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L'ACTUALITE DE LA DANSE 01 juin 2020

Quantum-Quintet de Brice Leroux au Théâtre des Abbesses, Paris.

Ballet des Signes
© Olivier Mattelart

Brun bouclé au visage de jeune premier Brice Leroux nous fait depuis le début du XXIe siècle tourner la tête et nous remuer les méninges avec ses pièces nyctalopes où l'hypnose le dispute à l'ennui et vice et versa. Cette dernière, courte et intitulée sans surprise majeure Quantum-Quintet nous donne tout autant le tournis que les autres mais, semble t'il, partage davantage l'opinion.
 

Théâtre des Abbesses, Paris
Le 06/06/2007
François FARGUE
 



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  • Brice Leroux qui en 2004 nous hypnotisait au Théâtre des Abbesses avec, tel un pendule, son incontournable Quasar, nous laisse aujourd'hui avec Quantum-Quintet quelque peu pantois. Une chose est sûre, quoi qu'on en dise, ce quintet est un travail irréprochable, qui touche même à la perfection. On imagine avec admiration et un certain effroi le nombre incalculable d'heures qu'il fallut pour mettre en place une telle synchronie visuelle – et toujours dans le noir qui plus est.

    Quantum-Quintet est en surface exclusivement une danse des bras. Elle est sans nulle doute celle aussi du cerveau ; la concentration doit être phénoménale. Prodigieuse, incroyable. Pour un résultat visuel finalement fort limité et très répétitif indépendamment de toute la force poétique que l'on voudra bien lui attribuer, Quantum-Quintet est une pièce qui attire l'épithète hyperbolique. Car voilà, c'est une pièce avant tout de la virtuosité, une virtuosité certes qui « n'aguiche pas l'ostentatoire Â» comme il est dit dans le programme, mais qui n'en reste pas moins une pièce d'une époustouflante technicité qui d'ailleurs, si l'esprit du spectateur faillit à la dépasser, risque de réduire cet opus à son propre savoir faire et rien de plus.

    On pourrait dans le fond reprocher à cette néo-danse ce qu'à n'en pas douter nombre de ses propres thuriféraires reprocherait au classique : un mécanisme sans âme. On peut sans être un effroyable philistin ne voir en Quantum-Quintet que ce que l'on en voit, à savoir une suite de déclinaisons dans le noir de formes blanches suggérant suivant l'imagination de chacun quelques fragments d'hébreux, un électrocardiogramme, un vol de mouettes à la De Staël et si l'on ne craint pas de trahir son âge, comme une évocation subliminale des néolithiques Frères Jacques logés dans l'inconscient le plus archaïque du très jeune Brice Leroux.

    Tout ça est bien joli et si parfait que ne nous eût il pas été donné de voir au début du spectacle dans une relative pénombre le visage et le corps des interprètes, on aurait pu croire ce ballet des signes composé par simple ordinateur. Si tel était le cas, l'intérêt serait proprement nul. Or la question se pose : en quoi le fait que des bras de chair et d'os imitent la perfection informatique rehausse la valeur de cette représentation, sinon en terme d'exploit physique ? Pour oser une comparaison, des filles font un peu avec leur jambes la même chose au Crazy Horse et on ne s'empresse pas de parler s'agissant de ces demoiselles de lois de l'atome et de physique quantique pour autant.

    Un spectacle déconseillé aux claustrophobes

    Attention, ceci est un spectacle déconseillé aux plus claustrophobes, prévenait le théâtre par le biais d'une affiche. Attention, ceci est aussi une oeuvre éminemment maniaque, maniaque jusqu'à l'obsession et peu recommandée au spectateur un tant soit baroque qui aura à un moment ou à un autre envie d'envoyer une boule dans cette symétrie de quilles. Voici une pièce qui nécessairement enchante d'abord par sa réalisation purement technique mais au-delà par son pouvoir d'hypnose si l'on y est réceptif et plus au-delà encore par sa portée mathématico-métaphysique.

    Elle a, comme souvent ce qui donne peu à voir, la vertu également de déclencher une surenchère d'opinions et flots de prose analytico-poétique. Elle offre suffisamment de vide que se charge de remplir avec délectation la plume des commentateurs les plus inspirés ; et du programme livrons plutôt la conclusion : « l'essentiel est dans l'invisible [
    ] Le vide n'est pas identifiable au néant. Il est porteur de toutes les naissances
     Â» dit l'astrophysicien Michel Cassé.

    Brice Leroux fait entendre toutes les résonances métaphysiques de cette prodigieuse poétique de la matière. Quantum-Quintet serait aussi cela. Et pourquoi pas ?




    Théâtre des Abbesses, Paris
    Le 06/06/2007
    François FARGUE

    Quantum-Quintet de Brice Leroux au Théâtre des Abbesses, Paris.
    Quantum-Quintet
    chorégraphie, scénographie, lumières et costumes : Brice Leroux

    Avec : Isabelle Celer, Wendy Cornu, Krassen Krastev, Brice Leroux, Laure Myers

     


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