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L'ACTUALITE DE LA DANSE 03 juin 2020

Concours 2006 du Corps de ballet de l'Opéra de Paris.

Tous en scène !
© SĂ©bastien MathĂ©

Christophe Duquenne (premier danseur)

Moment fort de l'année chorégraphique à l'Opéra de Paris, le concours annuel du Corps de ballet permet toujours de découvrir les valeurs montantes et de constater les progrès de bien de ceux qui ne comptent pas parmi les heureux lauréats. Chronique de deux soirées où les garçons s'avèrent nettement plus marquants que les filles.
 

Palais Garnier, Paris
Le 21/12/2006
GĂ©rard MANNONI
 



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  • DĂ©sormais rĂ©parti sur deux jours, dĂ©cision plus humaine, le concours du Corps de ballet de l'OpĂ©ra national de Paris commence cette annĂ©e par les garçons. Peu de vraies surprises et toujours beaucoup d'admiration pour ceux qui se lancent dans cette Ă©preuve, soit pour monter dans la hiĂ©rarchie, soit pour faire montre de l'Ă©tendue de leur travail. Deux places de coryphĂ©es Ă©taient en jeu. Elles ont Ă©tĂ© attribuĂ©es Ă  deux danseurs Ă  l'Ă©vidente valeur.

    Axel Ibot, 21 ans, est arrivé premier, bien assuré dans la variation imposée, celle du premier acte de Don Quichotte, et brillant dans la Mazurka de Suite en blanc en variation libre. Le jeune Daniel Stokes, 19 ans, a obtenu l'autre poste. C'est justice, car il a une belle danse ample et généreuse. Un regret pour Samuel Murez qui n'a pas été classé parmi les six premiers. C'est pourtant une personnalité, physique de play-boy mais regard malicieux plein d'humour. Il danse bien et méritait nettement mieux.

    Deux sujets

    Deux places de sujet étaient aussi en jeu. Mathias Heyman a obtenu la première après un concours proprement magistral. On peut même dire que c'est lui qui a dominé l'ensemble du concours, toutes catégories confondues, par son aisance, son style, son éclat, aussi bien dans la variation imposée, lente, du premier acte du Lac des cygnes que dans celle de Don Quichotte qu'il avait choisie en variation libre. Un danseur d'exception, sans aucun doute.

    Audric Bezard a obtenu le deuxième poste. Il a passé un beau concours, et on ne peut que le féliciter. Il sera à sa place dans le rang des sujets, mais Sébastien Bertaud, classé troisième, y aurait eu tout autant droit par l'élégance, la musicalité et la rigueur de sa danse. On peut aussi penser que Vincent Chaillet méritait mieux qu'une sixième place. L'un comme l'autre n'ont plus qu'à se remettre tout de suite au travail pour acquérir cet infime supplément de qualité qui devrait séduire le jury de l'an prochain. Ce sont de bien beaux danseurs et l'ensemble des coryphées a d'ailleurs impressionné par sa qualité.

    Premiers danseurs

    Sans surprise, Christophe Duquenne a été nommé premier danseur sur l'unique place en concours. À 35 ans, il a dansé bon nombre de rôles importants, certains de tout premier plan comme le Prince de la Belle au bois dormant ou Roméo. C'est un artiste très sûr, parfaitement professionnel, qui mérite cette promotion et remplira sans faillir son rôle de premier danseur.

    Classé deuxième, Stéphane Bullion aurait aussi mérité ce poste. Plus jeune, il aura d'autres chances sans aucun doute, car c'est aussi une personnalité qui n'est pas commune. La classe des sujets n'a pas été particulièrement impressionnante dans son ensemble cette année, et l'on peut regretter tout de même qu'avec tout le potentiel qu'il a, Bruno Bouché n'ait pu obtenir qu'une sixième place.

    Il est vrai que la variation imposée exigeait, outre beaucoup de technique, un vrai sens du drame, et une capacité à y entrer en quelques instants, puisqu'il s'agissait de celle dansée par Armand au deuxième acte de la Dame aux camélias de John Neumeier, au moment où le jeune homme vient d'être abandonné par Marguerite.

    Des filles sans Ă©clat

    Concours féminin sans grand éclat, avec, dans la classe des quadrilles, une préférence marquée du jury pour les valeurs assurées, au détriment de personnalités plus originales. Ludmila Pagliero et Daphnée Gestin sont donc montées coryphées. À 23 et 25 ans, elles ont déjà fait leurs preuves et tiendront de manière adéquate leur nouvelle place dans la hiérarchie.

    On pouvait néanmoins leur préférer une Aubane Philbert, par exemple, ou une Éléonore Guérineau, à qui une légère surcharge pondérale a dû nuire. La Japonaise Miho Fushi a aussi été oubliée. Elle danse pourtant fort bien, mais on semble ne jamais la remarquer. Bref, comme c'est toujours le cas, le jury a ses raisons que le public ne connaît pas, et il est normal et sain de lui faire confiance, car ceux qui le composent, exception faite des invités, Jean-Christophe Maillot et Alexei Ratmasnki en l'occurrence, connaissent mieux que nous ces danseurs qu'ils voient à longueur d'années.

    Cela n'empêche pas, au fil du temps, quelques erreurs. N'oublions pas que ni Laurent Hilaire ni Manuel Legris ne furent jamais nommés premiers danseurs et furent nommés Étoiles par Rudolf Noureev directement de la classe des sujets. Éric Vu An aussi, quitta sujet l'Opéra de Paris. Mais c'est la loi du genre et cette superbe compagnie a d'autres atouts dans son jeu que cet annuel et indispensable concours, puisque avec raison, on ne tient plus tellement compte de la hiérarchie pour la distribution des rôles, surtout du côté des chorégraphes invités.




    Palais Garnier, Paris
    Le 21/12/2006
    GĂ©rard MANNONI

    Concours 2006 du Corps de ballet de l'Opéra de Paris.
    Concours annuel du Corps de ballet de l'Opéra de Paris
    Avec les quadrilles, les coryphées et les sujets hommes, les quadrilles et les coryphées femmes.

     


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