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L'ACTUALITE DE LA DANSE 05 juin 2020

Deux dernières soirées des Enfants du paradis de José Martinez à l’Opéra de Paris.

Les enfants du Paradis (3) :
Triomphe confirmé

Entreprise courageuse et inventive mais risquée, cette série de représentations de la création des Enfants du Paradis de José Martinez à l’Opéra de Paris aura reçu jusqu’au but un accueil public triomphal. Une occasion aussi pour de nombreux danseurs de la compagnie d’y montrer leurs qualités de solistes. Récit des deux dernières soirées.
 

Palais Garnier, Paris
Le 08/11/2008
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Ă€ voir et revoir ce ballet, on doit bien reconnaĂ®tre Ă  la fois comment il a Ă©voluĂ© au fil des spectacles et combien le public qui emplissait chaque soir le Palais Garnier y a pris du plaisir. Plaisir Ă  voir de la belle danse sans prĂ©tentions intellectuelles irresponsables et ingĂ©rables dans le langage du corps, plaisir de voir revivre dans un contexte propre Ă  exciter l’imaginaire des personnages que le cinĂ©ma a rendu mythiques.

    Tous les spectateurs qui ont acclamé ce ballet ont-ils vu le film de Carné et Prévert ? Nul ne le sait, mais ils ont aimé ces aventures poétiquement sentimentales voire mélodramatiques et néanmoins teintées d’humour que les danseurs de l’Opéra leur racontaient.

    Car José Martinez a d’abord su, avec l’aide des décors d’Ezio Toffoluti et des ravissants costumes d’Agnès Letestu, créer un climat poétique d’un charme prenant. Et puis, avec ces passages traités en images fixes ou en ralentis, ces changements de décors fluides, il a su rester dans la logique de l’image cinématographique sans trahir les principes du spectacle vivant.

    Les danseurs ont naturellement été pour beaucoup dans le succès de l’œuvre. Brigitte Lefèvre et José Marinez avaient choisi de donner un spectacle aux doublures, c’est-à-dire à ceux qui apprennent les rôles mais ne dansent en principe qu’en cas de remplacement. C’est une décision juste qui récompense et justifie des semaines de travail et d’attente.

    Seul titulaire et de surcroît Étoile, Mathieu Ganio incarne à nouveau Baptiste ce soir, avec la même efficacité en tous domaines. À ses côtés, Ludmila Pagliero, Sujet dans le Corps de ballet, est une bien belle Garance, élégante sans ostentation, à la danse déliée et brillante, avec juste qu’il faut de fragilité et d’arrogance insouciante pour donner vie au personnage.

    Moins virtuose qu’Alessio Carbone ou Josua Hoffalt, Julien Meyzindi, Sujet lui aussi, est un Frédérick Lemaître plein de verve et d’allant. Inquiétant, narquois, insolent, Sébastien Bertaud, Coryphée, confirme en Lacenaire des qualités techniques et dramatiques qui ne cessent de progresser et qui en font un interprète de premier plan aussi bien dans le répertoire classique que contemporain. C’est décidément l’une des personnalités fortes de cette génération. Christelle Granier, Sujet, est quant à elle une Nathalie touchante sans jamais forcer sur la côté attendrissant du personnage, une interprétation tout en subtiles nuances.

    Enfin, la quatorzième et dernière représentation rassemble encore quelques interprètes de grand talent comme en recèle cette incroyable compagnie. Belle au possible, danse très assurée, limpide, large, la Première Danseuse Eve Grinsztajn est une Garance totalement convaincante, séductrice malgré elle, comme étonnée de semer sur son passage tant de désordres sentimentaux.

    Baptiste très touchant, anti-héros voué d’emblée aux demi-bonheurs avec sa longue silhouette et son visage étonné, Bruno Bouché montre lui aussi sa forte capacité à entrer dans cette dialectique délicate où la danse se complète du jeu théâtral, où tout se joue sur la pointe de la sensibilité.

    Alice Renavand est une Nathalie plus pugnace, une vraie battante face à l’adversité, avec cette technique accomplie qu’on lui connaît et un sens inné de la scène. On retrouve l’implacable Lacenaire de Vincent Chaillet, toujours aussi exceptionnel en tous domaines et Karl Paquette incarne le plus séducteur et séduisant des Frédérick Lemaître, aussi à l’aise au petit jeu des conquêtes d’un soir que dans le grand déploiement technique de la création de Robert Macaire. Aurélien Houette, enfin, sait donner beaucoup de relief et de présence au rôle épisodique mais fondamental du Comte.

    Un peu resserré au fil des soirs, le spectacle a gagné en rythme, toujours soutenu par la musique de Marc-Olivier Dupin jouant avec astuce d’une alternance scène-fosse qui justifie les changements de styles voulus par les différentes situations. La franche diversité de sa partition, si elle s’oppose à toute unité de style, a au moins le mérite de l’efficacité théâtrale.

    Place maintenant aux grands standards du répertoire avec, pour les fêtes, de longues séries de Raymonda et d’un Hommage à Maurice Béjart.




    Palais Garnier, Paris
    Le 08/11/2008
    GĂ©rard MANNONI

    Deux dernières soirées des Enfants du paradis de José Martinez à l’Opéra de Paris.
    Les Enfants du paradis
    chorégraphie : José Martinez
    musique : Marc-Olivier Dupin
    adaptation : François Roussillon et José Martinez
    décors : Ezio Toffolutti
    costumes : Agnès Letestu
    éclairages : André Diot

    Ensemble Orchestral de Paris
    direction : Pablo Heras-Casado

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris.

     


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