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L'ACTUALITE DE LA DANSE 01 juin 2020

Blanche Neige d’Angelin Preljocaj au Théâtre national de Chaillot, Paris.

Blanche Neige revient Ă  la danse
© JC Carbonne

En décidant de concevoir un grand ballet contemporain et romantique, Angelin Preljocaj se lançait une sorte de défi. Avec Blanche Neige, au Théâtre de Chaillot, il l’a relevé avec un immense talent, beaucoup d’imagination et un sens accompli du rapport de la danse et de la musique de Mahler. Un chef-d’œuvre de l’Histoire de la danse contemporaine.
 

Théâtre national de Chaillot, Paris
Le 14/10/2008
GĂ©rard MANNONI
 



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  • CrĂ©Ă© Ă  Aix-en-Provence puis spectacle vedette de la Biennale de la Danse de Lyon fin septembre, Blanche Neige est certainement le ballet le plus accompli de Preljocaj, avec RomĂ©o et Juliette et le Parc. Ses autres pièces ne manquent ni d’inspiration ni d’impact, car la plupart sont d’un très grand intĂ©rĂŞt, mais il rĂ©ussit ici une synthèse plus complète, une sorte de spectacle total comme il n’est pas facile de les faire en gardant son propre style, ses propres caractĂ©ristiques.

    Le plus frappant est en effet la magnifique invention qui préside sans cesse à la création chorégraphique, toujours originale, toujours absolument en situation, toujours théâtrale et surtout toujours purement signée Preljocaj. Le travail des bras, celui des déhanchements et des cassures du corps, des reptations, des multiples manières d’assembler et de défaire les groupes, tout cela a été expérimenté dans ses autres œuvres et se trouve ici rassemblé, utilisé avec un maximum de signification, d’efficacité, de portée émotionnelle.

    La construction du ballet – Preljocaj revendique cette dĂ©nomination – est somme toute classique, avec ses grands ensembles, ses solos, ses pas de deux. L’histoire est racontĂ©e de manière en gĂ©nĂ©ral fidèle, le chorĂ©graphe ayant prĂ©fĂ©rĂ© trouver des images originales, personnelles, inattendues pour ce faire, plutĂ´t que de tomber dans le piège d’un rĂ©cit dĂ©tournĂ© et « revu par Â», solution de facilitĂ© qui est la triste mode actuelle.

    Il est bien plus difficile de faire danser les sept nains découvrant Blanche Neige dans la forêt que de raconter une toute autre histoire. Soulignons en passant que le traitement des sept nains est l’un des moments les plus savoureux de la soirée, même s’il y en a beaucoup d’autres.

    Avec l’aide des costumes étonnants et si beaux de Jean-Paul Gautier, Preljocaj est parvenu à caractériser par la seule magie de la danse et de son langage à lui tous ces personnages qui vivent pourtant de mille manières dans notre imaginaire quasi quotidien.

    Des personnages parfaitement identifiables

    Qu’il s’agisse de la méchante Reine et de ses incroyables chats, du Prince charmant, des nains ou des différents autres intervenants, même anecdotiques comme la biche dont le cœur servira à tromper la Reine, tous sont à la fois parfaitement identifiables, différenciés, personnalisés, et cela une fois encore à travers les méandres d’une chorégraphie complexe, difficile certainement à danser, qui est à la gloire de la puissance expressive du geste, du mouvement, de l’organisation savante des pas et des figures. De la vraie grande chorégraphie, sans aucun doute.

    Blanche Neige n’avait guère tenté les chorégraphes depuis Serge Lifar au début des années 1950 à l’Opéra, avec la toute jeune étoile Liane Daydé, l’inégalable Vyroubova en Méchante Reine, et Lifar en personne en chasseur. La voilà désormais inscrite dans l’Histoire de la danse contemporaine, aux côtés des autres héroïnes légendaires, qui réussissent d’ailleurs si bien à nos chorégraphes actuels, si l’on songe à la Cendrillon de Maguy Marin et à la Belle au bois dormant de Maillot notamment.

    Nagissa Shiari est une Blanche Neige idéale de virtuosité, de fraîcheur, de naturel, dominant avec un abattage exemplaire sa difficile chorégraphie. Tous les autres sont aussi parfaits, le prince de Sergio Diaz, la Reine de Céline Galli et chacun des membres de la compagnie.

    Et puis, il faut souligner à quel point Preljocaj a su comprendre le rapport qui pouvait s’établir entre la musique des symphonies de Mahler et sa propre approche de la danse. Tout ce qu’il en a fait est parfaitement musical et intelligent. On n’oubliera pas de si tôt le magique pas de deux inventé sur le célèbre Adagietto qui a pourtant connu d’autres approches chorégraphiques mémorables. Mais ici encore, les exemples à citer sont nombreux.

    Belle danse, belle musique, beaux décors, beaux costumes, que demander de plus ? Et les presque deux heures sans entracte du spectacle passent comme l'éclair !




    Théâtre national de Chaillot, Paris
    Le 14/10/2008
    GĂ©rard MANNONI

    Blanche Neige d’Angelin Preljocaj au Théâtre national de Chaillot, Paris.
    Blanche Neige
    chorégraphie : Angelin Preljocaj
    musique : Gustav Mahler
    musique additionnelle : 79D
    costumes : Jean-Paul Gautier
    décors : Thierry Leproust
    Ă©clairages : Patrick Riou

    Avec les 26 danseurs du Ballet Preljocaj

     


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