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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Import / Export de Koen Augustijnen au Théâtre des Abbesses, Paris.

Un Flamand guère rose
© Laurent Philippe

Pour la troisième fois, Koen Augustijnen présente une création au Théâtre des Abbesses. Nouvelle signature confirmée de la danse flamande, le chorégraphe reprend dans Import / Export des ingrédients connus pour un spectacle à la fois étonnant, séduisant et malgré tout un peu choquant, finalement tout à fait dans l'air du temps.
 

Théâtre des Abbesses, Paris
Le 16/01/2007
Vincent LE BARON
 



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  • Jamais deux sans trois, telle pourrait ĂŞtre la devise de GĂ©rard Violette dans la programmation des chorĂ©graphes qu'il accueille dans ses deux théâtre – la Ville et les Abbesses. Koen Augustijnen bĂ©nĂ©ficie du lignage des Ballets C. de la B., un pedigree qui ouvre bien des portes dans le monde de la danse contemporaine. L'influence de ses prĂ©dĂ©cesseurs, d'Alain Platel Ă  Sidi Larbi Cherkaoui, est patente. Pas de contestation possible sur l'existence et l'essence de l'Ă©cole flamande.

    Tout commence par six danseurs qui se balancent, assis, à l'unisson de la musique baroque d'un quatuor à cordes. Comme des culbutos, le mouvement parfaitement maîtrisé impressionne et inquiète par son aspect obsessionnel et par la brutalité contenue qui se dévoile progressivement. La petite scène des Abbesses est obstruée par des caisses et des conteneurs amoncelés dans un bazar organisé, la seule allusion un peu explicite au titre de la pièce : Import / Export.

    Les solos, duos et trios se succèdent ensuite parmi les cinq danseurs distribués par le chorégraphe qui se met également en mouvement. Les corps hétérogènes des quatre garçons et des deux filles étonnent par leur souplesse et leur agilité. Certains affichent une expérience de circassien facilement décelable par leur souplesse et leur agilité à se lancer dans l'espace. Steve Dugardin, contre-ténor à la voix suave et posée humanise la musique des cordes et fait office de danseur joker. Le corps, moins prédisposé à la gestuelle des danseurs, apporte néanmoins une diversité de style et de propos appréciable.

    L'ensemble, ainsi décrit, paraît séduisant mais le chorégraphe force le trait à plusieurs reprises. La description de la violence entre les êtres et les sexes nous vaut des scènes répétitives sur le thème de la mutilation, de l'agression ou de la torture. À l'heure du tout en images, ces clichés chorégraphiés n'apparaissent pas fondamentalement nécessaires. Après quelques polémiques sur l'outrance de certaines représentations il y a deux ans avec Fabre ou Vandekeybus, il était raisonnable d'espérer que nous avions sur ce thème atteint le paroxysme.

    Il faut en revanche et pour finir sur une note positive rendre hommage aux interprètes de ce trublion finalement assez prévisible. Outre la souplesse et la précision du geste transparaît le travail et l'invention de chacun des danseurs qui sans narration à proprement parler, campe un personnage à part entière. Ainsi, l'hispanophone un peu clownesque, la black aux pieds sur terre ou le mutilé miraculé à la fin de la pièce laissent un souvenir fort et attachant. Cette originalité et cette note finale l'emportent pour un public sincèrement enthousiasmé par cette heure et demie de spectacle.

    Import / Export, ou l'exemple d'un Ă©change permanent avec le plat pays qui fait toujours recette.




    Théâtre des Abbesses, Paris
    Le 16/01/2007
    Vincent LE BARON

    Import / Export de Koen Augustijnen au Théâtre des Abbesses, Paris.
    Import / Export
    chorégraphie : Koen Augustijnen

     


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