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L'ACTUALITE DE LA DANSE 06 juin 2020

VSPRS, d'Alain Platel par les Ballets C. DE LA B. au Théâtre de la Ville, Paris.

Transe danse
© Chris van der Burght

Intéressant travail sur le mouvement et la musique, ce VSPRS d'Alain Platel, donné en création mondiale au Théâtre de la Ville, ne convainc qu'à moitié, malgré l'excellence de tous les interprètes. Un travail sur la transe qui s'essouffle bien vite une fois passées les vingt premières minutes.
 

Théâtre de la Ville, Paris
Le 16/02/2006
Gérard MANNONI
 



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  • Comme l'avait fait Stravinski pour son Pulcinella à partir de pages de Pergolèse, Alain Platel s'inspire des Vêpres de la Vierge de Monteverdi, revisitées pour l'occasion. Il a choisi pour cela un ensemble regroupant des musiciens venant du baroque, du jazz et des traditions manouches. Le résultat est probant, original, trouvant une nouvelle esthétique, décalée, mais sans vraiment trahir l'esprit ni même parfois la couleur de la musique originale. Une chanteuse, excellente, et tel ou tel musicien, participent d'ailleurs par instant à l'action scénique des danseurs. Mais s'agit-il vraiment de danseurs ? On peut se poser la question devant la technique plutôt circassienne de la plupart d'entre eux. Peu importe, d'ailleurs, puisque ce mélange des disciplines est devenu monnaie courante, avec le plus souvent d'excellents résultats.

    Alain Platel a voulu, nous dit-on, s'inspirer à la fois de la musique de Monteverdi découverte dans sa jeunesse et d'images filmées chez les patients d'un spécialiste des maladies mentales, le docteur Arthur Van Grehuchten, pour recréer des états de transe allant crescendo. L'idée est bonne. À leur manière, Serge Campardon et Florence Faure avaient, au tout début de leur compagnie indépendante à Vevey, entrepris une démarche similaire, associant à leur création les pensionnaires d'un hôpital psychiatrique. Le résultat était beaucoup plus subtil et émouvant que ce que nous venons de voir.

    © Chris van der Burght

    Et pourtant, VSPRS est riche en images fortes, dans une très belle scénographie à la fois décorative et utile à l'action. On admire, une fois encore, les prouesses physiques et parfois vocales des interprètes, leurs incroyables contorsions, leurs interminables tremblements, leurs chutes vertigineuses. Mais de crescendo, il n'y a guère. Au bout d'une vingtaine de minutes, on a quasiment tout vu et tout entendu. On cherche vainement une structure, une construction, une évolution vers quelques paroxysme. Il vient bien vers les dix dernières minutes une sorte de climat de plus en plus tendu, mais on a vraiment l'impression d'avoir vu sans cesse la même chose, à quelques variantes près. C'est décevant à cet égard, malgré la qualité du travail effectué en tous domaines.

    On est forcément conduit à songer au Wolf du même Platel vu à l'Opéra de Paris, spectacle infiniment mieux construit, en dépit de ses quelques faiblesses. VSPRS reste donc une pièce qui retient le plus souvent l'attention, ne serait-ce que dans l'attente qu'il se passe autre chose, mais dont le propos demeure très élitiste. Les défenseurs les plus exclusifs de la création chorégraphique contemporaine n'acceptent pas qu'on parle d'intellectualisation de la danse. Il faut pourtant reconnaître, ne serait-ce qu'à la lecture des textes qui accompagnent la plupart des spectacles un peu partout, qu'il s'agit de plus en plus d'un langage réservé à quelques initiés.

    L'avant-garde et ses éternels mousquetaires n'a-t-elle pas de tout temps, d'ailleurs, considéré un certain hermétisme et même un certain ennui comme la marque du génie ? Rien de nouveau à cet égard !




    Théâtre de la Ville, Paris
    Le 16/02/2006
    Gérard MANNONI

    VSPRS, d'Alain Platel par les Ballets C. DE LA B. au Théâtre de la Ville, Paris.
    VSPRS
    Création mondiale
    concept et mise en scène : Alain Platel
    musique : Fabrizio Cassol (d'après les Vêpres de la Vierge de Monteverdi)
    scénographie : Peter De Blieck
    costumes : Lies Van Asche
    dramaturgie : Hildegarde De Wuyst
    Ballets C .DE LA B.
    Claron McFadden, soprano
    Ensemble Oltremontano
    Aka Moon

     


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