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L'ACTUALITE DE LA DANSE 10 décembre 2019

Premier programme de l’Australian Ballet au Théâtre du Châtelet, Paris.

Australian Ballet (1) :
Beaux danseurs des antipodes

© Jim McFarla

Rites, de Stephen Page

On n’avait pas vu la compagnie de l’Autralian Ballet depuis quarante-trois ans à Paris. Une sorte de record. Elle a produit une forte impression au Théâtre du Châtelet avec un premier programme courageux comprenant notamment un Sacre du printemps chorégraphié par le directeur aborigène du Bangara Dance Theatre.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 30/09/2008
Gérard MANNONI
 



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  • Après la grosse déception causée par la tenue générale du New York City Ballet, l’Australian Ballet apporte une note tonique à ce début de saison parisienne. Créée au début des années 1960, stimulée par d’étroits liens avec le Royal Ballet de la grande époque, mené par Margot Fonteyn et Rudolf Noureev notamment, cette compagnie très vivante se bâtit très vite un vaste répertoire classique et contemporain, développé et entretenu ensuite par ses différents directeurs artistiques dont l’illustre Maïna Gielguld.

    Elle apparaît aujourd’hui aussi homogène que dynamique, avec un excellent travail de base, des danseurs solides, élégants, au style impeccable, aux bons physiques. Bien sûr, on peut imaginer des ensembles plus « ensemble Â», des alignements mieux « alignés Â», mais il y a beaucoup d’énergie, de rayonnement et une vraie joie de danser.

    La Symphonie fantastique de Berlioz chorégraphiée par Krysztof Pastor n’est pas d’une fulgurante originalité, mais d’une sage néoclassicisme bien géré. Les quatre solistes, Kisrty Martin (l’Idée fixe), Robert Curran (l’Artiste), Madeleine Eastoe (la Bergère) et Remi Wörtmeyer (le Berger), ont de l’aisance, de la rigueur, une technique sinon éblouissante du moins solide et sans failles.

    Le décor sobre et astucieux de Tatyana van Walsum met en valeur le travail des danseurs. Un seul point noir, mais vraiment noir : la catastrophique interprétation de la partition de Berlioz par l’Orchestre Pasdeloup que dirigeait Nicolette Fraillon, au demeurant directrice musicale et chef principal de la compagnie. Est-ce sa faute ou celle d’une formation n’ayant pas répété ou peu concernée par l’entreprise ?

    Sonorité plate, terne, sans charme, sans rythme, sans couleur, un vrai désastre, à faire douter que ce soit vraiment Pasdeloup qui ait été dans la fosse, à moins qu’il n‘y ait eu que des remplaçants de remplaçants. À oublier au plus vite, ou au contraire à ne pas oublier du tout si l’on veut que cela ne se reproduise pas !

    Combien de Sacre a-t-on vus depuis la création de l’œuvre aux Ballets russes ? Difficile à compter. En voici un de plus, pourra-t-on dire. Mais il n’est pas indifférent du tout. En confiant en 1997 la chorégraphie à Stephen Page, directeur du Bangara Dance Theatre, compagnie de culture aborigène, la direction de l’Australian Ballet ouvrait une voie riche d’avenir.

    Mêlant danseurs du Bangara et de l’Australian, la chorégraphie ne ressemble à aucune autre car elle exprime l’approche de deux cultures à la fois voisines et différentes. On part d’images et de mouvements très ancrés dans le sol, reptation collective, comme une sorte d’accouchement à partir de la terre pour y retourner dans la richesse d’un rituel baptismal ruisselant d’eau, après être passé par une série d’étapes initiatiques très diversifiées.

    L’alliance des gestuelles est spontanée, car les danseurs du Bangara ne pratiquent en rien des danses folkloriques, mais ils ont une énergie, une manière de bouger, une gestuelle de base fondée sur une culture non occidentalisée et donc très personnelle. Tout cela fonctionne parfaitement, même si l’on regrette parfois que la danse exploite moins que dans d’autres versions de référence du Sacre les structures et les particularités harmoniques et rythmiques de la musique. Le propos chorégraphique n’en est pas moins cohérent, lisible, et tout à fait dans la logique du rite exprimé par la musique de Stravinski.

    On attend donc maintenant avec d’autant plus d’intérêt la version Graeme Murphy du Lac des cygnes qui constitue le deuxième programme affiché au Châtelet.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 30/09/2008
    Gérard MANNONI

    Premier programme de l’Australian Ballet au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Symphonie fantastique
    chorégraphie : Krysztof Pastor
    musique : Hector Berlioz
    décor, costumes et vidéo : Tatyana van Walsum
    éclairages : Jon Buswell

    Avec les solistes et les danseurs de l’Australian ballet

    Rites
    chorégraphie Stephen Page
    musique : Igor Stravinski
    décors Peter England
    costumes Jennifer Irwin
    éclairages : Mark Howett

    Avec le Dangara Dance Theatre, les solistes et les danseurs de l’Australian Ballet

    Orchestre Pasdeloup
    direction : Nicolette Fraillon

     


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