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L'ACTUALITE DE LA DANSE 01 juin 2020

Reprise du Swan Lake de Matthew Bourne au Théâtre Mogador, Paris.

Un Lac toujours aussi gai

Swan Lake, le blockbuster de Matthew Bourne, revient au Théâtre Mogador de Paris pour « 31 reprĂ©sentations exceptionnelles Â» ainsi que l'annoncent les affiches. L'adaptation du ballet, cĂ©lĂ©brissime depuis plus de dix ans Ă  travers le monde, compte ainsi une deuxième saison parisienne, offrant une distribution plus harmonieuse encore.
 

Théâtre Mogador, Paris
Le 22/11/2006
Vincent LE BARON
 



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  • Pour un danseur et chorĂ©graphe venu tard Ă  la danse, Ă  22 ans, la crĂ©ation et le succès de son Lac des cygnes reprĂ©sentent une source de satisfaction et de profit inouĂŻe. Les ingrĂ©dients de sa recette reposent sur une transposition de l'argument au sein de la couronne britannique ainsi que sur l'inversion des cygnes, icĂ´nes de la ballerine en volatiles masculins musculeux et empreints d'une sexualitĂ© agressive. Matthew Bourne dose savamment l'Ă©quilibre entre parodie, Ă©motion et une connaissance prĂ©cise de l'oeuvre originale. Le public assiste et apprĂ©cie le ballet Ă  diffĂ©rents niveaux de lecture, caractĂ©ristique d'une oeuvre assez universelle.

    Comme pour sa première saison, Bourne distribue des artistes de caractère au jeu désopilant. La Reine, Saranne Curtin, plus castratrice que jamais, conserve un port royal et son attitude rigide et distante à l'égard de son fils s'illustre dans chaque regard et chaque geste retenu. Beaucoup plus complaisante avec sa garde rapprochée, elle est à l'origine, dans un schéma évidemment œdipien, de l'homosexualité de son fils. De même, la fiancée, roturière et littéralement imprésentable du Prince se trouve brillamment interprétée par Nina Goldman. D'un naturel confondant pour la Cour, elle en devient attachante.

    Le rôle du Prince est repris par Simon Williams. Le danseur, plutôt petit et perdu en pyjama de soie dans un lit pour le moins king size, défend avec nuances ce rôle certainement moins noble que l'imagina Marius Petipa mais qui n'est pas sans contenir un certain romantisme. Chez les hommes, Thomas Whitehead, danseur du Royal Ballet à Londres, constitue la meilleure trouvaille de cette reprise. Le corps sculptural, l'attitude animale et séductrice justifie le trouble et la révélation pour le Prince de sa sexualité. Dans son pas de deux avec la Reine, le Cygne parvient à conserver une certaine ambiguïté qui dépasse le jeune homme au sang bleu. Le danseur outre ses qualités d'interprétation s'impose avant tout par l'ampleur de ses mouvements. Si Bourne convainc parfois plus comme metteur en scène que chorégraphe, les passages défendus par Whitehead emportent l'adhésion.

    Le Lac des cygnes figure parmi les ballets des ballets pour ses actes blancs aux ensembles géométriques d'une invention et d'une précision inégalée. Bourne les transpose en groupes masculins sans pastiche mais avec une émotion très estimable. Swan Lake rassemble au final les amateurs de comédies musicales, les balletomanes et un public encore plus large conquis par l'efficacité des shows du Britannique.

    Avec Cabaret, Bagdad Café ou le Chanteur de Mexico, l'automne parisien aura multiplié les spectacles un peu différents. Le box-office semble accueillir positivement ces initiatives plus anglo-saxonnes mais qui renouvellent les piliers du répertoire.




    Théâtre Mogador, Paris
    Le 22/11/2006
    Vincent LE BARON

    Reprise du Swan Lake de Matthew Bourne au Théâtre Mogador, Paris.
    Swan Lake
    chorégraphie : Matthew Bourne

     


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