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L'ACTUALITE DE LA DANSE 05 juin 2020

May B, de Maguy Marin au Théâtre de la Ville, Paris.

La ballade des gueux
© Claude Bricage

Retour de Maguy Marin au Théâtre de la Ville avec May B, une pièce de vingt-cinq ans au propos intemporel. Une oeuvre saluée unanimement par la critique et les centaines de milliers de spectateurs qui l'ont accompagnée depuis sa création, et qui affirme ce soir plus que jamais son caractère de ballade des gueux.
 

Théâtre de la Ville, Paris
Le 15/11/2006
Vincent LE BARON
 



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  • Maguy Marin a compté parmi les plus grandes révélations de chorégraphes ayant accompagné le mouvement de décentralisation de la danse à partir de 1981. Elle demeure parmi les créateurs majeurs de la danse contemporaine en régions. Son ancrage à Rillieux-la-Pape confirme son militantisme pour un art engagé et proche du citoyen. Fidèle invitée du Théâtre de la Ville, elle affiche May B, une oeuvre-phare créée précisément en 1981, présentée aujourd'hui comme une recréation.

    L'oeuvre débute et se termine dans l'obscurité, sur un Lied de Franz Schubert, une partition sombre et sublime. Lorsque la lumière se fait, on découvre une nature humaine désolée et terrifiée. Les onze danseurs, maculés de matière blanchâtre, parés de nippes sales, se tiennent debout, hagards et provocants par leur détresse face au public.

    Pendant quatre-vingt-dix minutes, les danseurs se meuvent en groupes, les lignes paraissent parfaitement étudiées et respectées, métaphore de l'aspect grégaire de leur destin. Le message éclate malgré l'économie des moyens mis en oeuvre. Chaque geste suffisamment signifiant, parfois répétitif, fait preuve du travail de la compagnie. La chorégraphie peut apparaître minimaliste mais l'enchaînement des tableaux, la structure du groupe et les entrées et sorties de scène rappellent la science du mouvement maîtrisée par Maguy Marin. Sans parallèle excessif, on pourrait comparer ces figures aux plus célèbres actes blancs des grands classiques comme Giselle ou le Lac des cygnes.

    La pièce, très théâtrale, s'inscrit dans l'hommage rendu à Samuel Beckett. Maguy Marin conjugue aisément la force de l'interprétation théâtrale et le mouvement. Les quelques mots, d'une simplicité confondante, ainsi que les paroles incompréhensibles échangées entre les danseurs, parviennent à saluer la mémoire du grand dramaturge anglais célébré à Paris dans plusieurs théâtres.

    Il faut ici saluer la cohérence de la distribution des danseurs. Artistes complets, parfaitement investis dans cet univers plus que désenchanté, ils accomplissent une performance minutieuse et intense d'une heure trente.

    Le public reste attentif à ce ballet d'êtres exclus. La dureté de l'oeuvre semble acceptée par son caractère intemporel et la justesse de l'émotion. En rien il ne s'agit d'une récréation mais cette recréation s'avère essentielle. May B, en dépit de ses maintes représentations, conserve toute son actualité et comme les plus grands classiques, doit être appréciée par chaque génération.




    Théâtre de la Ville, Paris
    Le 15/11/2006
    Vincent LE BARON

    May B, de Maguy Marin au Théâtre de la Ville, Paris.
    May B
    chorégraphie : Maguy Marin

     


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