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L'ACTUALITE DE LA DANSE 03 juin 2020

Reprise de Giselle dans la chorégraphie de Jean Coralli et Jules Perrot à l'Opéra de Paris.

Un couple idéal
© Sébastien Mathé

Aurélie Dupont (Giselle) et Nicolas Le Riche (Albrecht).

On ne s'en lasse pas. Giselle est un ballet que l'on peut revoir indéfiniment, tant les interprètes, quant ils le veulent et le peuvent, y apportent toujours une vie et des couleurs nouvelles. Pour sa 719e représentation à l'Opéra et la 156e dans cette production, le ballet fait un retour à l'affiche étincelant et émouvant pour les fêtes de fin d'année.
 

Palais Garnier, Paris
Le 08/12/2006
Gérard MANNONI
 



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    Ravissante – c'est plus vrai que jamais –, fragile et inspirée, Aurélie Dupont incarne une héroïne d'une troublante sincérité, le visage toujours animé et expressif, vivant le mimodrame de manière fidèle mais contemporaine, sachant en rendre naturelles et crédibles les conventions. On croit au premier acte à son amour, à sa déception, on l'accompagne au second dans sa lutte désespérée pour sauver son bien aimé. La danse est splendide, avec une travail de petites batteries et de pieds étincelant, des bras vivants et expressifs, des arabesques d'une pureté de ligne absolue, une immatérialité cristalline au second acte.

    Nicolas Le Riche lui donne la réplique avec autant de force théâtrale et cette sensualité, naturelle, cette puissance qu'il sait rendre touchante et qui confère une telle personnalité à sa danse. Lui aussi parvient à allier les moyens du théâtre et ceux de la danse, sans rien renier du langage traditionnel mais en y apportant une énergie et une âme bien d'aujourd'hui. Un couple exceptionnel.

    Première danseuse, Émilie Cozette abordait sa première Myrtha, reine de Wilis. La technique est sans faille, avec des pointes très sûres et un saut superbe, une danse ample, mais on peut discuter sa conception du personnage. Myrtha n'est-elle qu'une tueuse glaciale ? Son agressivité meurtrière est tout de même le résultat d'une grande souffrance passée qui donne une autre dimension au personnage si on sait la rendre perceptible et qui n'est pas totalement étrangère à celle de Giselle. Émilie Cozette est depuis quelques mois dans une évolution extrêmement positive et intéressante. Nul doute que la pratique du rôle la poussera à s'interroger sur ce qu'elle peut y mettre de plus ou de différent.

    Distribution de luxe pour le pas de deux des paysans avec deux premiers danseurs, la délicate Myriam Ould Braham et Emmanuel Thibault, dont la technique impeccable est toujours aussi souple, apparemment facile et la joie de danser aussi communicative. C'est un régal que de la voir exécuter cette variation épuisante avec un abattage aussi brillant. Les bataillons de Wilis sont en parfait ordre de combat, les autres rôles tenus aussi avec une volonté de leur donner une vraie vie scénique et l'orchestre nous gratifie de solos de tout premier ordre, notamment à la petite harmonie.

    Malgré d'assez nombreuses blessures chez les étoiles, qui nous privent pour l'instant au moins des adieux que Laurent Hilaire devait faire, de belles distributions sont encore à venir.




    Palais Garnier, Paris
    Le 08/12/2006
    Gérard MANNONI

    Reprise de Giselle dans la chorégraphie de Jean Coralli et Jules Perrot à l'Opéra de Paris.
    Giselle
    Orchestre de l'Opéra national de l'Opéra de Paris
    direction : Paul Connelly
    chorégraphie : Jean Coralli et Jules Perrot transmise par Marius Petipa, adaptée par Patrice Bart et Eugène Polyakov
    musique : Adolphe Adam
    décors et costumes : Alexandre Benois

    Aurélie Dupont (Giselle), Nicolas le Riche (Albrecht), Karl Paquette (Hilarion), Émilie Cozette (la Reine des Wilis), Stéphane Elizabé (Wilfried), Danielle Doussard (Berthe), Richard Wilk (le Prince de Courlande), Nathalie Quernet (Bathilde).

    Avec les premiers danseurs et le corps de ballet de l'Opéra National de Paris.

     


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