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L'ACTUALITE DE LA DANSE 03 juin 2020

La Belle au bois dormant de Tchaïkovski dans la chorégraphie de Charles Jude au Grand Théâtre de Bordeaux.

La Belle bordelaise
© Desmesure

Comme à son habitude, Charles Jude programme un grand ballet classique pour la fin d'année au Grand-Théâtre de Bordeaux. Il reprend sa version de la Belle au bois dormant avec une compagnie au grand complet et au meilleur de sa forme, preuve que la danse classique en région trouve fort heureusement toujours sa place.
 

Grand-Théâtre, Bordeaux
Le 18/12/2005
Vincent LE BARON
 



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  • Ballet classique par excellence et par essence, la Belle au bois dormant requiert une compagnie suffisamment chevronnĂ©e et correctement dirigĂ©e pour ĂŞtre dignement prĂ©sentĂ©e. Charles Jude en proposa sa version en l'an 2000, quatre annĂ©es après avoir pris la direction du Ballet de l'OpĂ©ra national de Bordeaux. Cette production connaĂ®t ainsi pour les fĂŞtes de fin d'annĂ©e sa deuxième reprise, offrant pas moins de cinq distributions dans les rĂ´les principaux, l'Ă©toile, les solistes et le corps de ballet ayant rarement apparu en si bonnes conditions physique et artistique.

    La chorégraphie de Charles Jude est héritée de Marius Petipa pour les plus célèbres passages et emprunte quelques ajouts à Rudolf Noureev dont on sait l'influence majeure qu'il eut sur le danseur aujourd'hui directeur. Ce lignage fonctionne également pour les costumes, grâce à la collaboration de Philippe Binot longtemps responsable des ateliers de couture de l'Opéra de Paris. Pour les décors, soulignant au passage l'investissement justifié pour cet apothéose fastueux, Charles Jude renouvelle sa confiance à Giulio Achilli qui s'inspire ingénieusement de gravures de Gustave Doré dont l'univers mystérieux convient parfaitement aux récits de Charles Perrault. Avec une telle concentration de savoir-faire, les danseurs se voient offrir un appareil rêvé, complété par le coaching attentionné de Charles Jude, assisté d'Eric Quilleré depuis 2003.

    Pas de Belle qui tienne sans Aurore qui vaille. Emmanuelle Grizot, l'étoile (unique) du Ballet, assure pour cette matinée les trois actes de ce rôle que certaines danseuses redoutent pour ses chausse-trapes techniques et l'endurance qu'il demande. Rien ne fait obstacle à cette danseuse mûre, aux lignes toujours jeunes. Son interprétation mériterait néanmoins une meilleure gradation, l'héroïne à ses 16 ans ne pouvant apparaître identique après un sommeil de 100 ans, ni le jour de son mariage.

    L'irradiante lumière du Prince d'Igor Yebra

    Son Prince, l'espagnol Igor Yebra séduit immédiatement par son allure et ses proportions. Sa lumière dès son entrée en scène irradie sur l'ensemble du plateau, y compris sur sa partenaire, Yebra Désiré bien nommé. Ce danseur longtemps résident à Madrid chez Victor Ullate trouve avec la compagnie en tant que soliste invité un terrain fertile à son travail d'interprète. Longtemps free-lance international, il complète ainsi son parcours des enseignements d'une école bien française. Au deuxième acte, dans la variation que Jude a en partie reprise de Noureev, il témoigne ainsi de ses progrès. Pour le pas de deux final, il conserve toute sa fraîcheur et administre un manège d'une belle ampleur, et toujours avec le sourire.

    Parmi les meilleurs moments de la Belle, le pas de deux de l'Oiseau Bleu conserve une place de choix. Le volatile se nomme en l'occurrence Roman Mikhalev et s'attire les applaudissements du public pour ses brisés volés. Sa partenaire, l'Ukrainienne Oksana Kucheruk lui vole littéralement la vedette avec des équilibres insolents et une élévation de jambe impressionnante. L'ensemble des contes défilant au troisième acte s'avère charmant dont ce Chaperon Rouge inédit qui ajoute une touche contemporaine incongrue à l'effet réussi.

    Avec l'Orchestre national Bordeaux Aquitaine qui sonne très dignement, le spectacle coupe court à la sinistrose ambiante qui sonne le glas de la danse classique hors de l'Opéra de Paris. Cette réalisation mérite plus de publicité nationale. Il convient d'encourager la compagnie pour qu'elle multiplie les tournées, en France comme à l'étranger. Rendez-vous est néanmoins déjà pris à Bordeaux pour la relecture de Charles Jude de Don Quichotte au mois d'avril.




    Grand-Théâtre, Bordeaux
    Le 18/12/2005
    Vincent LE BARON

    La Belle au bois dormant de Tchaïkovski dans la chorégraphie de Charles Jude au Grand Théâtre de Bordeaux.
    La Belle au bois dormant
    chorégraphie : Charles Jude

    Ballet de l'Opéra National de Bordeaux

     


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