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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Onegin de John Cranko par le Stuttgarter Ballett au Staatstheater de Stuttgart.

Duel en Souabe

Fridemann Vogel (Onegin)

Le Ballet de Stuttgart reprend Onegin de John Cranko, un chef-d'oeuvre de quarante ans qui tient toujours en haleine son public. Une programmation et une distribution de fortune qui font recette dans la capitale du Bade-Wurtemberg, fière et respectueuse du legs du chorégraphe dont l'emprunte marque encore la compagnie, plus de trente ans après sa disparition.
 

Staatstheater, Stuttgart
Le 18/02/2006
Vincent LE BARON
 



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  • Cette saison, Reid Anderson voulant f√™ter ses dix ans de direction du Ballet de Stuttgart a programm√© un nombre et une vari√©t√© de spectacles trop ambitieux. L'affiche Robbins/B√©jart dut ainsi laisser place √† cette reprise d'Onegin, ballet indissociable de l'histoire de la compagnie et familier des danseurs en tourn√©e ces derniers mois. Second al√©a pour cette repr√©sentation, Robert Tewsley, ancien soliste de la compagnie et invit√© pour le r√īle-titre, doit annuler sa participation, laissant la place √† un soliste non sans charisme, le tch√®que Jir√≠ Jelinek.

    Onegin comprend trois actes dont l'intensit√© dramatique et l'efficacit√© chor√©graphique surprennent toujours, une ing√©niosit√© dont Kenneth MacMillan et John Neumeier se souviendront. D√®s la premi√®re sc√®ne, les personnages principaux apparaissent et les caract√®res se dessinent. La Russe Elena Tentchikova surjoue un peu l'insouciance et la ga√ģt√© d'Olga. Il para√ģt m√™me surprenant que le romantique Lenski, interpr√©t√© par Friedemann Vogel, pure merveille de l'√©cole Cranko, puisse rester √©pris et risquer sa vie au deuxi√®me acte pour elle.

    Le r√īle dense et pris√© de Tatiana revient √† Sue Jin Kang, danseuse cor√©enne depuis des ann√©es dans la compagnie. Son temp√©rament tr√®s √©th√©r√© ne correspond pas non plus au souvenir du personnage. Soi-disant absorb√©e par ses lectures ou troubl√©e √† la vue d'Onegin, elle manque d'authenticit√© dans sa composition. Sans d√©m√©riter vraiment, cette soir√©e ne laisse gu√®re un souvenir f√©minin imp√©rissable, √† l'exception du Corps de ballet dont la ligne des danseuses, peut-√™tre avantag√©es par les robes √† taille haute, donne belle allure.

    Un Onegin aux allures de gravure de mode Biedermeier

    La coqueluche du public et non sans raison de la critique se nomme donc Fridemann Vogel. Ce danseur aux nobles proportions, aux traits juvéniles et à la chevelure blonde assez angélique conserve des allures de gravure de mode Biedermeier. Il ne se contente pas de cette plastique avantageuse mais se donne entièrement dans l'interprétation de ce second personnage masculin qui mérite effectivement une telle conviction. Dans la fameuse scène du bal au cours de laquelle Onegin bafoue leur amitié, il transmet son désarroi et sa révolte. À la fois déterminé et fragile avant le duel, il offre également une variation d'une pureté et d'un lyrisme rares. Un premier soliste que le Ballet doit fidéliser de longues années encore comme ambassadeur de son style.

    Autre premier soliste qui fait la fiert√© de son directeur, Jir√≠ Jelinek dont la taille et la d√©termination collent ais√©ment au caract√®re dominateur du personnage pour les deux premiers actes. Son jeu pr√©cis et plein d'√†-propos facilite encore la compr√©hension du public qui n'a pas √† conna√ģtre l'oeuvre de Pouchkine pour cerner son caract√®re odieux et complexe. Au troisi√®me acte, lorsque la dialectique s'inverse au cours ses retrouvailles avec Tatiana, √©pouse aux apparences rang√©es, Jelinek s'av√®re touchant, humili√© et √©plor√© face au refus raisonn√© et regrett√© de Tatiana.

    Le rideau final sur cette scène tragique surprend toujours par sa soudaineté et le génie du chorégraphe, très juste et sobre dans la mise en scène. Pas de redite ou de sentimentalisme dans la narration, une leçon vieille de quarante encore pleine d'enseignements.




    Staatstheater, Stuttgart
    Le 18/02/2006
    Vincent LE BARON

    Onegin de John Cranko par le Stuttgarter Ballett au Staatstheater de Stuttgart.
    Onegin
    chorégraphie : John Cranko

    Stuttgarter Ballett

     


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