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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

La Merce Cunningham Company au Théâtre de la Ville, Paris.

Le génie d'un précurseur
© Anna Finke

eyeSpace

En trois pièces assez brèves, ce programme de la Merce Cunningham Company, fidèle à ses rendez-vous du Théâtre de la Ville, rappelle le caractère avant-gardiste d'une oeuvre toujours plus moderne que la majorité des créations actuelles. Un vrai moment de bonheur, avec en prime une expérimentation d'ordre auditif tout à fait salutaire.
 

Théâtre de la Ville, Paris
Le 04/12/2007
Gérard MANNONI
 



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  • Nous promenant de 1960 à 2006, en passant par 1993, ce programme est à la fois un immense plaisir visuel et un rappel historique important. Deuxième pièce de la soirée, Crises, sur une musique de Conlon Nancarrow, est une merveille d'invention constante. Ce que font les cinq interprètes est une surprise permanente. Il n'arrive jamais ce que l'on attendrait, ni dans le mouvement des corps, ni dans les gestes, ni dans les attitudes, ni dans les rencontres, ni même dans les entrées et les sorties de scène.

    Tout se déroule comme par magie dans une harmonie permanente où les idées nouvelles jaillissent, se marient, se côtoient, sans jamais se gêner. Il y a là en outre les mille germes qui se développèrent si efficacement depuis. Recréées par Megan Byrne, les lumières contribuent évidemment à ce miracle.

    De 1993, CRWDSPCR, avec une musique de John King, montre précisément comment Cunningham a su tirer parti de toutes les idées qui bouillonnaient dans sa tête. La pièce est d'une belle rigueur, souvent très poétique, dans une gestuelle qui pourrait sembler parfois mécanique si tout ne se déroulait avec une telle fluidité, une telle onctuosité, une telle maîtrise dans l'art de rendre chaque corps indépendant et pourtant solidaire de l'ensemble. Tout cela est vivant, vivifiant, tout simplement beau car c'est l'esprit de la danse même qui est animé devant nous par le génial créateur. Les interprètes sont d'une présence et d'une générosité exemplaires.

    Objet de toutes les curiosités et de toutes les attentes, eyeSpace, de 2006, donné ici en création française, avec une musique pour iPods de Mikel Rouse, avait de fait son originalité. Au lieu d'écouter une bande son diffusée globalement dans la salle, chaque spectateur pouvait se procurer à l'entrer un iPod – dûment rendu à la sortie – qui lui diffuserait une musique particulière, différente pour chacun, la musique tournant en boucle de manière aléatoire.

    Côté danse, on n'a rien vu de très nouveau, tout en admirant l'étonnante vitalité de Cunningham, intacte comme au premier jour. La touchante silhouette venant saluer en fauteuil roulant était-elle donc l'auteur d'une pièce aussi tonique, colorée et jeune d'esprit ? Mais oui, indubitablement ! Côté musique, l'expérience iPod se révéla plus amusante que vraiment indispensable, rappelant que dans ce type de création, la musique est indépendante de la chorégraphie, ou l'inverse. Mais on le sait depuis longtemps. Un avantage pourtant : la possibilité de régler soi-même l'intensité sonore. Une vraie bénédiction, en ces temps où la danse contemporaine vous détruit à coups de décibels.




    Jusqu'au dimanche 9 décembre.




    Théâtre de la Ville, Paris
    Le 04/12/2007
    Gérard MANNONI

    La Merce Cunningham Company au Théâtre de la Ville, Paris.
    Crises
    CRWDSPCR
    eyeSpace
    chorégraphies : Merce Cunningham

    Par les danseurs de la Merce Cunningham Company

     


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