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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Reprise de la Dame aux camélias de John Neumeier à l’Opéra de Paris.

Sauvetage de luxe
© Anne Deniau

Agnès Letestu et Hervé Moreau

Entrée au répertoire en 2006, la Dame aux camélias selon John Neumeier revient à l’affiche de l’Opéra de Paris. Plusieurs distributions sont annoncées et pour cette première soirée, on retrouve les Étoiles Agnès Letestu et Hervé Moreau, avec même, pour le troisième acte, les Premiers Danseurs Isabelle Ciaravola et Stéphane Bullion, Moreau s’étant blessé et ne pouvant terminer le spectacle.
 

Palais Garnier, Paris
Le 21/06/2008
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Ce n’est pas le première fois que cela se produit, mais c’est quand mĂŞme l’apanage des grandes compagnies que de pouvoir achever Ă  ce niveau d’interprĂ©tation un spectacle aussi lourd en remplaçant en cours de soirĂ©e les deux principaux protagonistes. Les deux premiers actes s’étaient dĂ©roulĂ©s de façon magique, lorsqu’au dernier tableau du II, HervĂ© Moreau, titulaire du rĂ´le d’Armand, heurta du genou un projecteur en sortant de scène Ă  l’issue d’une diagonale frĂ©nĂ©tiquement courue.

    On ne se rendit bien sûr compte de rien, mais avant le lever de rideau du troisième acte, Brigitte Lefèvre, directrice du ballet, vint annoncer qu’en conséquence, Isabelle Ciaravola et Stéphane Bullion qui n’étaient pas affichés avant le 3 juillet, permettraient au spectacle de s’achever.

    Avec un panache magnifique, ces deux Premiers Danseurs se sont donc jetés avec douze jours d’avance dans les rôles qu’ils n’avaient jamais filés sur scène. Il y a encore beaucoup à danser et à jouer dans cet acte ultime. Ils furent irréprochables. Nous reviendrons sur leur interprétation de la totalité du ballet après la soirée du 3 juillet, dont ils nous ont donné un avant-goût des plus convaincants.

    Cette Dame aux camélias est un ballet complexe, à la structure originale. Puisant à la fois dans le roman, dans la pièce et dans la vie réelle de Dumas, John Neumeier a inclus des séquences dansées de l’histoire de Manon où les héros voient leur propre destin de façon prémonitoire. Tour à tour parodiques et dramatiques, ces séquences sont magistralement assumées par les Étoiles Delphine Moussin et José Martinez, jouant sur les artifices du mime puis sur le geste d’une tragédie plus réaliste avec une maestria et une intelligence de chaque instant.

    Rappelons que toute la musique du ballet est empruntée à l’œuvre de Chopin, piano seul et piano et orchestre, défendue par deux excellents pianistes, Emmanuel Strosser et Frédéric Vaysse-Knitter, et par Michael Scmidtsdorff à la tête de l’Orchestre de l’Opéra national de Paris.

    La chorégraphie de John Neumeier est très complexe, très technique, voire athlétique, avec notamment des portés plus que périlleux mais d’un effet irrésistible. Elle est très émotionnelle aussi, intercalant avec une grande habileté passage très dansés et passages plus dramatiques.

    Rien n’y est indifférent et Agnès Letestu, d’une confondante beauté, Hervé Moreau, d’un romantisme absolu, en sont les interprètes aussi inspirés que flamboyants, aussi touchants dans le geste théâtral que grisant dans la virtuosité chorégraphique. Une sorte de couple idéal, vrai, raffiné, expressif, jouant précisément de l’émotionnel sans excès d’émotion, comme on en a vu au cinéma ou au théâtre, parfois, mais pas si souvent, dans ce drame mythique.

    À leurs côtés, l’Étoile Dorothée Gilbert fait une étincelante prise de rôle en Prudence, cette amie qui est à la fois l’instrument de l’union de Marguerite et d’Armand et de leur malheur. Elle a de l’humour, de l’éclat et toujours cette danse superbe que l’on ne cesse d’admirer. Très belle présence aussi de Karl Paquette en Gaston Rieux, tonique, beau, virevoltant, totalement exact dans ce personnage à la fois léger, dangereux et sympathique.

    Et il faudrait aussi citer Eve Grinsztajn – le nom le plus difficile à prononcer de la compagnie, mais une ravissante personne ! – en Olympia, le si drôle Simon Valastro en Comte de N. Dans les somptueux et multiples costumes de Jürgen Rose, tout le Corps de Ballet s’investit pleinement dans cette œuvre difficile, où chacun doit créer par sa danse des personnages d’une vraie dimension théâtrale.

    En espérant qu’Hervé Moreau sera promptement remis de son accident et en attendant les autres distributions, on ne peut que se féliciter que la saison de danse de Garnier s’achève sur des soirées d’une telle ampleur et d’un tel niveau artistique.




    Palais Garnier, jusqu’au 12 juillet.




    Palais Garnier, Paris
    Le 21/06/2008
    GĂ©rard MANNONI

    Reprise de la Dame aux camélias de John Neumeier à l’Opéra de Paris.
    La Dame aux camélias
    chorégraphie : John Neumeier
    décors et costumes : Jürgen Rose
    Ă©clairages : Rolf Warter

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l’Opéra national de Paris.

     


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