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L'ACTUALITE DE LA DANSE 01 juin 2020

Nouvelles distributions pour Raymonda de Noureev d’après au Ballet de l’Opéra national de Paris.

Raymonda (2) :
Raymonda dans les Ă©toiles

© Julien Benhamou

Karl Paquette (Abderam)

Triomphe incontestable de nos grandes Étoiles dans ce Raymonda de l’Opéra de Paris qui a fini par trouver sa vitesse de croisière. Agnès Letestu, Aurélie Dupont et José Martinez assument leur rôle de stars de la danse avec tout l’éclat voulu dans ces deux nouvelles distributions, respectivement les 16 et 20 décembre.
 

Palais Garnier, Paris
Le 20/12/2008
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Après une première qui avait en partie des allures de rĂ©pĂ©tition gĂ©nĂ©rale, Raymonda a fini par trouver un rythme plus conforme aux Ă©normes exigences de cette chorĂ©graphie lourde, difficile, compliquĂ©e, bref, bien perverse. Elle avait Ă©tĂ© conçue par Noureev en 1983 comme une provocation pour pousser ceux qui allaient devenir la gĂ©nĂ©ration dorĂ©e dans leurs derniers retranchements et permettre aussi aux stars comme Charles Jude ou Elisabeth Platel de s’affirmer.

    Les temps ont changé et la compagnie aussi, avec d’autres qualités et d’autres défauts, ce qui explique sans doute une certaine lenteur de mise en route. Et puis, il y a toujours les blessés ! Cette fois, c’est Mathias Heyman. Il devait danser Jean de Brienne avec Aurélie Dupont. On a dû avancer les débuts de Dorothée Gilbert et repousser les distributions d’Aurélie Dupont. Mais en vain. Heyman n’étant pas rétabli, c’est José Martinez qui a finalement assuré non seulement les captations avec Marie-Agnès Gillot, mais les spectacles d’Aurélie Dupont. Personne ne s’en plaindra… sauf lui, peut-être.

    Agnès Letestu est chez elle dans ce ballet dont elle maîtrise tous les pièges. Allure superbe, gestuelle ample et royale tout en restant juvénile, elle danse avec un enthousiasme intact et un rayonnement magistral. Elle a pour partenaire le Premier Danseur Stéphane Bullion, qui fut son Armand Duval de la Dame aux camélias avant l’été.

    Il a le physique idéal du rôle, de la prestance, mais ne semble pas encore très sûr de lui dans la première variation et, surtout, il paraît si concentré sur sa propre danse qu’il en oublie quasiment de regarder sa partenaire. Bullion est un très beau danseur, mais ce type de grand monument classique n’est sans doute pas encore ce qui lui convient le mieux. Il est excellent en revanche la saison dernière tant dans le Proust de Roland Petit que dans la Dame aux camélias de Neumeier, des ballets d’un autre type, avec de vrais personnages de théâtre à incarner et non une sorte d’abstraction dansante comme Jean de Brienne.

    La formidable technique classique, la sûreté, l’expérience de José Martinez et, aujourd’hui, sa maturité théâtrale, sont en revanche idéales pour donner tout le relief possible à ce héros qui n’a guère de sentiments complexes ni évolutifs à exprimer et qui ne peut exister que par la perfection de la danse. Beaucoup plus en forme qu’au soir de la première, Martinez apparaît plus convaincant que jamais car décontracté et le visage très vivant aux côtés d’une Aurélie Dupont des grands soirs. Quelle qualité fabuleuse de travail de pieds, de bas de jambes, de ports de bras, de précision des arrêts, avec des équilibres impressionnants et une jeunesse d’expression radieuse ! Du grand travail d’Étoile Opéra de Paris, comme celui d’Agnès Letestu d’ailleurs. Deux grandes artistes parfaitement dans leur emploi.

    Le soir où Yann Bridard était affiché en Abderam, dans la distribution Letestu-Bullion, c’est Karl Paquette qui dansa. Le soir où Karl Paquette était affiché dans ce même rôle, avec la distribution Dupont-Martinez, c’est Yann Bridard qui dansa. On put donc les voir tous deux, et mesurer tout ce qui différencie leur conception du rôle.

    L’énergie très physique de Karl Paquette

    Paquette danse de manière très physique, avec une énergie et un dynamisme remarquables. Il ne se ménage pas et nous propose un Abderam blond énergique, séducteur en diable. C’est un danseur généreux, capable en ce moment de passer d’un éblouissant Oiseau de feu de Béjart à ce rôle très Noureev avec une égale réussite et une égale joie de danser. Exemplaire.

    L’Abderam de Yann Bridard est tout autre, mesuré, pensif, intériorisé, presque alangui par moments, pour bondir ensuite de plus belle. Et aucun des deux ne ressemble à Nicolas Le Riche dans le même rôle ! Mesdemoiselles Bellet, Grinsztajn, Boulet, Hecquet sont de fort belles Henriette et Clémence et Julien Meyzindi et Florian Magnenet accumulent avec succès et bravoure les Bernard et Béranger.

    Une question pour finir : pourquoi avoir persisté à couper la variation de Jean de Brienne à la fin du deuxième acte ? Il est peu vraisemblable que ce soit parce que aucun danseur ne peut assumer ces trois variations bien espacées dans le temps. Pour gagner quelques minutes ? Mais alors pourquoi ne pas couper plutôt certains ensembles sans intérêt aucun dans un premier acte bien plus long que le second ? Si l’on estime avoir le droit de supprimer quelque chose dans un ballet de Noureev, mieux vaut le faire à bon escient. Dans Raymonda, on a le choix. Mais pas celui-là.




    Palais Garnier, Paris
    Le 20/12/2008
    GĂ©rard MANNONI

    Nouvelles distributions pour Raymonda de Noureev d’après au Ballet de l’Opéra national de Paris.
    Raymonda
    chorégraphie et mise en scène : Rudolf Noureev d’après Marius Petipa
    musique : Alexandre Glazounov
    décors et costumes : Nicholas Georgiadis
    Ă©clairages : Serge Peyrat

    Orchestre Colonne
    direction : Kevin Rhodes

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris.

     


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