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L'ACTUALITE DE LA DANSE 01 juin 2020

The Rake's Progress, Divertissements et Hommage to the Queen par le Royal Ballet de Londres Ă  Covent Garden.

Anniversaires royaux

Pour son dernier programme de la saison avant de partir en tournée, le Royal Ballet de Londres célèbre dans un même programme l'anniversaire des 80 ans de la Reine, ainsi que les 75 ans de la compagnie. Une soirée dense et éminemment britannique, entre The Rake's Progress, Divertissements et Hommage to the Queen.
 

Royal Opera House, Covent Garden, London
Le 05/06/2006
Vincent LE BARON
 



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  • Le Royal Ballet, après avoir cĂ©lĂ©brĂ© le centenaire de la naissance de Frederick Ashton en 2004, trouve avec l'anniversaire de ses 75 ans une belle opportunitĂ© de mettre en perspective son passĂ©, somme toute assez rĂ©cent, mais riche de traditions.

    La soirée débute et pourrait presque s'achever avec la présence de Dame Ninette de Valois. La fondatrice de la compagnie, directrice éclairée qui traversa le XXe siècle et mourut à l'âge de 102 ans, débuta comme danseuse chez Diaghilev, avant de devenir chorégraphe. Parmi son oeuvre, The Rake's Progress demeure la pièce la plus souvent représentée. Le ballet ne s'apprécie qu'au regard et en connaissance des tableaux de William Hogarth conservés non loin au Musée Sir John Soane. Les peintures ainsi merveilleusement restituées s'animent en six tableaux parfois un peu poussiéreux et longs.

    Heureusement, Johan Kobborg redouble d'intelligence et d'humour pour donner vie à ce personnage douteux et pathétique dans son ascension comme dans sa décadence. Le qualificatif de « danseur de caractère », souvent péjoratif, trouve ici très positivement matière à s'appliquer. Laura Morera dans le rôle de la jeune fille maltraitée émeut malgré le caractère trop répétitif et vraiment larmoyant de la chorégraphie. Cette vaste scène de genre plonge le spectateur dans le XVIIe siècle britannique, fort longtemps avant la création du ballet dans le pays. Ninette de Valois savait mieux que personne combiner passé et présent pour asseoir le futur de la compagnie.

    La seconde partie s'avère passionnante en proposant un ou plusieurs solo ou pas de deux illustrant chaque décennie de l'histoire du Royal Ballet depuis 1930 jusqu'en l'an 2000. Le solo de Job, interprété par Viacheslav Samodourov montre à quel point Dame Ninette de Valois était encore influencée par les Ballets Russes, avec des mouvements latéraux quasiment repris du Faune de Nijinski. Frederick Ashton et Kenneth MacMillan se partagent le plus grand nombre des extraits présentés. Si le pas de deux de Birthday Offering pâtît notamment de la pompe des costumes et de l'épreuve du temps, Rhapsody demeure un enchantement avec Miyako Yoshida plus inspirée que jamais par le lyrisme de Rachmaninov.

    Tamara Rojo et Carlos Acosta enflamment la salle réputée si sage avec la scène du balcon de Romeo and Juliet, tandis que Darcey Bussel et Roberto Bolle offrent une interprétation glaciale et dénuée de toute passion de la scène d'adieux de Winter Dreams. Passé un duo long et répétitif de Wayne McGregor, les danseurs se parent pour leur hommage à la reine.

    Hommage Ă  Elisabeth II

    Hommage to the Queen, pièce de circonstance selon la formule, s'intitule ainsi car Ashton l'accomplit pour le couronnement d'Elisabeth II en 1953. Des quatre éléments et tableaux imaginés, seul Air fut conservé et Monica Mason, directrice du Royal Ballet a fait commande à trois élèves de l'école britannique des autres mouvements. David Bintley s'assure l'adhésion du public avec une chorégraphie très convenue très bien défendue par Leane Benjamin et Federico Bonelli.

    En revanche, Michael Corder, malgré la distribution d'Alina Cojocaru et de Johan Kobborg, cède à tous les clichés pour Eau. Christopher Wheeldon pour Feu s'impose ainsi dans cet exercice de commande à vrai dire assez difficile, notamment à cause de la partition inaudible de Malcolm Arnold. Avant un final kitschissime, Air de Frederick Ashton remet tous ces chorégraphes contemporains, parfois déjà vieillissants, à leur place par l'inventivité de ses pas, Darcey Bussel y triomphe, dans les bras de David Makhateli.

    À cette soirée festive à souhait ne manque plus que la Reine et un hymne national. Sa présence prévue pour le 8 juin fait naturellement le plein au box office. Une pointe d'ironie ou le british paradox, il se dit dans tout Covent Garden que la souveraine déteste le ballet. Joyeux anniversaire ?




    Royal Opera House, Covent Garden, London
    Le 05/06/2006
    Vincent LE BARON

    The Rake's Progress, Divertissements et Hommage to the Queen par le Royal Ballet de Londres Ă  Covent Garden.
    The Rake's Progress
    Divertissements
    Hommage to the Queen

    The Royal Ballet

     


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