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L'ACTUALITE DE LA DANSE 22 septembre 2018

Entrée au répertoire de l'Opéra de Paris de la Fille mal gardée dans la version Ashton.

Une Fille so chic !
© Sébastien Mathé

Mathieu Ganio (Colas)

Entrée au répertoire de l'Opéra de Paris de la version Ashton de la Fille mal gardée. Créé par Dauberval en juillet 1789, ce ballet historique qui a marqué un tournant dans l'histoire de la danse a connu bien des approches chorégraphiques. Celle-ci permet au Ballet de l'Opéra de finir sa saison dans une campagne très chic et bien léchée.
 

Palais Garnier, Paris
Le 26/06/2007
Gérard MANNONI
 



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  • Premier ballet mettant en scène des paysans sur une musique composée d'un assemblage d'airs populaires, la Fille mal gardée avait marqué, quelques jours avant la Révolution, un tournant dans l'histoire de la danse. Le sujet a tenté depuis de multiples chorégraphes, sur de multiples partitions recomposées. L'Opéra de Paris possédait déjà une version Lazzini, intégrée en 1987 et dansée alors par Florence Clerc et Jean-Yves Lormeau, et celle montée par Claude Bessy pour l'École de danse et où s'illustrèrent bien des élèves devenus célèbres depuis.

    En voici donc une troisième. Elle est charmante, avec des très jolis pas de deux, des variations fort difficiles à danser et deux rôles de caractères très réussis, celui de la Mère Simone et du benêt Alain. En fait, ce qui frappe le plus, c'est qu'on retrouve ici un schéma totalement annonciateur de celui de Giselle, mais, naturellement, sur le mode comique
    encore que ce malheureux Alain soit bien touchant et presque plus sympathique que le sexy Colas.

    Surtout que Simon Valastro en donne une interprétation magistrale de drôlerie et de danse décalée, en faisant aussi un personnage complexe, à la fois naïf et pervers, assez inquiétant mais touchant dans sa déception, comme certains Hilarion dont on se demande pourquoi ils n'attendrissent pas Giselle. Et puis, il y a les danses campagnardes, la mère omniprésente, le beau jeune homme surgi de nulle part, sans oublier que tout cela se passe ici dans la joie la plus légère et la plus superficielle. Pas de Wilis ni de mort, si ce n'est, peut-être celle de l'âme un peu ratée d'Alain.

     Dorothée Gilbert (Lise) et Nicolas Le Riche (Colas) / © Sébastien Mathé

    Cette parenté est d'ailleurs soulignée par la personnalité des Étoiles masculines de ces deux distributions. Somptueux danseurs l'un comme l'autre, virtuosité éblouissante et charme ravageur, Mathieu Ganio et Nicolas Le Riche apparaissent beaucoup plus comme de séduisants châtelains que comme le petit paysan un peu déluré, un peu voyou, auquel Mère Simone ne veut pas donner sa fille.

    Vêtus comme des princes, avec leur allure et leur gestuelle de danseurs nobles, ils ne parviennent guère à faire croire qu'ils appartiennent à la même classe sociale que celle de Lise et de sa mère. C'est un peu dommage pour la crédibilité de l'histoire et l'on peut penser qu'un Alessio Carbone qui doit danser le rôle plus tard en juillet sera mieux adapté au personnage. Reconnaissons néanmoins qu'en 1987, Lormeau aussi était plutôt danseur noble, mais sans doute avec plus de capacité à composer.

    Face à ces deux stars, l'Opéra a distribué deux merveilleuses ballerines, l'une Première Danseuse, Dorothée Gilbert, l'autre Sujet, Mathilde Froustey. Face à Mathieu Ganio, Mathilde Froustey confirme bien qu'elle est l'une des valeurs absolument sûres de la compagnie. Ravissante, menue, très jolis pieds, bras superbes, c'est une « danseuse qui danse », c'est-à-dire dont aucun pas ni aucun geste n'est indifférent ni mécanique.

    Autre perle de la compagnie, Dorothée Gilbert a les mêmes qualités, avec juste un peu plus d'assurance. Charme, aisance technique, esprit, expressions du visage, ces deux jeunes personnes ont vraiment un ensemble de qualités qui font plaisir à voir et rassurent sur le potentiel actuel du ballet et sur son avenir.

    Si Laurent Novis campe une Mère Simone fort drôle mais assez agressive et presque trop sévère, Michael Denard, lui, incarne une dame campagnarde plus luronne, plus joviale, qui a bien vécu et tient à continuer autant que faire se peut. On voit que Denard est aussi acteur de théâtre, notamment dans les multiples intentions exprimées par son visage. Chacune dans leur style, ces deux compositions sont irrésistibles de drôlerie.

    Une production tout en joliesse

    Que dire de la production elle-même, sinon que ces décors venus de l'Opéra de Vienne sont « jolis », que les costumes sont « jolis » et frais, que tout cela fleure bon la crème fraîche et le beurre frais, que tout le monde fait de son mieux pour s'amuser et que le public à majorité touristique en cette saison semble s'amuser aussi beaucoup et apprécier ce « joli » spectacle ?

    Les habitués sont en droit d'avoir une pensée émue pour les Joyaux et les Lac des cygnes dont bénéficient pendant ce temps les Australiens qui font un triomphe aux deux tiers de la compagnie effectuant la première tournée de son histoire à Sydney.




    Palais Garnier, Paris
    Le 26/06/2007
    Gérard MANNONI

    Entrée au répertoire de l'Opéra de Paris de la Fille mal gardée dans la version Ashton.
    La Fille mal gardée, ballet d'après Dauberval
    musique : Louis Joseph Ferdinand Hérold
    arrangements : John Lanchbery
    chorégraphie : Frederick Ashton
    décors et costumes : Osbert Lancaster
    éclairages : George Thomson

    Orchestre de l'Opéra national de Paris
    direction : Barry Wordsworth

    Avec :
    Dorothée Gilbert, Mathilde Froustey, Mathieu Ganio, Nicolas le Riche, Laurent Novis, Michael Denard, Simon Valestro et les danseurs du Ballet de l'Opéra national de Paris.

     


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