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L'ACTUALITE DE LA DANSE 27 novembre 2014

Hommage à Maurice Béjart par le Ballet de l’Opéra national de Paris.

Hommage à Béjart (1) :
L’émotion du souvenir

© Laurent Philippe

L'Oiseau de feu

Programme exceptionnel pour cette première soirée de l’Hommage à Béjart que l’Opéra de Paris affiche jusqu’à la fin du mois. Outre les ballets normalement prévus, deux pièces d’exception viennent se greffer, avec Adagietto et le Chant du compagnon errant. Des moments de véritable émotion, treize mois bientôt après la disparition du maître.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 09/12/2008
Gérard MANNONI
 



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  • Il faut bien reconnaître que l’on du mal à ne plus voir Béjart venir saluer au rideau final des programmes qui lui sont consacrés. C’est alors que l’on prend encore plus concrètement conscience de la réalité de sa disparition. Pour cette première soirée d’une longue série, l’Opéra a eu l’excellente idée d’ajouter deux œuvres au programme initialement prévu, pour donner un caractère encore plus intense à l’hommage rendu.

    Pour un soir donc, Gil Roman danse le célèbre Adagietto extrait de la 5e symphonie de Mahler, et Laurent Hilaire et Manuel Legris interprètent le Chant du compagnon errant, très professionnellement chanté par Bartolomiej Misiuda. Gloire aux aînés, puisque c’est à ces danseurs qui ont tous dépassé la quarantaine que l’on doit les moments les plus vibrants et les plus authentiques de la soirée.

    Ce sont tous trois de vrais passeurs, de vrais transmetteurs, qui illustrent toujours de façon magistrale ce répertoire mais qui donnent aussi une formidable leçon aux générations actuelles en prouvant qu’une technique imparable entretenue sur la distance sans la moindre concession à la facilité assure une longévité et un éclat que tant de « jeunes » devraient prendre en exemple. Gil Roman, 48 ans, Laurent Hilaire, 45 ans, Manuel Legris, 44 ans – puisqu’ils n’ont aucune raison de cacher leur âge et ne le font pas – sont la référence absolue.

    La soirée avait commencé par un assez morne Serait-ce la mort ?, en grande partie gâché par la voix instable, raide et sans charme de Twyla Robinson, interprète des Quatre derniers Lieder de Strauss. Un peu insuffisant pour l’Opéra de Paris d’accompagner un plateau d’Étoiles d’une chanteuse de deuxième zone.

    Nicolas Le Riche n’avait guère de quoi être aidé et semblait un peu absent, sauvé pourtant par son aura personnelle toujours indiscutable. Quant aux quatre Étoiles qu’il avait pour partenaires, elles ont fait ce qu’il fallait, sans conviction excessive, mais avec la solidité de base que leur titre implique.

    Une remarque cependant. Si Émilie Cozette garde, même en collant académique, une silhouette pleine de charme et de féminité, aussi bien Dorothée Gilbert que Clairemarie Osta ou Delphine Moussin semblent se lancer dans un concours d’anorexie. Une nouvelle mode chez ces dames ? Sur le vaste plateau de Bastille, elles apparaissent transparentes, « si plates qu’on aurait pu les faxer », selon le mot de l’une de nos excellentes humoristes.

    Très belle et forte présence en revanche de Benjamin Pech dans l’Oiseau de feu. Il assume ce difficile rôle avec panache, énergie et une intelligente conception de cette chorégraphie marquée par tant de grands interprètes, liste glorieuse dans laquelle il prend une place méritée. Excellents aussi, tous les autres danseurs, comme ils le sont d’ailleurs dans le Sacre du Printemps qui achève la soirée.

    Ensembles exécutés à la perfection, enthousiasme sans relâchement, engagement profond, garçons et filles sont magnifiques de bout en bout, rappelant les plus grandes soirées de jadis. Jérémie Bélingard a la stature, la puissance, la sensualité du rôle de l’Élu. C’est une belle interprétation délivrée avec générosité et talent. Clairemarie Osta semble plus fragile, moins a sa place en Élue que dans un autre répertoire où on l’a vue au plus haut niveau.

    Dans la salle, deux illustres Étoiles étaient là, qui furent des interprètes magistrales du rôle, à savoir Jacqueline Rayet et Elisabeth Platel, références que l’on ne peut éviter, sans parler de Nanon Thibon ou Wilfried Piollet. Pas facile de risquer la comparaison avec toutes ces dames !

    D’autres distributions vont maintenant alterner, preuve que le répertoire béjartien est encore très vivace dans la compagnie et que la transmission joue son rôle. Au pupitre de l’Orchestre de l’Opéra Paris, Velo Pähn a assuré avec bravoure la difficile tâche de maintenir le haut niveau musical de toutes ces partitions magnifiques en dialogue avec les danseurs.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 09/12/2008
    Gérard MANNONI

    Hommage à Maurice Béjart par le Ballet de l’Opéra national de Paris.
    Hommage à Maurice Béjart

    Serait-ce la mort ?
    L’Oiseau de feu
    Le Sacre du Printemps
    Adagietto
    Le Chant du compagnon errant
    chorégraphies : Maurice Béjart
    éclairages : Clément Cayrol

    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : Velo Pähn

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris.

     


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