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L'ACTUALITE DE LA DANSE 01 juin 2020

Adieux du danseur Étoile Wilfried Romoli au ballet de l’Opéra national de Paris.

Une Étoile en mutation
© SĂ©bastien MathĂ©

Quand un danseur Étoile fait ses adieux, une page tourne dans sa carrière. Mais une autre s’ouvre presque toujours. Wilfried Romoli vient, selon la tradition, de vivre ce moment fort à l’Opéra Bastille. L’École de danse de l’Opéra l’attend désormais pour de nouvelles tâches, moins médiatiques mais non moins exaltantes. Une seconde vie l'attend...
 

Opéra Bastille, Paris
Le 06/05/2008
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Un quart d’heure de standing ovation Ă  l’issue de la reprĂ©sentation du spectacle Balanchine-Noureev-Forsythe et mĂŞme Preljocaj pour l’occasion : Wilfried Romoli, très Ă©mu, et on le comprend, n’en finit pas de saluer sous une pluie de confetti argentĂ©s. Devant lui, la salle debout et derrière lui la quasi totalitĂ© des Étoiles, une grande partie du Corps de Ballet et de l’administration de la danse, Brigitte Lefèvre n’étant pas la moins enthousiaste. Un grand moment, bien sĂ»r, avec cette chaleur humaine, cette impression d’amitiĂ© partagĂ©e dans la passion qui caractĂ©rise le monde de la danse sous son meilleur jour. Et puis, au septième Ă©tage du théâtre, la fĂŞte se prolonge avec la ministre de la Culture qui remet au danseur les insignes de Commandeur dans l’ordre des Arts et Lettres.

    Pour ces Adieux à la scène, Romoli avait choisi de danser, outre le Flegmatique des Quatre Tempéraments de Balanchine figurant au programme, Un trait d’union d’Angelin Preljocaj, qui lui permettait de partager cette ultime apparition avec son grand ami Laurent Hilaire, aujourd’hui maître de ballet de la compagnie et paraissant ici comme Étoile invitée.

    Beau moment de danse, de fraternité artistique, rappelant un flot de souvenirs à tous ceux qui ont vu croître la belle carrière de Wilfried. Nommé Étoile tardivement, à 42 ans, sans que l’on comprenne pourquoi on ait tant attendu, Romoli a quasiment tout dansé dans le répertoire que la compagnie pratique depuis qu’il y entra en 1979. Du plus classique au plus contemporain, il y a affirmé une personnalité bien particulière, avec un investissement profond, un professionnalisme absolu qui séduisaient d’emblée tous les chorégraphes invités.

    Avec Kader BĂ©larbi qui fera ses adieux le 13 juillet et Manuel Legris qui est encore lĂ  pour une bonne annĂ©e, il fait partie des derniers vrais reprĂ©sentants de la « gĂ©nĂ©ration Noureev Â» qui nous fit tant rĂŞver et qui nous a procurĂ© d’incomparables moments d’émotion artistique. Aussi sympathique Ă  la ville qu’attachant sur scène, père de deux enfants, Wilfried Romoli est de ces danseurs que l’on aime et que l’on admire pour ce qu’ils sont autant que pour ce qu’ils font. Il va dĂ©sormais entreprendre une carrière de pĂ©dagogue Ă  l’École de danse dont Elisabeth Platel lui ouvre les portes avec l’intelligence et la gĂ©nĂ©rositĂ© qui la caractĂ©risent. Il y fera merveille.

    Presque achevée, cette belle et longue série de spectacles aura permis de mettre en valeur bien des membres du Corps de Ballet. Il est difficile de parler de tous ceux qui se sont succédé dans ces trois ballets, mais on peut néanmoins en distinguer certains. Comment, en effet ne pas rappeler l’émergence persistante d’un Mathias Heymann, Mélancolique des Quatre Tempéraments dont la danse est la poésie, la facilité, l’élégance personnifiées ? Du talent à l’état pur. Comme celui de Mathilde Froustey, dans Balanchine également. Une vraie ballerine, vive, raffinée, musicale, précise, qui devrait bien être Première Danseuse.

    Avec Raymonda, Isabelle Ciaravolla a trouvé l’un de ses meilleurs emplois. Très belle, exacte jusqu’au bout des pointes, elle a dansé la célèbre variation avec un abattage et une sensualité remarquables. Présent avec la même efficacité dans Balanchine et dans Forsythe, Karl Paquette a assuré comme toujours avec éclat ses rôles… et ceux des autres, les blessés multiples. Delphine Moussin, Eleonora Abbagnato, Mélanie Hurel ont aussi démontré la diversité de leur talent en passant brillamment du classique au contemporain.

    Un beau couple à mentionner dans Raymonda, celui formé par la toute nouvelle Première Danseuse Eve Grinsztajn et Bruno Bouché : de l’allure, une belle technique, du charme. Et puis, il y avait Dorothée Gilbert, irrésistible comme toujours, Christophe Duquesne, lui aussi toujours très assuré et rassurant, Alessio Carbone, si vif, si tonique, plein d’esprit, très véloce techniquement, et des membres du Corps de Ballet comme Sébastien Bertaud, Axel Ibot, Gregory Dominiak, Simon Valastro, Laura Hecquet, illustrant tous le niveau d’excellence de la compagnie et prêts à assurer l’indispensable relève.

    La compagnie va maintenant partir pour inaugurer le nouvel Opéra de Pékin, puis deux grands spectacles termineront la saison, la Dame aux camélias de John Neumeier au Palais Garnier et Signes de Carolyn Carlson à l’Opéra Bastille.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 06/05/2008
    GĂ©rard MANNONI

    Adieux du danseur Étoile Wilfried Romoli au ballet de l’Opéra national de Paris.
    Adieux de Wilfried Romoli au ballet de l’Opéra national de Paris lors d’une représentation du spectacle Balanchine-Noureev-Forsythe.
     


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