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L'ACTUALITE DE LA DANSE 30 mai 2020

Carmen d’Antonio Gadès et Carlos Saura au Théâtre national de Chaillot, Paris.

Carmen sans une ride

Créée en 1983, cette vision de Carmen par Antonio Gadès que propose en ouverture de saison le Palais de Chaillot de Paris a parcouru le monde et tous les théâtres pendant un quart de siècle sans rien perdre de son impact ni de son originalité. Même s’il faut bien reconnaître que Gadès et Hoyos sont irremplaçables.
 

Théâtre national de Chaillot, Paris
Le 17/09/2008
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Inutile de se lancer dans d’infinies et subtiles comparaisons. Antonio Gadès et Cristina Hoyos Ă©taient des stars de la danse espagnole, des personnalitĂ©s hors du commun, hors du temps, impossibles Ă  Ă©galer. Les actuels dĂ©tenteurs des rĂ´les de Carmen et de Don JosĂ© qu’ils créèrent ne dĂ©mĂ©ritent nullement. Il leur manque seulement l’aura des artistes d’exception, ce plus qui fait les Étoiles en danse classique.

    Mais l’essentiel n’est pas là et rien ne sert de rêver toujours à un passé révolu. Ce qui frappe, c’est à quel point cette approche de l’œuvre de Mérimée reste forte, originale, vivante, à quel point elle nous concerne toujours si profondément. C’est certainement, avec la version elle aussi très elliptique de Roland Petit, la meilleure traduction chorégraphique de cette histoire cruelle et éternelle. Plus proche de Mérimée que la Carmen de Bizet, celle-ci emprunte sa musique tantôt à l’opéra tantôt au flamenco pur, ce qui permet de très efficaces changements de climat et structure le récit.

    Car tout est dit par la danse : les amours, les affrontements, les erreurs, les faiblesses et les forces de ces personnages, sans que le costume ne joue jamais un rôle prépondérant. Robes adéquates bien sûr, mais tenues de travail pour les hommes, avec juste ce qu’il faudra de couleur locale au moment décisif. On admire les musiciens sur scène en direct, leur foi, leur art si prenant.

    On écoute aussi avec émoi les voix de grands chanteurs d’une génération pas si lointaine pourtant mais qui semble d’un autre temps : Regina Resnik, Mario del Monaco et Tom Krause. L’heure et demie passe sans qu’on en prenne conscience, tant le rythme de la chorégraphie, sa structure, sa dynamique sont variés, rapides, sans bavardage inutile. Quelle leçon pour tant de créateurs actuels !

    Stella Arauzo domine nettement la distribution. Cette Madrilène pure souche fut déjà Carmen du temps de Gadès et c’est d’ailleurs elle qui dirige la compagnie depuis la disparition du danseur chorégraphe en 2004. Elle a de l’énergie, de l’allure, une remarquable vivacité et précision du geste, un très beau travail de bras et de mains. Elle existe, incontestablement, d’un bout à l’autre de la soirée.

    Ses partenaires, Primitivo Daza (Le Torero), Adrian Galia (Don José), Joaquin Mulero (le Mari), pâtissent un peu de cet éclat, et interprètent bien leurs rôles plus qu’ils ne les habitent. Le reste de la compagnie se donne avec foi, enthousiasme et ne peut qu’emporter l’adhésion d’un public plus fasciné que jamais.




    Théâtre national de Chaillot, Paris
    Le 17/09/2008
    GĂ©rard MANNONI

    Carmen d’Antonio Gadès et Carlos Saura au Théâtre national de Chaillot, Paris.
    Carmen, d’Antonio Gadès et Carlos Saura
    argument, chorégraphie et éclairages : Antonio Gadès et Carlos Saura
    scénographie : Carlos Saura
    musiques : Antonio Gadès, Antonio Solera, Ricardo Freire, Georges Bizet, Maestro Penella, José Ortega Heredia

    Avec :
    Stella Arauzo (Carmen), Primitivo Daza (le Torero), Adrian Galia (Don José), Joaquin Mulero (le Mari), et le Corps de Ballet de la Compagnie Gadès, les chanteurs Manuel Chacon, Juanarès, Enrique Pantoja, Alfredo Tejada et les guitaristes Ramon Jimenez, Antonio Solera, Camaron de Pitita.

     



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