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L'ACTUALITE DE LA DANSE 13 décembre 2018

Adieux de l’Étoile Manuel Legris à l’Opéra de Paris lors d’une représentation d’Onéguine de John Cranko.

Onéguine (3) :
Manuel Legris ou l’honneur de la Danse

© Sébastien Mathé

Soirée à la fois intense, émouvante et familiale pour ce spectacle d’adieux de l’Étoile Manuel Legris dans l’Onéguine de John Cranko, après un grand défilé du Corps de ballet. Plus d’un quart d’heure d’ovations pour saluer un artiste d’exception qui, à 44 ans, prend sa retraite à l’Opéra de Paris mais va dès 2010 diriger le ballet de l’Opéra de Vienne.
 

Palais Garnier, Paris
Le 15/05/2009
Gérard MANNONI
 



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  • Il avait choisi l‘Onéguine de Cranko pour faire ses adieux, un ballet brillant qu’il avait déjà dansé à Stuttgart mais qu’il rêvait d’interpréter sur la scène de Garnier. Après quelque trente années de travail dans la compagnie, Manuel Legris connaît le délirant triomphe que son exceptionnelle carrière mérite, dans le climat chaleureux qui lui ressemble.

    Cette soirée pas comme les autres commence par un grand défilé du Corps de ballet, exceptionnel à ce stade de la saison, et qui a la double actualité d’être le premier des deux dernières Étoiles nommées, Isabelle Ciaravola et Mathias Hermann, et le dernier de Manuel Legris. Faut-il préciser que l’applaudimètre explose pour les deux premiers mais se transforma en hurlements de stade quand apparaît Legris, le dernier, puisque les Étoiles défilent par ordre d’ancienneté ?

    Et puis, il y a les trois actes d’Onéguine, avec Clairemarie Osta en Tatiana et le très excellent couple Myriam Ould-Braham-Mathias Heymann en Olga-Lenski, mais il faut reconnaître que le public attendait surtout le rideau final pour manifester sa reconnaissance à celui qui lui a procuré tant d’émotions chorégraphiques au plus haut niveau possible.

    Et bien sûr, c’est ensuite la fête. Peut-être faut-il souligner d’abord que l’orchestre, généralement très prompt à quitter la fosse dès que le chef l’a fait saluer, reste cette fois dans sa quasi totalité jusqu’au bout, applaudissant avec le public pendant les très longues minutes d’une interminable standing ovation.

    Confetti tombant des cintres, dizaines de bouquets atterrissant un peu partout sur le plateau, mais surtout grand rassemblement de la famille Danse-Opéra de Paris avec un bon nombre des partenaires qu’eut Manuel Legris, Étoiles et Premiers Danseurs de plusieurs générations, femmes et hommes, professeurs, chorégraphes comme Pierre Lacotte, maîtres de ballet, comme Laurent Hilaire, autre très grande Étoile ou Patrice Bart, associé à la Direction de la danse, les directrices ex et actuelles de l’École, Claude Bessy et Elisabeth Platel, Brigitte Lefèvre, cela va sans dire, et un nombre vraiment impressionnant de danseurs de la compagnie.

    Beaucoup de monde, donc, dans cette ambiance chaleureuse et rayonnante de générosité et de convivialité, qui a toujours caractérisé le monde de Manuel Legris, immense artiste d’une modestie absolue, véritable référence éthique et artistique aujourd’hui pour toute la jeune génération.

    Après de multiples embrassades sur le plateau où Manuel reçoit en cadeau une très belle sculpture, tout le monde cesse de piétiner les tonnes de confetti jonchant les planches et se transporte dans le grand foyer en compagnie de Christine Albanel, ministre de la Culture, pour discours d’usage et réception à l’invitation de l’Opéra et de l’Association pour le Rayonnement de l’Opéra de Paris.

    Très peu de parisianisme dans tout cela, car le monde de la danse est aussi peu guindé hors de scène qu’il est sophistiqué dans sa gestuelle de spectacle. Tous semblent simplement heureux d’être là, danseurs, admirateurs, amis, journalistes, bref, tous ceux qui ont tant reçu de celui qui est incontestablement l’un des plus grands danseurs classiques de notre temps.

    On le reverra encore sur ce plateau, très bientôt, dans Proust ou les intermittences du cœur de Roland Petit, et certainement comme invité lors de la saison prochaine. Mais, il faut le redire encore, la carrière de Manuel Legris restera comme un exemple en tous domaines, par sa rigueur, sa générosité, son inoxydable enthousiasme, son honnêteté absolue, son très grand rayonnement international, tout ce qui est emblématique de l’honneur de l’École de danse française.




    Palais Garnier, Paris
    Le 15/05/2009
    Gérard MANNONI

    Adieux de l’Étoile Manuel Legris à l’Opéra de Paris lors d’une représentation d’Onéguine de John Cranko.
    Grand défilé du corps de Ballet

    Onéguine, ballet en trois actes
    livret, chorégraphie et mise en scène : John Cranko (1965)
    musique : Tchaïkovski
    décors et costumes : Jürgen Rose
    éclairages : Steen Bjorke
    Orchestre de l’Opéra national de Paris
    direction : James Tuggle

    Avec les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra national de Paris

     


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