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L'ACTUALITE DE LA DANSE 06 juin 2020

Les Créatures, de Thierry Malandain par le Ballet Biarritz au Palais de Chaillot, Paris.

La danse à l'état pur
© Olivier Houeix

Partition mythique car marquée par de grands chorégraphes comme Vigano et Lifar, la musique conçue par Beethoven pour ces Créatures de Prométhée est à la fois une tentation et un piège. Thierry Malandain à succombé à la première sans tomber dans le second.
 

Théâtre National, Chaillot
Le 26/05/2006
Gérard MANNONI
 



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  • Aujourd'hui, marcher dans les pas des plus illustres chorégraphes n'est quasiment plus une audace, à peine un défi. Les relectures sont innombrables. Les réussites ne le sont pas. Thierry Malandain qui, avec raison mais non sans courage, revendique une écriture néoclassique, s'est emparé de cette partition historique qui avait valu à Lifar en 1929 un succès si éclatant que Jacques Rouché l'engagea comme maître de ballet à l'Opéra.

    En ne choisissant pas le parti pris de la laideur, de la crasse ni de la vulgarité, il savait certainement que tout un public snobinard et branché ne se dérangerait pas. Il avait raison de s'en passer. La salle était quand même pleine. Les goûts d'une intelligentsia typiquement française qui applaudit n'importe quoi de peur d'avoir l'air idiote n'ont jamais fait la loi sur la distance. Malandain, donc, a construit un spectacle qui est beau, intelligent, lisible, construit, magistralement chorégraphié et éclairé.

    Considérant que cette musique ouvrait les portes d'un vaste univers mythique bien au-delà de n'importe quel aventure mythologique, il a mis sur scène à la fois une sorte d'histoire de l'humanité et d'histoire de la danse. De manière non directement figurative à quelques exceptions près, apparaissent ainsi Adam et Ève aussi bien que Caïn et Abel, Loï Fuller, Isadora Duncan, ou Giselle, par exemple.

    Ce double voyage a l'avantage d'éviter toute monotonie à cette grande heure de danse pure, car, avec des costumes très sobres, Malandain n'emploie que le langage chorégraphique, à l'exclusion de tout ce dont se servent tant de contemporains : parole, de préférence décalée et absconse, gadgets en tous genres, trop souvent une manière comme une autre de masquer l'incapacité à occuper le temps et l'espace par le seul usage du corps.

    Des pas, des figures, des ensembles, des solos, réglés avec une précision métronomique ne donnant jamais l'impression d'une contrainte, dans un style où, comme chez Mats Ek ou Forsythe, Kylian ou Neumeier, bref, tous les grands néoclassiques actuels, on voit clairement comment le vocabulaire classique peut toujours être utilisé quand on sait le détourner, le développer, le pousser plus loin que les limites acquises, bref le vivre et le faire vivre avec la plus moderne des sensibilités.

    Il faut certes une compagnie rompue à ce travail, non bloquée dans des normes théoriques, mais ouverte à l'esprit d'aventure. C'est rare, mais c‘est le cas du Ballet Biarritz, aux remarquables qualités en tous genres : techniques, théâtrales, sensibles, sans oublier un indéniable sens de l'humour, mais sans gros sabots. Soulignons aussi le somptueux travail de lumières de Jean-Claude Asquié qui entre pour beaucoup dans le rythme général du spectacle, dans sa qualité visuelle et dans le renouvellement des images bâties par le chorégraphe.

    Le très gros succès remporté par ces Créatures était un réconfort pour tous ceux qui croient depuis longtemps en Thierry Malandain, dont le chemin ne fut pas facile dans la jungle de la création contemporaine. Il augure bien, aussi, de la création qu'il fera en octobre dans l'hommage que le Ballet de l'Opéra rendra à Serge Lifar.




    Théâtre National, Chaillot
    Le 26/05/2006
    Gérard MANNONI

    Les Créatures, de Thierry Malandain par le Ballet Biarritz au Palais de Chaillot, Paris.
    Les créatures
    chorégraphie : Thierry Malandain
    musique : Ludwig van Beethoven (Les Créatures de Prométhée)
    décors, costumes Jorge Gallardo
    éclairages : Jean-Claude Asquié
    Avec les danseurs du Ballet Biarritz

     


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