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L'ACTUALITE DE LA DANSE 06 juin 2020

Constance, de Julien Lestel, par la compagnie Julien Lestel à l’Opéra de Marseille.

Sobre Lady Chatterley
© Lucien Sanchez

Musique de Phil Glass et langage chorégraphique dépouillé, Julien Lestel n’a pas choisi la voie de la facilité pour évoquer à sa manière l’héroïne de D. H. Lawrence. Perfectible sur certains points, sa Constance a de vraies qualités et a reçu un excellent accueil du nombreux public de l’Opéra de Marseille avant de partir en tournée.
 

Opéra, Marseille
Le 13/06/2009
Gérard MANNONI
 



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  • Passé par l’École de Danse de l’Opéra de Paris et par le Conservatoire national supérieur, danseur à l’Opéra et ensuite dans plusieurs compagnies majeures comme celles de Monte-Carlo et de Zurich, soliste au Ballet national de Marseille où il fut le partenaire de Marie-Claude Pietragalla, Julien Lestel est un artiste inventif qui a toujours su échapper à la routine. Il a déjà signé plusieurs pièces, pour sa propre compagnie qu‘il a créée en 2006 et pour le Ballet national de Marseille.

    Constance évoque le parcours affectif de Lady Chatterley, mais de manière non figurative et par une narration très distanciée. Quatre danseuses et quatre danseurs incarnent les trois personnages principaux de cette histoire d’amour fortement sensuelle, chaque personnage ayant plusieurs interprètes.

    Il ne s’agit à aucun moment pour le chorégraphe d’aborder cela de manière réaliste. La distance qui sépare peu à peu les époux, la passion qui subjugue l’héroïne et son amant sont traités chorégraphiquement de manière allusive, dans une scénographie où la lumière joue le premier rôle, chacune des trois parties marquant une étape dans la naissance et l’épanouissement de la passion.

    Le langage de Julien Lestel est d’un néoclassicisme rigoureux, jouant beaucoup sur le travail des bras et du buste, sur un jeu savant de la formation des couples et des groupes, sur un rapport au sol très particulier où l’élévation tient moins de place que les déplacements latéraux. Les lignes sont pures, précises, et la sensualité de l’ultime partie continue à être créée sans aucun concession, naissant avant tout d’une énergie corporelle différente, plus intense, moins abstraite.

    C’est un travail de qualité, bien pensé, fidèle aux principes de base qui apparaissent dès les premières images, bien construit avec cohérence et personnalité. La musique de Phil Glass est un bon choix aussi, à la fois si ondulante, si colorée, jamais trop présente ni charnelle au premier degré. On peut seulement reprocher à l’ensemble de cette pièce un certain manque, par moments, de lisibilité, en raison de ce choix d’attribuer plusieurs interprètes à chaque personnage. C’est une manière de développer géométriquement le propos, un peu comme dans un opéra où plusieurs chanteurs interprètent un quatuor ou un ensemble plus nombreux commentant la même situation.

    Plusieurs traits ou sentiments d’un même personnage peuvent ici être exprimés simultanément. C’est habile, intelligent, mais pas forcément perceptible par le spectateur dans la continuité et l’immédiateté du récit. Par ailleurs, la fin de la pièce devrait être plus nette, plus franche. Sa réalisation scénique laisse planer un certain flou. Il ne faudrait pas que le public attende que les danseurs viennent saluer pour comprendre le mot fin. Hormis ces quelques réserves, Constance est une indéniable réussite.

    Les huit danseurs réunis par Julien Lestel sont tous largement à la hauteur de la tâche pas facile qui leur est demandée. Lestel lui-même, Gilles Porte, autre héritier de l’École de l’Opéra et au parcours parallèle à celui de Lestel, Michel Béjar, Vincent Chailley, l’un des Sujets les plus prometteurs du Ballet de l’Opéra de Paris, Noëmie Djiniadhis, de l’Opéra également, Cinthia Labaronne, Agnès Lascombes et Valérie Blaecke forment un groupe homogène, solide, très investi dans la défense de cette création qui va maintenant affronter le public de plusieurs villes et festivals.

    Il est toujours très réconfortant de constater que le désir de création anime encore toute une génération de danseurs formés au classique mais qui savent aussi trouver des moyens contemporains de s’exprimer.




    Nouvelles représentations aux Z’estivales du Havre le 18 juillet, au Festival de Lacoste-Pierre Cardin le 27 juillet, au Théâtre le Village de Neuilly-sur-Seine le 19 octobre et au Festival de Saint-Quentin en Picardie les 24 et 25 janvier 2010.




    Opéra, Marseille
    Le 13/06/2009
    Gérard MANNONI

    Constance, de Julien Lestel, par la compagnie Julien Lestel à l’Opéra de Marseille.
    Constance
    chorégraphie : Julien Lestel
    musique : Phil Glass
    éclairages : Max Haas
    costumes : Patrick Murru
    Par la Compagnie Julien Lestel

     


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