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L'ACTUALITE DE LA DANSE 05 juin 2020

Coppélia de Balanchine par le New York City Ballet au New York State Theater.

Une Coppélia peut en cacher une autre
© Paul Kolnik / New York City Ballet

Sterling Hyltin (Swanilda) et Gonzalo Garcia (Frantz)

Coppélia figure parmi les rares œuvres d’une soirée entière au répertoire du New York City Ballet. Après cinq années d’absence de l’affiche, l’œuvre la plus populaire du compositeur français Léo Delibes reprend du service au New York State Theater, une production si chaleureuse dans le froid glacial du mois de janvier.
 

New York State Theatre, New York
Le 16/01/2009
Vincent LE BARON
 



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  • Pour sa relecture de CoppĂ©lia, George Balanchine n’a pas eu la prĂ©tention de revendiquer l’hĂ©ritage français d’Arthur Saint LĂ©on. Il s’inscrit, pour sa part, dans la tradition plus familière de Marius Petipa qui, en 1884, offrit sa version du ballet au Théâtre Mariinski. Dans cette aventure de reconstruction expresse pour la crĂ©ation en 1974 – les rĂ©pĂ©titions durèrent seulement trois semaines –, Balanchine s’épaula de l’une de ses premières muses, la lĂ©gendaire Alexandra Danilova. Pour plus d’efficacitĂ©, l’inoubliable Swanilda, le rĂ´le fĂ©minin principal, se concentra, Ă  partir de sa mĂ©moire, sur les deux premiers actes, tandis que Balanchine laissa son imagination foisonner pour un travail plus libre et crĂ©atif dans le troisième acte.

    Les décors de plus de trente ans de Rouben Ter-Arutunian datent franchement, comme souvent dans les productions de la compagnie. De même pour les costumes de la grande Madame Karinska, collaboratrice de toutes les pièces du chorégraphe géorgien. Néanmoins, à New York, ce conservatisme ne choque en rien le public du ballet. Les couleurs acidulées ravissent autant les chères têtes blondes que les cheveux grisonnants.

    Dans les deux premiers actes, les danses de caractère abondent, costumes traditionnels, bottines et bottes au son de musiques slaves. L’enseignement de ces danses manque franchement d’authenticité de ce côté de l’Atlantique en comparaison des scènes de Saint-Pétersbourg, de Paris ou même de Londres.

    Le réel plaisir provient de l’interprétation des deux solistes, Swanilda et Frantz. Sterling Hyltin, longue danseuse blonde aux lignes balanchiniennes, surprend par ses qualités de mime comme son partenaire, le ténébreux Gonzalo Garcia. L’affaire n’a rien d’une évidence pour des danseurs plutôt rompus aux œuvres abstraites du répertoire de la compagnie.

    Au troisième acte, pour le grand pas de deux dont Balanchine emprunta la musique à la Source de Delibes, Sterling Hyltin stupéfie de virtuosité et de célérité. La jeune Principal défie toutes les difficultés de la variation et de la coda et saisit le public pendant le dernier quart d’heure de la représentation. Gonzalo Garcia ainsi stimulé n’a pas la même facilité dans les pas mais fait néanmoins bonne figure dans ce rôle masculin auquel Balanchine, une fois n’est pas coutume, redonna plus d’épaisseur.

    Un motif supplémentaire de plaisir pour le public : les valses du dernier acte par les élèves de la School of Amercian Ballet. La vingtaine de petites filles s’amuse visiblement sur demi-pointes. Comme dans les plus grandes maisons de danse, en Russie et en Europe, Balanchine en 1974 assurait ainsi la relève et la transmission qu’il vécut lui-même des années 1915 à 1920.

    Ces heures fondatrices passées au côté des ses aînés décidèrent de sa vocation et forgèrent le destin de ce chorégraphe de génie qui assimila comme personne la grande tradition et repoussa les limites du vocabulaire classique.




    New York State Theatre, New York
    Le 16/01/2009
    Vincent LE BARON

    Coppélia de Balanchine par le New York City Ballet au New York State Theater.
    Coppélia
    chorégraphie : George Balanchine
    Par le New York City Ballet

     


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