotte. Une personnalité de tout premier plan, comme on le savait d'ailleurs déjà.

    Aurélie Dupont et Mathieu Ganio

    Beaucoup plus exp√©riment√©e dans ce grand r√©pertoire, Aur√©lie Dupont abordait pourtant ses premiers Lacs. Tr√®s belle elle aussi, sa technique et sa maturit√© lui ont permis d'imposer d'embl√©e une vision tr√®s compl√®te et tr√®s int√©ressante de son double personnage. On admire la pr√©cision des pas, leur vivacit√© sans nervosit√© qui est celle des grandes √©toiles, les qualit√©s expressives de son interpr√©tation, la puret√© du style, bref tout ce qui fait la grande √©cole fran√ßaise. Son cygne noir est percutant, utilisant √† la perfection tout ce qui dans la chor√©graphie exprime l'image inverse du cygne blanc. Un r√īle √† l'√©vidence fait pour cette magnifique ballerine et o√Ļ elle trouvera encore √† l'avenir mille mani√®res de nous s√©duire et de nous √©mouvoir.

    Elle avait pour partenaire Mathieu Ganio qui lui aussi apparaissait pour la premi√®re fois en Prince. On savait qu'il a par nature le physique id√©al de ce type de r√īle. Il l'a employ√© pour d√©ployer une danse facile, large, onctueuse, d'une grande beaut√© de geste et de mouvement, sans faute de style ni de go√Ľt. Que lui manque-t-il encore ? Seulement cette once de libert√© suppl√©mentaire que la pratique lui apportera et qui lui permettra de camper th√©√Ętralement un personnage plus personnel, plus pr√©sent, m√™me si ce n'est pas facile dans ce ballet.

    Mais pour une premi√®re exp√©rience, il l'a v√©cue comme une authentique √©toile qui va maintenant assumer la rel√®ve de ses illustres a√ģn√©s dans tout ce r√©pertoire si riche mais lourd laiss√© en h√©ritage par Noureev.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 07/01/2006
    Gérard MANNONI

    Reprise du Lac des cygnes de Tcha√Įkovski dans la chor√©graphie de Noureev √† l'Op√©ra de Paris.
    Le Lac des cygnes
    chorégraphie : Rudolf Noureev d'après Marius Petipa
    décors : Ezio Frigerio
    costumes : Franca Squarciapino

    Avec les étoiles, les premiers danseurs et le corps de ballet de l'Opéra national de Paris.

     


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