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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

bODY_rMEMIX/vARIATIONS_gOLDBERG de Marie Chouinard au Théâtre de la Ville, Paris.

Pointes et autres fétiches
© Marie Chouinard

Retour de la Canadienne Marie Chouinard au Théâtre de la Ville avec une pièce qui se veut pleine d'excès mais somme toute assez sage. Une chorégraphie contemporaine qui contrairement à l'habitude, ne renie pas le travail de pointes mais le détourne et se l'approprie comme procédé principal du spectacle.
 

Théâtre de la Ville, Paris
Le 28/02/2006
Vincent LE BARON
 



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  • Le travail de Marie Chouinard contient une esthĂ©tique très particulière, illustrĂ©e dès les posters promouvant le spectacle. Deux pieds sur pointes d'une danseuse en seconde s'affichent comme deux armes aiguisĂ©es, prĂŞtes Ă  traverser le tapis de sol ou taquiner le partenaire qui s'y frotte. Marie Chouinard se focalise sur ce qui ne pourrait apparaĂ®tre qu'une technique mais qui pour les danseuses et novices depuis des gĂ©nĂ©rations relève du mythe ou de la torture. Aussi, la pièce dĂ©bute dans sa première partie par un dĂ©filĂ© mixte d'Ă©clopĂ©s, avec pour point commun le port d'un chausson de pointes, femmes et hommes. En appui sur un pied et l'autre sur une bĂ©quille ou un dĂ©ambulateur, les danseurs administrent une diagonale digne de la cour des miracles.

    Les danseuses de la Compagnie Chouinard étonnent par leur aisance sur pointes et leur prise de risque. Assez charpentées, elles témoignent ainsi d'une solide formation et de la volonté assumée de la chorégraphe de mettre en évidence leur technique. Comme Jerome Robbins dans The Cage, elles apparaissent dominatrices et même prédatrices. Les garçons, entorse à l'orthodoxie de leur art, démontrent que le morceau de coton ou de caoutchouc glissé dans le chausson n'est pas un apanage exclusivement féminin. Leur danse, à plusieurs reprises féline voire explicitement lascive contribue à mettre en cause leur virilité.

    L'oeuvre est traversée par un défilé de fétiches et de fétichismes sexuels, corps lacés et dénudés, poitrines à l'air, tétons peinturlurés. L'ensemble dénote une réelle crudité à laquelle le spectateur assidu du Théâtre de la Ville est néanmoins déjà habitué. Partout en Europe mais également en Amérique du Nord réputée plus prude, le sexe fait donc parler et se mouvoir.

    La soirée comprend deux parties, une césure assez rare en danse contemporaine. Au premier rideau, on s'interroge sur la capacité à rebondir ou le contraste possible d'un deuxième tableau. Malheureusement, le propos s'avère identique et par conséquent un peu redondant. Pourquoi ne pas avoir joué plus évidemment sur le classicisme des Variations Goldberg pour les remixer ensuite. Ceci ne ruine pas l'impression positive confirmée quant au travail de cette chorégraphe et de sa compagnie. Pas une contestation parmi le public finalement peu familier de ces pointes et la dame salue du haut de son mètre quatre-vingts, une main au sol et avec des gestes de méditation bouddhiste. A moins qu'il s'agisse d'un rituel indien peut-être annonciateur du printemps de la danse outre-Atlantique.




    Théâtre de la Ville, Paris
    Le 28/02/2006
    Vincent LE BARON

    bODY_rMEMIX/vARIATIONS_gOLDBERG de Marie Chouinard au Théâtre de la Ville, Paris.
    bODY_rMEMIX/vARIATIONS_gOLDBERG
    chorégraphie : Marie Chouinard

    Compagnie Marie Chouinard

     


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