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L'ACTUALITE DE LA DANSE 03 juin 2020

Reprise de Paquita de Pierre Lacotte à l'Opéra de Paris.

La joie de danser
© Cosimo Mirco Magliocca

Spectacle idéal en cette période de fêtes, le Paquita de Pierre Lacotte repris dans les ors du Palais Garnier est plus que jamais une vraie fête de la danse. Solistes et Corps de Ballet y rivalisent de technique, de charme et de plaisir de danser, avec beaucoup de générosité, grâce notamment à l'éblouissant couple vedette Dorothée Gilbert-Manuel Legris.
 

Palais Garnier, Paris
Le 15/12/2007
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Bien sĂ»r, la musique de Paquita n'est pas celle du Sacre du printemps ni de Casse-Noisette. On le sait bien. Elle est fonctionnelle, tonique, toujours en situation et bien souvent non dĂ©nuĂ©e de sĂ©duction. Cela dit, la danse compense largement ce que d'aucuns considèrent comme un inconvĂ©nient. Car une fois encore, et malgrĂ© le stress du concours annuel tout proche, les danseurs de l'OpĂ©ra donnent une somptueuse dĂ©monstration de leur professionnalisme, de leur envie de danser, de la rigueur de leur travail.

    Les ensembles, nombreux et complexes, concoctés par l'inventif Pierre Lacotte, sont en ordre parfait. Alignements, diagonales ou entrées de groupes prennent alors leur signification théâtrale, car tout cela n'était pas agencé sans raison précise à la grande époque du ballet romantique et académique dont Pierre Lacotte a toujours su si bien retrouver l'esprit et les vraies racines. Quadrilles, coryphées, sujets, tout le monde se lance avec enthousiasme et une joie de danser très communicative. S'ils ne la ressentent pas vraiment, ils savent bien l'imiter !

    Un grand ballet comme celui-ci permet à de nombreux danseurs de s'exprimer de mille manières : pas de trois, pas de quatre, rôles de caractère. Muriel Zusperreguy et Laurène Levy entourent Mathias Heymann dans le pas de trois du premier acte. La première est toujours très sûre, très précise, avec une danse brillante, la seconde a du charme mais aussi encore de la fragilité. Quant à Heymann, c'est vraiment une nature incroyable : stupéfiant d'aisance, de facilité, avec des jambes et des pieds superbes et l'abattage naturel des grandes personnalités de la scène.

    Belle présence aussi de Mathilde Froustey dans ses différentes apparitions. Voici également un vrai tempérament de ballerine, fait de force et de délicatesse, avec une grâce spontanée et une énergie exceptionnelles. Et quelles belles silhouettes que celles des deux officiers du deuxième acte, Guillaume Charlot et Gregory Dominiak, danseurs avec un vrai potentiel, dont le premier a su déjà tirer un intéressant parti, mais que le second tarde à valoriser !

    Une compagnie où les personnalités ne manquent pas à tous niveaux, puisqu'au cours des différentes distributions de cette série, on verra plusieurs membres du Corps de Ballet tenir les emplois d'Étoiles, parfois comme partenaires des plus illustres ballerines, comme ce sera le cas par exemple du Sujet Florian Magnenet avec Agnès Letestu, ou de Stéphane Bullion avec la jeune Étoile Émilie Cozette.

    L'irremplaçable Jean-Marie Didière

    Et puis, on retrouve Jean-Marie Didière dans le rôle du très méchant Don Lopez de Mendoza. On le répète sans cesse, mais avec joie : il reste irremplaçable aujourd'hui dans ce type d'emploi, grâce à un sens inné du théâtre et à une authentique intelligence musicale qui lui permet de faire vivre le mimodrame en parfaite adéquation avec la musique. Autre méchant pas sympathique du tout, l'excellent Gil Isoart, virtuose, futé, astucieux, dans la très amusante composition du personnage d'Inigo.

    Dans les deux rôles principaux, qui rêver de mieux que le couple vedette actuel, Dorothée Gilbert et Manuel Legris ? Ils ont la technique ébouriffante qu'il faut pour mettre en valeur l'éclat d'une chorégraphie très complexe et abondante, du charme à revendre, et un enthousiasme communicatif, inaltérable, permanent. Quant à la qualité du travail dans le moindre détail, c'est ce que l'école classique peut proposer de plus convaincant, de plus séduisant. On comprend, en les voyant, la portée, la signification théâtrale et dramatique de tout ce qui pourrait n'être qu'exploit physique. Un grand, un immense plaisir plane sur toute cette soirée.




    Palais Garnier, jusqu'au 30 décembre.




    Palais Garnier, Paris
    Le 15/12/2007
    GĂ©rard MANNONI

    Reprise de Paquita de Pierre Lacotte à l'Opéra de Paris.
    Paquita, ballet en deux actes
    Livret de Paul Foucher et Joseph Mazilier
    musique : Édouard Marie Deldevez et Ludwig Minkus (version réalisée par David Coleman)
    adaptation et chorégraphie : Pierre Lacotte (Opéra national de Paris, 2001) d'après Joseph Mazilier et Marius Petipa
    décors et costumes : Luisa Spinatelli
    Ă©clairages : Philippe Albaric
    Orchestre Colonne
    direction : Paul Connelly

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l'Opéra national de Paris.

     


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