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L'ACTUALITE DE LA DANSE 16 novembre 2018

Reprise de la Bayadère dans la chorégraphie de Rudolf Noureev à l'Opéra de Paris.

La Bayadère 2006 (1) :
Hervé Moreau danseur étoile

© Anne Deniau

Hervé Moreau (Solor)

Belle reprise à l'Opéra Bastille de la version Noureev de la Bayadère qui a valu à Hervé Moreau, premier danseur remplaçant Nicolas le Riche blessé, une nomination d'étoile bien méritée. Une soirée toute particulière pour un artiste qui venait de triompher dans le périlleux rôle de Solor aux côtés d'Aurélie Dupont et Dorothée Gilbert.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 03/03/2006
Gérard MANNONI
 



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  • On s'en doutait un peu ! Lorsqu'on apprit que Nicolas Le Riche initialement prévu auprès d'Aurélie Dupont et de Dorothée Gilbert pour cette première de la reprise de la Bayadère était blessé et serait remplacé par Hervé Moreau, ce dernier semblait tout près d'une nomination qui s'annonçait de toute manière dans un avenir proche. Pur produit de l'École de danse de l'Opéra, grand, très élégant, physique de prince idéal, Hervé Moreau avait déjà paru au meilleur niveau dans différents rôles d'étoile. Mais ici, il lui a fallu apprendre le difficile rôle de Solor qui comporte deux variations très acrobatiques et beaucoup de mimodrame et de jeu théâtral en une dizaine de jours seulement, un vrai défi.

    Il s'impose dès le premier acte, où il y a pourtant peu à danser, par un très beau travail de bras, et une belle compréhension de la technique du mimodrame. Au deuxième acte, il assure avec une apparente sérénité les difficultés techniques de l'adage et de sa variation et, au troisième acte, pourtant en principe le plus périlleux à tous égards, il enflamme réellement le public par son éclat, sa facilité, et une fois encore l'élégance d'un style à la danse large, aisée et souple.

    Quand Gerard Mortier et Brigitte Lefèvre surgissent sur scène aux tous derniers saluts pour annoncer sa nomination, la nouvelle étoile paraît totalement surprise et incapable de comprendre vraiment ce qui lui arrive. Applaudi par tous les autres danseurs sur le plateau, très longuement acclamé par un public vraiment enthousiaste, il devait reconnaître plus tard : « J'avais l'impression d'être le spectateur d'une scène qui ne me concernait pas ! Je voyais Dorothée et Aurélie me regarder en riant et pleurant à la fois. Les autres aussi, mais j'étais totalement abasourdi. Je ne m'attendais pas du tout à être nommé ce soir-là et savourais simplement une impression de détente, heureux d'être arrivé correctement au bout d'un ballet appris si vite. Cette nomination m'a totalement pris par surprise ! »

    © Anne Deniau

    Il pense maintenant pouvoir mieux maîtriser et gérer sa carrière et se montre très conscient des nouvelles responsabilités qui lui incombent, même s'il lui faut encore un peu de temps pour bien assimiler ce qui vient de lui arriver. Ses deux partenaires féminines ont été chacune à leur manière à la hauteur des circonstances. Précise, belle, élégante, poétique, émouvante, Aurélie Dupont est à nouveau une Nikya d'anthologie, portant à leur sommet les plus belles qualités de l'école française, avec en plus cette petite pointe de chic personnel qui la distingue de toute autre ballerine. Aussi bouleversante dans ses danses du deuxième acte qu'étourdissante techniquement dans l'acte des ombres, elle a visiblement contribué au premier chef à la réussite d'Hervé Moreau.

    Quant à la première danseuse Dorothée Gilbert qui abordait le rôle de Gamzatti, elle a confirmé tous les espoirs que l'on met en elle depuis quelque temps. Grande technique, superbe éclat scénique, sens du théâtre, vrai tempérament, c'est une grande nature, exactement le type de ballerine qu'il faut à la danse pour fasciner les publics du XXIe siècle. On a admiré aussi le bel Idole doré d'Emmanuel Thibault, le toujours subjuguant Rajah de Jean-Marie Didière, mais on regrette que les trois premières danseuses en charge des variations du troisième acte paraissent se contenter d'aligner les pas sans chercher à s'en servir pour raconter ou communiquer quelque chose. Elles étaient sans doute plus préoccupées par leurs prises de rôle à venir qui en Gamzatti, qui en Nikya, pour s'intéresser vraiment au spectacle de ce soir-là.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 03/03/2006
    Gérard MANNONI

    Reprise de la Bayadère dans la chorégraphie de Rudolf Noureev à l'Opéra de Paris.
    La Bayadère
    Ballet de Rudolf Noureev d'après Petipa
    décors : Ezio Frigerio
    costumes : Franca Squarciapino
    éclairages : Vinicio Cheli
    Avec les étoiles et le corps de ballet de l'Opéra national de Paris.

     


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