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L'ACTUALITE DE LA DANSE 06 juin 2020

Nouvelle distribution pour Giselle à l'Opéra de Paris.

Giselle au-delĂ  de la danse
© SĂ©bastien MathĂ©

Agnès Letestu (Giselle)

Reprise de Giselle après plus de trois ans d'absence à l'affiche de l'Opéra de Paris, son berceau. Agnès Letestu et José Martinez en dansent les rôles principaux avec un art absolu pour le chef-d'oeuvre du ballet romantique français. Une soirée qui connaît également un grand succès public dans une salle comble, comme à chaque programmation de l'oeuvre à Garnier.
 

Palais Garnier, Paris
Le 23/12/2006
Vincent LE BARON
 



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  • 731e reprĂ©sentation de l'oeuvre, voir Giselle Ă  l'OpĂ©ra de Paris tient du rite initiatique ou du rendez-vous incontournable d'une programmation rĂ©ussie. Le ballet crĂ©Ă© en 1841 dans la capitale, malgrĂ© quelque âge noir Ă  la fin du XIXe siècle, constitue l'acmĂ© de la danse française. Pour les solistes comme le corps de ballet, Giselle suscite l'envie et le respect. Aussi, lorsque le spectateur gravit les prestigieuses marches du Palais Garnier, il ressent l'impression de pĂ©nĂ©trer dans le temple de la danse classique pour une cĂ©rĂ©monie majeure.

    Agnès Letestu, Étoile de l'Opéra depuis bientôt dix ans, a abordé le rôle-titre relativement tard, contre l'idée trop répandue que seules les danseuses de petite taille pouvaient l'incarner. Au contraire, on réserve celui de Myrtha, reine des Wilis aux plus élancées. Faisant fi de ces canons d'un âge un peu dépassé, Letestu s'est fondue dans le personnage et sa tradition parisienne avec finesse. Comme dans la plupart des grands ballets classiques qu'elle interprète, elle étonne sans cesse d'invention et de clarté dans le propos.

    Depuis le coup de foudre avec le Prince Albrecht déguisé jusqu'aux supplications de la reine pour épargner l'objet de son amour, la ballerine rend accessible et touchant le récit d'un romantisme universel. La danse et la technique de l'Étoile frisent toujours la perfection, en gommant toutes les difficultés des deux actes et en frappant par la fluidité du mouvement.

    Au premier acte pour lequel la narration est essentielle, elle alterne entre la candeur et le destin tragique de cette paysanne, ainsi loin d'être caricaturée en elfe simplet comme souvent. La scène de la folie jauge les qualités dramatiques d'une danseuse. Celle de mademoiselle Letestu se révèle bouleversante. Tourmentée, pathétique puis livide, elle s'effondre avec justesse. Au second acte, la danseuse assume parfaitement l'univers surnaturel du ballet. Pâle, guidée sans pitié par Myrtha et éperdue d'amour, elle enchaîne les danses avec aisance et inspiration.

    Letestu-Martinez, un couple d'anthologie

    La grâce de cette seconde partie serait amoindrie sans José Martinez avec lequel elle forme un couple d'anthologie. Leur taille parfaitement assortie et les qualités de partenaire du danseur expliquent le côté immatériel de leur composition. Martinez aime également le contraste entre les deux actes. Séducteur et joueur, il achève la première partie avec un amour a priori sincère. Aussi, la transition avec le recueillement sur la tombe de Giselle ne paraît pas incongrue. Au second acte, outre les portés d'une précision rêvée, il enchaîne des variations et une coda brillante sans ostentation, avec la noblesse attendue du Prince et d'une Étoile dans ce rôle.

    Stéphanie Romberg danse Myrtha. La Première Danseuse en a l'autorité naturelle mais après quelques mois d'arrêt, elle peine un peu dans son entrée en scène qui compte il est vrai parmi les plus périlleuses du répertoire. Emmanuel Thibault remporte toujours un succès mérité dans le pas de deux des paysans, accueil proportionnel à son ballon inégalé dans la maison. La toute jeune Aubane Philibert n'a pas à rougir de sa prestation dans ce même divertissement souvent ainsi confié aux espoirs de la compagnie. Sa prise de risque dans la diagonale de la coda lui vaut des applaudissements qui compensent son absence de promotion lors du concours annuel quelques jours auparavant sur cette même scène.

    Giselle remplit l'Opéra Garnier dans ses moindres recoins et la succession de distributions aussi alléchantes que variées n'est pas sans motiver les plus fidèles abonnés. Sans épuiser l'oeuvre, la direction de l'Opéra peut programmer et reprogrammer l'histoire de cette modeste paysanne de Silésie qui fait depuis un siècle et demi rêver les âmes de sept à soixante-dix-sept ans.




    Palais Garnier, Paris
    Le 23/12/2006
    Vincent LE BARON

    Nouvelle distribution pour Giselle à l'Opéra de Paris.
    Giselle
    chorégraphie : Jean Coralli et Jules Perrot

    Ballet de l'Opéra National de Paris

     


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