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L'ACTUALITE DE LA DANSE 03 juin 2020

Giselle dans la chorégraphie de Peter Wright à la Royal Opera House, Londres.

Une pâle Giselle
© Bill Cooper

Tamara Rojo (Giselle)

Parmi une saison d'un grand classicisme, le Royal Ballet de Londres débute l'année avec une série de treize représentations de Giselle dans la chorégraphie de Peter Wright. Ce must du ballet romantique apparaît ici un peu poussiéreux, malgré la présence de deux stars parmi les principals de la compagnie : Tamara Rojo et Carlos Acosta.
 

Royal Opera House, Covent Garden, London
Le 13/01/2006
Vincent LE BARON
 



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  • Il est difficile de dĂ©finir aujourd'hui quels sont les tenants les plus orthodoxes de Giselle, chef-d'oeuvre crĂ©Ă© Ă  Paris en 1841, oubliĂ© dans son pays puis transmis par l'entremise de Marius Petipa, chorĂ©graphe fondateur du ballet classique, tout en assurant la transmission de l'hĂ©ritage romantique. En Angleterre, au Royal Ballet, l'authenticitĂ© de la version en cours serait garantie par le travail de Tamara Karsavina avec Marius Petipa, qui a permis Ă  Frederick Ashton et aux gĂ©nĂ©rations consĂ©cutives de ne rien perdre de l'original. Le lignage ainsi posĂ©, l'envie de dĂ©couvrir ou redĂ©couvrir Giselle n'a d'Ă©gale que celle de retrouver Tamara Rojo et Carlos Acosta, deux monstres techniques au partenariat dĂ©sormais bien installĂ©.

    Au premier acte, les décors de John F. Macfarlane séduisent à première vue par leur harmonie de bruns. En revanche, ce même camaïeu pour les costumes, la lourdeur des étoffes et la profusion de fourrures engoncent les danseurs qui s'élancent avec un handicap non négligeable. L'entrée d'Albrecht et de Giselle, saluée comme il se doit, fournit les clés de lecture de ce drame. Tamara Rojo, aussi souriante que sans défense, pâlit plus encore devant Albrecht déguisé en paysan. Le charme latin de Carlos Acosta et sa présence imposante sur scène, parmi les vendangeurs, légitime parfaitement le bouleversement tangible de cette jeune fille pas complètement émancipée de sa mère. Thiago Soares, Hilarion concurrent prétendant, dépasse d'une tête son rival noble cubain.

    © Bill Cooper

    Cette distribution cohérente et prometteuse se trouve un peu dévaluée par le corps de ballet, renforcé d'élèves de la Royal Ballet School, qui se fond sans relief aux décors et participe à peine à l'intrigue. Dans ce huis clos ainsi improvisé, la relation entre Giselle et sa mère (Sandra Conley), occupe une place plus importante. Le mime faisant partie des apanages du ballet britannique, la scène où elle expose le sombre destin des Wilis compte parmi les meilleurs moments de la soirée.

    Pour la danse, Tamara Rojo brille une fois encore par la fermeté de ses appuis et sa giration mais sa variation au premier acte déçoit un peu par le manque d'à-propos du chef d'orchestre invité, le russe Boris Gruzin. La scène de la folie balaie cette réserve, tant l'Espagnole traduit la détresse et la trahison vécues si abruptement.

    Avec Giselle, passé ce vertige tragique à la fin du premier acte, on pénètre en principe dans un monde mystérieux, à l'ambiance recueillie, quasi mystique. L'entrée de Myrtha (Zenaida Yanowsky) n'enthousiasme en rien par une chorégraphie anti-spectaculaire et la courbe du buste, héritage un peu fortuit de Sir Frederick Ashton. L'entrée des Wilis ne rassure en rien, couvertes pendant de trop longues minutes par leur voile et évoluant sans grande cohérence. L'arrivée d'Albrecht puis l'apparition de Giselle se trouvent en partie obstruées par un décor incontestablement trop encombrant pour cet acte qui doit laisser plus de place à la chorégraphie.

    Des ensembles très ternes

    Descendant une rampe en fond de scène, contournant la tombe en milieu de scène, les protagonistes peuvent enfin s'exprimer, mais quel gâchis ! Le fondu de Rojo et la force d'Acosta offrent néanmoins un adage très assuré et ils se répondent adroitement dans leurs variations. Malheureusement, il demeure impossible de faire abstraction des ensembles qui ternissent cette représentation. Certaines productions à Covent Garden, sous couvert de la tradition ou d'une prétendue authenticité affadissent la danse.

    Le ballet classique vit des heures difficiles et cette tendance britannique au conservatisme ne risque pas de promouvoir la transmission Ă  des publics moins assidus.




    Royal Opera House, Covent Garden, London
    Le 13/01/2006
    Vincent LE BARON

    Giselle dans la chorégraphie de Peter Wright à la Royal Opera House, Londres.
    Giselle
    chorégraphie : Peter Wright d'après Jean Coralli et Jules Perrot
    Royal Ballet

     


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