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L'ACTUALITE DE LA DANSE 05 juin 2020

Gala des Benois de la Danse 2009 au Teatro communale de Vicenza, Italie.

Vicenza capitale de la danse

Alessio Carbone, dans Arepo de BĂ©jart

Mondialement connue pour son théâtre signé Palladio et son incroyable patrimoine artistique, la ville de Vicenza était ce soir une capitale de la danse. S’y déroulait en effet le gala des Benois de la danse qui réunissait dans le superbe et moderne Teatro Communale une partie des meilleurs danseurs actuels. Une belle fête.
 

Teatro commuale, Vicenza
Le 23/05/2009
GĂ©rard MANNONI
 



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  • CrĂ©Ă©s au BolchoĂŻ de Moscou en 1991 par l’Union internationale de la Danse, les Benois sont l’équivalent des Oscars, des Molière ou des CĂ©sars pour tous les acteurs du monde de la danse, chorĂ©graphes, danseurs, dĂ©corateurs, maĂ®tres de ballet, directeurs de compagnie. Outre Moscou, Paris, Varsovie et Berlin ont dĂ©jĂ  accueilli le gala annuel qui permet de revoir une majoritĂ© d’anciens laurĂ©ats et d’en honorer de nouveaux.

    Cette année, c’est donc dans la superbe ville de Vicenza, au cœur de la Vénétie, que s’est déroulée cette brillante et sympathique soirée. La Direction générale des spectacles au Ministère de la Culture, la Région de Vénétie, la direction du Teatro Communale, Arteven, Organisation publique pour la Culture et les Arts de la scène avaient unis leur enthousiasme et leurs moyens pour parvenir à cette belle réussite.

    Le spectacle ne se déroule pas dans le très célèbre Teatro olimpico, œuvre de Palladio et premier théâtre à l’italienne couvert au monde, lieu unique en son genre dont le décor construit représentant un village a donné le nom de rues aux travées de tous les plateaux du monde, mais au très beau et moderne Teatro communale achevé en 2007, vaste salle modulable de 900 places très conviviale. Les principales structures théâtrales de cette ville de grande tradition culturelle avaient été détruites par les bombardements de 1944.


    Marie-Agnès Gillot dans Diva

    De l’abondant programme de solos et pas de deux proposé, quelques moments se détachent plus particulièrement. En première partie, on retiendra par exemple en premier lieu le solo Diva de Carolyn Carlson dansé par Marie-Agnès Gillot, Étoile de l’Opéra national de Paris. Une pièce forte, expressive sur l’air de la Gioconda de Ponchelli chanté par Maria Callas et interprétée avec le très grand talent et la personnalité d’exception de cette excellente ballerine.

    Moins marquant avait été pour commencer la soirée un extrait de la Sylphide de Bournonville, par les Étoiles du Bolchoï Nadezhda Gratcheva et Ruslan Skvortsov, malgré les brillants entrechats et la légèreté de déplacement de ce dernier. Mais Gratcheva manque trop d’immatérialité et de subtilité. Il y a ensuite l’Adage de Diamants, extraits de Joyaux, de Balanchine, avec l’unique Uljana Lopatkina, Étoile du Mariinski. Chez elle, tout est beauté et perfection artistique, comme elle le montrera aussi dans une sublime Mort du cygne en deuxième partie. Une des très grandes ballerines de notre époque. Elle a pour partenaire le très solide et brillant Yevgeuni Ivantchenko, bel exemple de la force et de la rigueur de la grande École masculine russe.


    Alessio Carbone dans Arepo

    Gros succès pour un solo d’Arepo de Maurice Béjart dansé par le Premier Danseur de l’Opéra de Paris Alessio Carbone, solidement fêté par ses compatriotes, de façon tout à fait méritée. Carbone est un bel artiste, dynamique, brillant, généreux, aussi à l’aise dans des rôles de composition que dans le classique pur ou le contemporain. Il sera en deuxième partie tout aussi convaincant dans un pas de deux des Enfants du paradis de José Marinez avec la très sûre et fort jolie Aurélia Bellet, Sujet au Ballet de l’Opéra.

    On aurait aimé aussi un peu plus de poésie et de sensualité dans le pas de deux de Manon de MacMillan que dansent avant l’entracte Tamara Rojo et le Cubain Carlos Acosta, grand virtuose cependant et qui reçoit en fin de soirée des mains de Yuri Grigorovitch et Alessandra Ferri son Benois de la Danse 2008. Beau moment de cette première partie avec l’original Voorbijgegaan de Rudy van Dantzig, présenté avec une belle technique, de l’esprit, un investissement très attachant par Igone de Jongh et Casey Herd.

    En début de deuxième partie, on retrouve Gracheva et Skovrtsov dans le pas de deux final de La belle au bois dormant, où ils montrent de réelles qualités stylistiques dans la vraie tradition russe riche en énergie, en éclat, en précision. Beau moment contemporain ensuite avec The Portrait of…, solo de Patrick de Bana pour Manuel Legris sur la mort de Didon de Purcell. C’est une pièce très bien construite, musicale, creusant aussi profondément dans la musique de Purcell que dans la personnalité du danseur et, l’on s’en doute, magistralement interprétée par Legris.

    La délégation française est importante, car vient ensuite un très beau pas de deux de la Dame aux camélias de Neumeier par Agnès Letestu et Hervé Moreau, l’un comme l’autre emblématiques du plus grand raffinement et de l’absolue élégance de l’École française, ainsi que d’une technique et d’une théâtralité impressionnantes.

    Très forte impression aussi avec Intimate distance, duo de Jiři BubenĂ­ček, dansĂ© par le chorĂ©graphe et Marie-Agnès Gillot. Un tĂŞte Ă  tĂŞte amoureux dans la passion totale, avec ses excès, ses affrontements, ses rĂ©conciliations, ses tendresses et ses cruautĂ©s. Superbe, prenant et chorĂ©graphiĂ© avec beaucoup d’intelligence.


    La Mort du cygne magique de Lopatkina

    Petite déception, en revanche, avec le pas de deux de la chambre de la Carmen de Roland Petit, où malheureusement l’essentiel du style et de l’originalité de la chorégraphie n’a guère été compris de Tamara Rojo, malgré la solide présence de son partenaire, Lienz Chang, interprète éprouvé de Roland Petit.

    Mais cette seconde partie bénéficie de cette Mort du cygne purement magique de Lopatkina, bras de rêve, frémissement immatériel et l’aura particulière que donne à cette pièce la jeunesse de l’interprète, alors qu’elle est trop souvent l’apanage des ballerines en fin de carrière qui ne peuvent plus sauter mais bougent encore les bras avec maîtrise et piétinent joliment sur pointes.

    Une soirée vraiment mémorable à tous égards, honorée de la présence des responsables artistiques et politiques, de Yuri Grigorovitch et de la grande Étoile italienne Alessandra Ferri dans un climat de fête et devant un public connaisseur, emplissant cette si belle salle et manifestant sans restriction sa satisfaction.




    Teatro commuale, Vicenza
    Le 23/05/2009
    GĂ©rard MANNONI

    Gala des Benois de la Danse 2009 au Teatro communale de Vicenza, Italie.

    Gala des Benois de la Danse 2009

    Chorégraphies :
    August Bournonville, Rudy van Dantzig, Carolyn Carlson, George Balanchine, Maurice BĂ©jart, Kenneth MacMillan, Marius Petipa, Patrick de Bana, John Neumeier, Jiři BubenĂ­ček, Roland Petit, Michel Fokine, JosĂ© Martinez

    Avec :
    Carlos Acosta, AurĂ©lia Bellet, Jiři BubenĂ­ček, Alessio Carbone, Lienz Chang, Igone de Jongh, Marie-Agnès Gillot, Nadezhda Gracheva, Casey Herd, Yevgheny Ivantcehnko, Manuel Legris, Agnès Letestu, Ulyana Lopatkina, HervĂ© Moreau, Tamara Rojo, Russlan Skortvsov

     



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